Le commerce extérieur du Nigeria en 2025
Le Nigeria a dégagé en 2025 un excédent commercial en biens de près de 5% de PIB, avec 14,5 Md USD.
Le Nigeria a dégagé en 2025 un excédent commercial en biens de près de 5% de PIB, avec 14,5 Md USD. Après le rééquilibrage lié à la forte dépréciation de la monnaie en 2024, 2025 a été une année de stabilisation. L’activité de la raffinerie Dangote a contribué à transformer la structure des échanges du pays, en réduisant les importations de carburant. L’augmentation de la production de pétrole brut de 6% a pu en partie compenser la baisse du prix du baril. La légère diversification des exportations s’est en parallèle poursuivie. La Chine demeure le premier fournisseur du Nigeria et l’Inde est devenue son premier client. Le Nigeria reste par ailleurs très exposé à la conjoncture internationale et à la volatilité des cours pétroliers.
En 2025, l’excédent de la balance des biens du Nigeria s’est renforcé, porté par le rééquilibrage monétaire précédent et la performance du secteur pétrolier en transformation
Le Nigeria a enregistré un excédent commercial en biens de 17 779 Md NGN (14,5 Md USD)[i] en 2025, soit près de 5% de son PIB, grâce à un secteur pétrolier dynamique en transformation et le maintien d’une compétitivité prix favorable. Il s’agit du plus important excédent de la balance des biens dégagé par le Nigeria depuis 2018 en USD et à un niveau similaire à 2024 en pourcentage de PIB. Cet excédent confirme l’amélioration des équilibres commerciaux du pays observée depuis la forte dépréciation du naira (-73% de mai 2023 à fin 2024) et par conséquent le gain en compétitivité prix des exportations nigérianes. Le Nigeria avait vu en 2024 ses exportations augmenter davantage en NGN (+115%) que ses importations (+96%), alors que ses importations s’étaient davantage contractées en USD (-17% contre -5% pour les exportations), illustrant l’effet de la forte dépréciation du naira sur les équilibres commerciaux du pays. En 2025, ces équilibres se sont maintenus, avec des croissances des exportations et des importations de biens respectives de 10% et 11% en NGN, 9% et 8% en USD.
Le dynamisme du secteur pétrolier (croissance de +8,5% en 2025, avec une croissance de la production de brut de +6% selon l’OPEP) explique le renforcement de l’excédent en biens nigérian, d’autant plus remarquable dans un contexte de cours du baril faible (71 USD en moyenne en 2025, après 82 USD en 2024, 85 USD en 2023 et 105 USD en 2022) et de pressions sur le commerce international.
Exportateur de pétrole brut, le Nigeria devient progressivement un exportateur de carburant. La raffinerie Dangote a contribué à transformer la structure des échanges de biens, en réduisant la dépendance extérieure aux carburants avec la contraction des importations nigérianes de produits pétroliers raffinés de - 29% en 2025 (de 37% de l’ensemble des importations nigérianes à 24%). Dans le même temps, les exportations d’hydrocarbures hors brut (incluant donc produits raffinés et gaz naturel) ont crû de +94% (de 17% à 30% de l’ensemble des exportations du pays), après un premier bon en 2024 (+242%). En particulier, le Nigeria était exportateur net de carburant au T3-2025. Les exportations de pétrole brut se sont contractées de -14% (part réduite de 71% en 2024 à 56% en 2025) malgré l’augmentation de la production, conséquence de la nouvelle demande domestique de la raffinerie Dangote et de la réduction du cours du baril (-14%).
Les exportations nigérianes (57,5 Md USD en 2025) ont poursuivi leur modeste diversification déjà amorcée en 2024, avec une croissance de +36% des exportations hors hydrocarbures en 2025 (part des exportations passant de 12% à 15%), portées en particulier par les secteurs agricole, minier, et des matières premières (avec la production d’urée issue du groupe Dangote). La part des exportations d’hydrocarbures s’est réduite à 85% (88% en 2024, 92% en 2023). Les exportations de pétrole brut ne représentent plus que 56% de l’ensemble des exportations (71% en 2024, 81% en 2023). Les exportations gazières ont crû significativement (+21%, 10,5 Md USD après +48% en 2024), au même titre que les exportations non pétrolières (+25%, 9,3 Md USD après 7,5 Md USD en 2024). Les autres postes d’exportation sont les denrées agricoles (6%), les matières premières (5%) et les produits manufacturés (3%).
En 2025, sur 43,0 Md USD d’importations, le premier poste reste les produits pétroliers raffinés malgré leur diminution significative (-29%, de 37% à 24% des importations de biens), devançant les matériels industriels (24%), les biens d’équipements (16%), les produits alimentaires et boissons (11%) et les véhicules et pièces détachées (10%). Résiduelle jusqu’ici, la part des importations de pétrole brut s’est établie à 9% en 2025, liée à l’activité de la raffinerie Dangote et ses difficultés à se fournir uniquement sur le marché national.
Si les services ne représentent que 20% des échanges commerciaux, le déficit structurel des services absorbe l’intégralité de l’excédent en biens. Le pays enregistre une balance des services déficitaire de -14,6 Md USD en 2025, après 13,4 Md USD en 2024. Les services de transports, de voyage, de télécommunications correspondent aux principaux postes d’importations de services pour le Nigeria.
La Chine est le premier fournisseur du Nigeria et l’Inde son premier client, tandis que le continent africain reste un partenaire marginal pour le géant d’Afrique
La Chine conforte sa place de premier fournisseur du Nigeria en 2025 (de 23% à 29% des importations nigérianes), suivie des États-Unis (13%), de l’Inde (10%) et des Pays-Bas (5%). La France se classe 11ème fournisseur (1,6%). L’Inde est devenu le premier client du Nigeria (10% des exportations nigérianes) ; les pays européens suivent avec l’Espagne (9%), les Pays-Bas (9%) et la France (7%), devant les États-Unis (5%). Les importations indiennes ont particulièrement augmenté du fait du repositionnement indien en matière d’approvisionnement énergétique, le pays ayant cherché à réduire sa dépendance au pétrole russe. Les performances du commerce néerlandais sont par ailleurs gonflées en raison du poids du port de Rotterdam. La France est le sixième partenaire commercial du Nigeria en échanges de biens (4,7 Md EUR).
Le continent africain demeure un partenaire commercial de second rang pour le Nigeria, représentant 15% de ses exportations – principalement à destination de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique du Sud qui concentrent 40% de ses exportations vers l’Afrique. Seulement 4% des importations nigérianes sont en provenance d’un pays africain. Les échanges avec les partenaires africains sont néanmoins en augmentation, passés de 8% à 10% des échanges de biens du pays. Le déploiement de la Zone de libre-échange continentale africaine et du système de paiement panafricain (PAPSS) devraient contribuer à la poursuite cette dynamique.
A l’échelle de la CEDEAO, les échanges du Nigeria se limitent à 1% de ses importations et à 6% de ses exportations. Près de 50 ans après sa mise en place, la CEDEAO affiche encore des résultats mitigés sur le plan commercial, en raison de nombreux facteurs tels que le déficit d'infrastructures, la difficulté à créer des chaînes de valeurs régionales ou encore les divergences d'intérêts entre États membres.
Le Nigeria reste tributaire de l’évolution du cours du pétrole et est ainsi fortement exposé à la conjoncture internationale
Le Nigeria a été peu affecté directement par la politique américaine de droits de douanes déployée en 2025 (10%) du fait de l’exonération accordée aux produits énergétiques, même si les exportations vers les États-Unis se sont réduites de 18% en 2025. La prolongation des accords AGOA jusqu’à fin 2026 devrait permettre de limiter la contraction des échanges avec les États-Unis pour l’année en cours. L’ouverture au commerce et la diversifiation des partenaires pourraient être soutenues en 2026 par l’introduction d’un guichet unique numérique pour les importateurs et les exportateurs (National Single Window[i]).
Le Nigeria est exposé à la conjoncture internationale du fait de sa dépendance aux exportations d’hydrocarbures (85% de ses exportations de biens). Une conjoncture économique ralentie tire le cours du baril à la baisse et risque de réduire les entrées de devises, d’accentuer les pressions sur le naira et de dégrader les recettes publiques. Les fortes hausses de cours, comme en mars 2026, représentent en parallèle une opportunité pour le pays de renforcer ses équilibres extérieurs, alors que la raffinerie Dangote permet de limiter la dépendance aux importations de carburant.
Alors que le commerce mondial en 2025 a été marqué par la politique américaine et l’incertitude géopolitique, le Nigeria est parvenu à maintenir des équilibres commerciaux similaires à 2024. Le commerce du Nigeria reste lié aux performances du secteur pétrolier, à la conjoncture internationale et au cours du baril. La pleine activité de la raffinerie Dangote a permis de renforcer les équilibres commerciaux du pays, le rendant moins exposé aux conséquences d’un choc pétrolier.
[i] Les données du commerce extérieur nigérian exprimées en monnaie locale (NGN) sont issues du Bureau des statistiques national (NBS), celles libellées en dollar proviennent des statistiques sur la balance des paiements communiquées par la Banque centrale du Nigeria (CBN). La volatilité du taux de change du naira peut expliquer des différences entre données libellées en devise et en monnaie locale.
[ii] La NSW, guichet numérique centralisé, devrait réduire le temps d’immobilisation des marchandises dans les principaux ports du pays, d’en moyenne 21 à 7 jours d’ici fin 2026, en simplifiant les procédures administratives douanières. L’initiative devrait ainsi permettre la réduction de la congestion portuaire, des coûts et stimuler les échanges, tout en améliorant la transparence. La plateforme a été inaugurée le 27 mars 2026 avec le lancement d’une première phase.
Annexes
Source : Bureau national des statistiques (NBS) du Nigeria ; Banque centrale du Nigeria (CBN)
Annexe 1 : Evolution de la balance commerciale en biens du Nigeria
Annexe 2 : Evolution des volumes moyens de pétrole brut produit et exporté par le Nigeria en mbj
Annexe 3 : Composition des exportations nigérianes de biens en 2025
Annexe 4 : Composition des importations nigérianes de biens en 2025
Annexe 5 : Composition des principaux fournisseurs du Nigeria
Annexe 6 : Composition des principaux clients du Nigeria
Annexe 7 : Evolution du taux de change et du prix du baril depuis 2023