Les exportations françaises vers le Cameroun baissent de 9,4 % à 236,6 M EUR au premier semestre 2018 (*). Cette baisse n’est pas le fait d’une tendance générale observée sur les principaux produits d’exportation, mais d’une évolution contrastée.On observe ainsi, une quasi-stagnation des exportations de préparations pharmaceutiques (+0,1 % à 39,1 M EUR) qui constituent toujours le premier poste. Les exportations de produits agroalimentaires baissent substantiellement (-27,2 % à 35,7 M EUR), de même que celles de machines industrielles et agricoles et machines diverses (-25,7 % à 29 M EUR), qui arrivent respectivement en deuxième et troisième position. Viennent ensuite nos ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques qui se maintiennent à 27,8 M EUR (+0,0 %), d’équipements électriques et ménagers (+11,3 % à 18,9 M EUR), de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (+34,4 % à 13,2 M EUR), de matériels de transport (+30,1 % à 13 M EUR), de produits inform

Les exportations françaises vers le Cameroun baissent de 9,4 % à 236,6 M EUR au premier semestre 2018 (*). Cette baisse n’est pas le fait d’une tendance générale observée sur les principaux produits d’exportation, mais d’une évolution contrastée.

On observe ainsi, une quasi-stagnation des exportations de préparations pharmaceutiques (+0,1 % à 39,1 M EUR) qui constituent toujours le premier poste. Les exportations de produits agroalimentaires baissent substantiellement (-27,2 % à 35,7 M EUR), de même que celles de machines industrielles et agricoles et machines diverses (-25,7 % à 29 M EUR), qui arrivent respectivement en deuxième et troisième position. Viennent ensuite nos ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques qui se maintiennent à 27,8 M EUR (+0,0 %), d’équipements électriques et ménagers (+11,3 % à 18,9 M EUR), de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (+34,4 % à 13,2 M EUR), de matériels de transport (+30,1 % à 13 M EUR), de produits informatiques, électroniques et optiques (-19 % à 12,7 M EUR) et de produits métallurgiques et métalliques (-15,6 % à 12 M EUR).

Cette évolution pourrait s’expliquer par la situation de crise que connait actuellement le Cameroun ainsi que par la détérioration des conditions sécuritaires dans plusieurs régions du pays, notamment Nord-Ouest et Sud-Ouest, qui constituent d’importants bassins de production. Cette crise s’est traduite par la baisse de la consommation finale des ménages pour certains produits notamment agroalimentaires importés et par la baisse de l’investissement, avec la réduction des achats de machines industrielles et agricoles et de produits métallurgiques et métalliques.

 

Les importations françaises à partir du Cameroun augmentent de 9,2 % à 242,7 M EUR au premier semestre 2018. Cette évolution est imputable à la reprise des achats de pétrole brut depuis 2017. Les importations de pétrole brut atteignent 116,2 M EUR contre 100 M EUR au premier semestre 2017 et un montant quasi nul en 2016. Le pétrole brut reste le premier poste d’importations françaises en provenance du Cameroun au premier semestre 2018. Les achats de fruits tropicaux et subtropicaux (principalement la banane) arrivent en deuxième position et baissent faiblement par rapport au premier semestre 2017 (-0,6 %) à 51,1 M EUR, ceci en dépit de la crise dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du Cameroun où se trouvent les plantations de l’un des principaux producteurs de banane du pays, la CDC. Le cacao, le chocolat et les produits de confiserie, troisième poste d’importation, progressent de 49,6 % à 40,4 M EUR, grâce notamment à la hausse des cours de 18 % en moyenne entre les deux périodes.

Suivent l’aluminium dont les achats baissent de moitié à 7,6 M EUR, les bois sciés et rabotés (+8,3 % à 11,8 M EUR) et les plantes à boissons (café et thé, +3,2 % à 5,8 M EUR).

Au total, cette évolution est donc fortement tributaire de la reprise des achats de pétrole brut qui s’explique par des opérations de trading opportunistes sur les produits pétroliers. Il se dégage également une dynamique retrouvée dans les filières cacao, bois sciés et plante à boissons. La filière aluminium malgré la remontée des cours au premier semestre 2018 enregistre une contre-performance du fait de la situation financière difficile de la société nationale de transformation de l’aluminium ALUCAM, depuis le départ en 2014 de l’un des principaux actionnaires Rio Tinto Alcan.

 

Le solde commercial bilatéral est déficitaire de 6,1 M EUR contre un excédent de 38,9 M EUR au premier semestre 2017. Il est prématuré de tirer des conclusions de ce résultat, les données ne portant que sur le premier semestre 2018, mais il convient toutefois de souligner qu’il s’agit du premier déficit commercial bilatéral enregistré depuis 1995.

 

(*) Tableau détaillé disponible en pièce-jointe