Les femmes restent largement sous-représentées dans la high-tech israélienne

 levées de fonds

Levées de fonds par montant médian obtenu, étape de financement et genre du fondateur, depuis 2010

Une récente étude du cabinet IVC Research Center montre que, à l’instar de nombreux pays, Israël voit les femmes très sous-représentées dans le secteur high-tech. Si les femmes représentent 35% de la main d’œuvre de l’industrie, 64% d’entre elles occupent des postes non liés à la technologie, plus faiblement rémunérés. Les chiffres interpellent encore davantage s’agissant des femmes entrepreneurs. Depuis 2000, les femmes ne représentent que 7% des fondateurs et cofondateurs de start-ups, soit 490 sur 7100 start-ups. Les données d’IVC, portant sur 13 000 levées de fonds entre 2000 et 2017, montrent également une importante différence entre les montants levés par des entrepreneurs selon leur genre. Parmi les biais susceptibles d’expliquer cette situation est invoquée la prédominance masculine parmi les investisseurs.

Outre les différences dans le nombre d’entrepreneurs femmes (5,7% des opérations seulement) et hommes levant des fonds, le montant médian est également très différent : la moitié des entrepreneurs masculins lève plus de 2 M$, contre seulement 1 M$ pour les femmes. A l’étape de jeune pousse, les femmes et les hommes lèvent des montants quasi-identiques pour mener à bien leurs projets, mais la différence s’accentue au fur et à mesure que la taille de l’entreprise augmente. Si l’écart est déjà important pour les levées de fonds moyennes de série A (2,25 M$ pour les femmes, 3,15 M$ pour les hommes), il se creuse encore dans les stades ultérieurs. En série B, les montants levés varient ainsi du simple au double (8 M$ pour les hommes, 4,25 M$ pour les femmes), et au-delà de la série C, les femmes ne sont simplement plus représentées. Si la tendance de long terme concernant la présence des femmes dans l’industrie semble, selon IVC, positive, le secteur high tech demeure l’un des moins paritaires.

 

Le gouvernement lance un projet de 1 Mds NIS sur la santé digitale

Le gouvernement a annoncé le lancement d’un plan national d’investissement de 922 M NIS (~264 M$) pour la santé digitale sur cinq ans, avec l’objectif de faire d’Israël l’un des leaders du secteur de la santé numérique. Le principal pilier du programme est la création de nouvelles bases de données médicales, dont l’exploitation par la recherche publique et privée permettra de développer des solutions technologiques nouvelles de médecine prédictive et de recommandations de traitements. Si le gouvernement a déjà mené, depuis plusieurs années, d’importants efforts en matière de digitalisation des données médicales, ceux-ci seront encore poursuivis, notamment par la création de la nouvelle plateforme « Psifas » (Mosaïque). Cette base de données sera composée de données « anonymisées » et recueillies avec l’accord des patients concernés et regroupera des informations aussi bien de nature génétique que relatives au dossier médical. L’espoir des autorités est que l’exploitation de ces données, notamment par le biais de l’intelligence artificielle, permette de développer davantage de solutions pour le traitement et le suivi de maladies que les méthodes actuelles ne peuvent appréhender dans leur globalité (cancers, maladies cardio-vasculaires, maladies auto-immunes, maladies orphelines…etc). Le plan du ministère évoque également la possibilité de créer un centre national pour le séquençage génétique. Prévoyant 177 M$ pour la création de ces nouveaux outils, le gouvernement entend donner accès aux données au secteur privé et à la recherche publique, gratuitement ou moyennant un faible coût. 64 M$ seront par ailleurs orientés vers le soutien à la R&D des secteurs universitaire et privé, et la création d’un centre d’encouragement de l’innovation dans la santé. L’objectif annoncé par le gouvernement est que les acteurs israéliens acquièrent 10% du marché mondial. Selon le directeur général du bureau du Premier ministre Eli Groner, ce nouveau programme vise à l’émergence de 1500 nouvelles start-ups dans le domaine médical en Israël, soit quatre fois le nombre actuel. Pour mener à bien ce projet, le gouvernement a également annoncé une coopération étroite avec de grandes entreprises multinationales, en tête desquelles SAP, dont le CEO a rencontré Benyamin Netanyahou à l’occasion du dernier forum économique de Davos. De nombreuses réserves ont néanmoins été affichées par des associations de défense de la vie privée, pour qui de fortes garanties doivent être apportées pour l’exploitation et la sécurisation des données. Note : Israël dispose à ce jour d’une législation sur la protection des données personnelles considérée comme « adéquate » par l’Union européenne. 

 

Brèves de l'écosystème

  • [Investment] L’équipementier de pièces détachées automobiles japonais Demso a annoncé l’ouverture d’un centre de R&D en Israël en avril. L’entreprise a pour objectif de rechercher davantage de partenariats avec des start-ups israéliennes dans les domaines de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la conduite autonome.
  • [Photonique] La start-up israélienne Corephotonics (50 M$ de fonds levés), qui développe des caméras de smartphone de nouvelle génération, a conclu un contrat de licence stratégique avec l’entreprise chinoise de smartphones Oppo Electronics Corp., quelques mois après avoir démarré une procédure en justice à l’encontre d’Apple pour violation de ses brevets.
  • [Foodtech] Le gouvernement israélien a approuvé un budget de 27 M$ pour la construction d’un « Food Tech Hub » au nord du pays, dans la ville de Kiryat Shmona. Le site comprendra un institut de recherche, un accélérateur de start-ups et un « micro-industry hub » de 15 000 m².
  • [VC - Medtech] Le VC israélien aMoon, fondé par le cofondateur de CheckPoint Marius Nacht, a fixé un objectif de 500 M$ de capitaux levés pour le lancement de son deuxième fond, qui investira dans les domaines de la santé digitale et des technologies médicales.
  • [VC - Cyber] Sequoia Israël a annoncé le lancement d’un nouveau fond VC de 50 M$, « Cyberstarts », dédié aux start-ups early stage de la cybersécurité. Les investisseurs sont en majorité des entrepreneurs, dont les cofondateurs de CheckPoint Shlomo Kramer et Marius Nacht, et le cofondateur de Palo Alto Networks Nir Zuk.
  • [VC] L’université de Tel Aviv a annoncé le lancement de TAU Ventures, un nouveau fond VC de 20 M$ ciblé sur les start-ups early-stage, avec plusieurs partenaires. Les entreprises financées auront accès aux ressources de l’université et des différentes facultés et pourront faire appel aux étudiants et aux alumnis dans le cadre de leurs projets.
  • [Exit - cyber] Palo Alto Networks a procédé à l’acquisition de la start-up israélienne Secdo, qui développe des solutions de réponses automatisées de bout en bout, pour 100 M$.
  • [Exit - medtech] Le développeur de matériel médical Medtronic a conclu l’acquisition pour 75 M$ de Visionsense, start-up israélienne de visualisation médicale en 3D.
  • [Programme d‘accélération] L’entreprise de mise à disposition d’espaces de co-working WeWork a annoncé le lancement du programme d’accélération de start-ups early-stage WeWork Labs en Israël à partir du mois de juin.
  • [Fundraising – e-commerce] La société israélienne de e-commerce Global-e a levé 20 M$ en capital auprès du fonds private equity britannique Apax Partners, portant son total de capitaux levés à 55 M$.
  • [Fundraising - IoT] La start-up israélienne Armis, spécialisée dans la sécurité informatique des objets connectés, a annoncé avoir complété une levée de fonds de série B d’un montant de 30 M$, avec la participation de Bain Capital Ventures et Sequoia Capital. L’entreprise a désormais levé un total de 47 M$ de fonds.
  • [Investment] Porsche est entrée au capital de la start-up israélienne Anagog, spécialisée dans le développement de l’intelligence artificielle dédiée à la mobilité, en tant qu’actionnaire minoritaire.