D’un point de vue macroéconomique, la part de l’industrie dans le PIB chinois tend à décroître : elle ainsi passée selon les statistiques nationales de 40% en 2010 à 34% en 20171, rapprochant ainsi la Chine des économies développées2. Cela masque cependant d’importantes disparités selon les secteurs considérés.Pour la Chine, l’enjeu est désormais avant tout de parvenir à la maîtrise des technologies les plus avancées et de ne plus être simplement « l’usine du monde » attirant les investissements des industriels étrangers. Cet enjeu est d’autant plus crucial que pour un certain nombre d’industries à faible valeur ajoutée où la main d’oeuvre représente une part importante des coûts de revient (textile, petit électronique, jouets…), la Chine n’est plus aussi attractive qu’auparavant, comparée à d’autres régions du monde telles que l’Asie du Sud ou l’Asie du Sud-Est, voire l’Afrique de l’Est : les capacités de production présentes en Chine sont encore loin d’avoir disparu, mais les inv

D’un point de vue macroéconomique, la part de l’industrie dans le PIB chinois tend à décroître : elle ainsi passée selon les statistiques nationales de 40% en 2010 à 34% en 20171, rapprochant ainsi la Chine des économies développées2. Cela masque cependant d’importantes disparités selon les secteurs considérés.


Pour la Chine, l’enjeu est désormais avant tout de parvenir à la maîtrise des technologies les plus avancées et de ne plus être simplement « l’usine du monde » attirant les investissements des industriels étrangers. Cet enjeu est d’autant plus crucial que pour un certain nombre d’industries à faible valeur ajoutée où la main d’oeuvre représente une part importante des coûts de revient (textile, petit électronique, jouets…), la Chine n’est plus aussi attractive qu’auparavant, comparée à d’autres régions du monde telles que l’Asie du Sud ou l’Asie du Sud-Est, voire l’Afrique de l’Est : les capacités de production présentes en Chine sont encore loin d’avoir disparu, mais les investissements internationaux se font désormais ailleurs3.


La Chine a réussi à construire dans les grandes métropoles telles que Pékin au Nord, Shanghai à l’Est et Shenzhen au Sud des « écosystèmes » de l’innovation de niveau mondial, associant grandes universités, grandes entreprises, start-ups et sources de financement (capitaux-risqueurs, bourses aux valeurs…). Dans sa transition vers une économie « 4.0 », la Chine peut en outre compter sur ses « géants » de l’Internet (Baidu, Alibaba, Tencent) sans équivalent en dehors des Etats-Unis, en pleine diversification fondée sur le big data et demain l’intelligence artificielle. La croissance des « BAT » est favorisée par la quasi-fermeture du pays au reste de l’Internet mondial et par la taille immense du marché intérieur (770 millions d’internautes, accédant quasiment tous à Internet via le téléphone mobile).


Cependant, la Chine est loin de ne compter que des industries à la pointe de la technologie. En particulier, les provinces du Nord (Hebei, Liaoning, Shanxi…) restent marquées par une industrie lourde très polluante et souvent obsolète (mais pourvoyeuse d’emplois), dont la restructuration est longue et difficile malgré les plans qui se succèdent depuis plusieurs années. La Chine génère aujourd’hui à elle seule près de la moitié de la production mondiale d’acier ou de charbon, dans des usines ou des mines qui sont encore loin d’être toutes aux meilleurs standards internationaux. Quant au Sud, au-delà de Shenzhen et de sa région, les provinces telles que le Guangdong, le Fujian ou le Zhejiang comportent encore de nombreuses industries manufacturières à faible valeur ajoutée technologique.