L’expansion vigoureuse de la consommation privée se poursuit en raison de la forte progression de l’emploi et des salaires réels. L’investissement public s’est redressé grâce au déboursement plus rapide des fonds structurels de l’UE. Les investissements des entreprises ont progressé, les entreprises ayant profité de conditions de crédit favorables et de la poursuite du raffermissement du climat des affaires et des commandes à l’exportation pour répondre aux contraintes de capacité croissantes. L’investissement dans le logement a été stimulé par de nouvelles subventions au logement. La croissance des exportations s’est ralentie en 2016, avant de reprendre de la vigueur grâce à de fortes entrées d’IDE qui ont accru la capacité de production dans le secteur des exportations. La création d’emplois dans le secteur privé a perdu de son dynamisme, ce qui, combiné à une réduction des emplois publics, a modéré la baisse du taux de chômage, déjà faible. Les salaires du secteur privé ont augmenté d’environ 12% à la mi-2017, reflétant l’impact d’un accord salarial de six ans qui augmente les salaires minimum de 15-24% en 2017 et de moitié environ en 2018. Pour préserver la compétitivité extérieure, le gouvernement a réduit les cotisations de sécurité sociale des employeurs, avec un coût budgétaire entraîné de 1% du PIB. La hausse des prix à la consommation a subi des variations avant de se stabiliser à 2,2% récemment, en partie grâce à la baisse des prix de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente s’est stabilisée autour de 2%.

 L’orientation de la politique budgétaire sera assouplie en 2018, notamment par  des réductions des cotisations patronales de sécurité sociale, des augmentations de dépenses publiques et des subventions au logement, ce qui conduira à un accroissement du ratio déficit structurel / PIB. L’orientation budgétaire expansionniste s’ajoute aux tensions sur le marché du travail et aux pressions sur les coûts. En septembre 2017, la Banque centrale a baissé le taux des dépôts au jour le jour de 10 points de base, mais a laissé les autres taux inchangés tout en indiquant que le maintien d’une politique monétaire accommodante est approprié pour son objectif d’inflation de 3%. Cependant, les hausses de salaires érodent les niveaux élevés de profits et la compétitivité des coûts externes.

La croissance économique continuera de dépendre de la demande intérieure. Les dépenses d’infrastructures publiques continueront de bénéficier des fonds structurels de l’UE et des investissements des entreprises, grâce à des conditions de crédit favorables et à la nécessité de remédier aux contraintes de capacité. L’activité de construction continuera d’être stimulée par les subventions au logement. La croissance de la consommation privée devrait se poursuivre au même rythme, avec de fortes hausses des salaires réels et de l’emploi. Les nouvelles capacités de production soutiendront la croissance des exportations, bien que cet effet soit modéré par une érosion de la compétitivité extérieure, les augmentations de coûts continuant à compenser aisément les gains de productivité. La demande sera de plus en plus satisfaite par les importations, ce qui réduira considérablement l’excédent du compte courant. Le manque de ressources sous-utilisées pourrait pousser l’inflation vers 4% - la tranche supérieure de la fourchette cible de la Banque centrale - d’ici fin 2019. Une réduction plus rapide des programmes de travaux publics pourrait accroître les ressources en main-d’œuvre disponibles, diminuant ainsi  les tensions sur le marché du travail et les pressions inflationnistes. De même, des gains de productivité plus élevés que prévu provenant des infrastructures publiques et des investissements des entreprises pourraient préserver la compétitivité extérieure, soutenir les exportations et les IDE entrants. Par contre,  un renforcement des tensions géopolitiques pourrait réduire la croissance européenne avec un impact négatif sur les exportations hongroises.

prévisions OCDE