L’agriculture représente près de 25% du PIB du Nigéria et emploie plus de 60% de sa population. Cependant, négligée au profit du pétrole depuis le début des années 1970, la production agricole n'a pas suivi le rythme de la croissance démographique du pays. Ainsi, le Nigeria a importé 6,3 Mds USD de produits agricoles en 2015 (environ 15% du total des importations). Dans les années 1960, le Nigéria subvenait à ses propres besoins alimentaires, et l'agriculture représentait environ 40% de ses exportations (le pays était alors le premier exportateur mondial d'huile de palme et d'arachides, et le deuxième exportateur mondial de cacao), contre 3% aujourd'hui. En 2011, l'administration Goodluck Jonathan a mis en place un vaste programme de réforme du secteur, l'Agenda de Transformation Agricole (ATA), repris dans ses grandes lignes par le président Buhari en 2016. A travers des mesures ciblant à la fois les petits exploitants et les grandes compagnies agro-industrielles, ce programme vise à accroître la production agricole nationale et à favoriser le développement d'une filière domestique de la transformation alimentaire. Par-là, le gouvernement envisage d’augmenter la contribution du secteur à l’économie de 4% à 8% d’ici 2020. L'enjeu pour le Nigeria est de réduire sa facture annuelle d'importations et de diversifier ses exportations (constituées à 90% d'hydrocarbures), un besoin rendu plus urgent par le contexte actuel de faible prix du pétrole. Pour les compagnies agro-industrielles étrangères, cette restructuration du secteur est créatrice de nombreuses opportunités.