Le séminaire "Politiques de l'emploi" du 14 juin 2016, troisième séminaire de la session 2015/2016, a porté sur le thème des nouvelles technologies et nouvelles formes d’emploi, sous la présidence conjointe de Gilbert Cette et Jean-Emmanuel Ray. Sont intervenus :Bernard Gazier, Professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Président du groupe de travail du Cnis « Diversité des formes d'emploi à l'épreuve de la statistique » ;Vincent Mandinaud, Chef de projet « Transition numérique et conditions de travail » à l'Agence nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (Anact) ;Arnaud Martinon, Professeur de droit privé à l'Université de Paris I -Sorbonne.L’essor du numérique, par la mise en relation directe entre consommateurs et producteurs, via des plateformes internet, l’utilisation de la géolocalisation et du traitement massif des données, a bouleversé le modèle économique de nombreux secteurs tels que le tourisme, l’édition, la

Le séminaire "Politiques de l'emploi" du 14 juin 2016, troisième séminaire de la session 2015/2016, a porté sur le thème des nouvelles technologies et nouvelles formes d’emploi, sous la présidence conjointe de Gilbert Cette et Jean-Emmanuel Ray. 

Sont intervenus :

  • Bernard Gazier, Professeur émérite de sciences économiques à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, Président du groupe de travail du Cnis « Diversité des formes d'emploi à l'épreuve de la statistique » ;
  • Vincent Mandinaud, Chef de projet « Transition numérique et conditions de travail » à l'Agence nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (Anact) ;
  • Arnaud Martinon, Professeur de droit privé à l'Université de Paris I -Sorbonne.

Séminaire

L’essor du numérique, par la mise en relation directe entre consommateurs et producteurs, via des plateformes internet, l’utilisation de la géolocalisation et du traitement massif des données, a bouleversé le modèle économique de nombreux secteurs tels que le tourisme, l’édition, la banque ou les transports. Si les nouvelles technologies sont susceptibles de libérer les travailleurs des tâches les plus répétitives, elles peuvent susciter dans le même temps des craintes en termes de destruction d’emploi.

Pour ces nouvelles formes d’activité, le salariat n’est plus nécessairement la norme. La frontière entre travail salarié et travail indépendant se fait plus floue, via la notion de « parasubordination » ou de « travail économiquement dépendant ». Un paradoxe pourtant est à mettre en exergue, certains individus mettent à profit cette zone grise pour gagner en autonomie (organisation personnalisée de leur temps de travail), et pour certains employeurs, ce halo permettrait d’allonger la latitude de la subordination.

Pour l’heure, ces nouvelles formes d’emploi restent cependant marginales dans le paysage de l’emploi. En France, la part du travail indépendant dans l’emploi est restée stable depuis le début des années 2000 alors qu’elle croit aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. En outre, les nouvelles formes d’emploi n’observent pas toute la même croissance : moins de 50 000 emplois dans l’économie collaborative (Uber, etc.) contre près de 2 millions d’emplois très « discontinus » dans le secteur des services à la personne (multi-employeurs, voire pluri-activités).

Plusieurs possibilités s’offrent au législateur pour concilier le droit du travail avec les évolutions récentes du marché du travail. Il doit étudier la question de la sécurisation des parcours professionnels. Avec la diffusion des nouvelles technologies, les parcours professionnels pourront être de plus en plus fragmentés : entre formation, activité rémunérée salariée ou non, à temps complet ou temps partiel, retraite progressive ou totale et inactivité, chômage et activités sociales utiles non rémunérées. Afin d’accompagner la sécurisation des parcours professionnels, la logique de gestion sociale des risques pourrait être approfondie (assurance emploi versus assurance chômage).

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Crédit photo Patrick Bagein, SG, SEP/1D