Selon la terminologie due à Guillermo Calvo un sudden stop correspond à un arrêt brutal des flux de capitaux, lequel engendre à son tour une récession marquée. Alors qu'avant la faillite de Lehman Brothers, les pays émergents semblaient relativement peu affectés par la crise qui s'amorçait, ils ont tous subi d'importantes sorties de capitaux à partir de l'automne 2008. Cette contraction des flux de capitaux n'a pris fin qu'au printemps 2009, avec l'annonce de l'accroissement des ressources du FMI, et les sorties de capitaux ont depuis été compensées par des entrées importantes. Seuls certains pays d'Europe émergente continuent de subir un sudden stop après cette date.

Les sorties de capitaux se sont traduites par des récessions très vives et très prononcées. Les pays qui ont subi un sudden stop appartiennent à toutes les zones géographiques, avec une forte concentration dans l'Europe émergente. C'est dans cette région que l'interruption des flux a été la plus violente, même si certains pays asiatiques (Malaisie notamment) ont été fortement touchés.

Les pays qui ont renoué avec des entrées de capitaux significatives à partir du printemps 2009 bénéficient pour la plupart d'un retour rapide à une croissance économique élevée et d'un rebond prononcé de leurs importations, ce qui correspond à un processus normal de sortie de ce type de crise. Cela concerne plus spécialement l'Asie et, dans une moindre mesure, l'Amérique latine.

La reprise se révèle plus molle dans les pays qui ne bénéficient d'aucun mouvement favorable sur les flux de capitaux ou sur les termes de l'échange, comme en Europe Centrale. Cette reprise risque même de tarder à se manifester dans certains pays d'Europe émergente puisque les sorties de capitaux n'y sont pas encore terminées.

Trésor-Éco n° 76