Introduction sur le financement de l'ONU

Complexe, le financement de l’ONU reflète à la fois la diversité des missions de l’Organisation, les priorités de ses mandats ainsi que l’enchevêtrement de ses structures. Les États membres constituent la principale source de ce financement.

 Siège de l'ONU à New York

 

1. Contributions obligatoires au budget ordinaire et aux budgets des opérations de maintien de la paix

Les dépenses obligatoires de l’Organisation sont supportées par les États membres selon une répartition négociée en cinquième commission, adoptée par l’Assemblée générale et révisée tous les trois ans. Le barème de contribution est fondé sur la capacité de paiement de chaque État Membre.

Pour le détail des contributions françaises et des principales données chiffrées, consultez la page dédiée.

 

Un budget ordinaire pour le fonctionnement de l’ONU

Le budget ordinaire de l’ONU sert essentiellement à financer les dépenses de personnel, d’investissement et de fonctionnement du Secrétariat et dans les différentes implantations de l’Organisation. Il est structuré en titres (au nombre de 14), chapitres (37), programmes et sous-programmes.

Jusqu’ici, il a été approuvé par l’Assemblée générale par période de deux années civiles (« biennal »). À compter de l’exercice 2020, le budget sera adopté pour une durée d’un an. Pour les années civiles 2018 et 2019, le budget ordinaire de l’Organisation a été révisé en juin 2019 et s’élève à 5 868 millions de dollars. Pour la période 2019-2021, la France est le 6e contributeur, avec une quote-part de 4,43% soit, en 2019, une contribution de 123 millions de dollars compte tenu des crédits dont elle dispose.

 

Un budget pour chacune des opérations de maintien de la paix

Logo maintien de la paix

Les opérations de maintien de la paix aident les pays affectés par les conflits à créer les conditions du retour à la paix. La capacité des Nations Unies à déployer des troupes et la police, venues du monde entier, en les intégrant au personnel civil de maintien de la paix permet à l’ONU de s’acquitter des mandats que lui ont confiés le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale.

Chaque opération de maintien de la paix fait l’objet d’un budget spécifique, destiné à financer ses dépenses de personnel (troupes, personnels de police et personnels civils) et ses dépenses opérationnelles (fonctionnement et investissement).

De même que pour le budget ordinaire, ces budgets sont financés par des contributions obligatoires des États membres, selon une clef de répartition décidée par l’Assemblée générale et révisée tous les trois ans. Le barème de contribution au budget des OMP diffère cependant de celui au budget ordinaire : les membres permanents du Conseil de sécurité, dont la France, assument une part prépondérante de ce financement du fait de leur responsabilité particulière dans le maintien de la paix.

Pour la période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, le total des budgets des treize OMP actives et des dépenses de soutien transversales s’élève à 6 518 millions de dollars. La France contribue au financement de ces opérations à hauteur de 5,61%, soit 381 millions de dollars compte tenu des crédits dont elle dispose.

 

 

2. Contributions volontaires pour les autres fonds et programmes

Fonctionnement des contributions volontaires

En plus des contributions obligatoires au budget ordinaire et au budget des OMP, négociées en cinquième commission de l’Assemblée générale, les États membres peuvent choisir d’apporter des contributions volontaires à certains fonds et programmes onusiens.

Ces contributions volontaires servent à financer des initiatives du Secrétariat général complémentaires et supplémentaires aux activités financées sur le budget ordinaire (tel est l’objet du compte spécial ou de la coopération technique). Ces contributions additionnelles représentent des montants très largement supérieurs aux budgets obligatoires et font souvent l’objet de fléchage permettant de choisir la destination des fonds et cibler un programme particulier ou une initiative spécifique.

Enfin, les fonds et programmes de l’ONU (PNUD, ONU Femmes ou UNICEF notamment) de même que les institutions spécialisées de l’ONU disposent d’un budget propre : l’essentiel de leurs ressources provient de contributions volontaires versées par les États membres mais aussi par des particuliers.

 Logos fonds et programmes

 

Analyse et limites du financement par contributions volontaires

L'augmentation des contributions volontaires de la part des pays donateurs, dont la plupart sont pré-affectées, a été significative au cours des deux dernières décennies. Dans le système des Nations Unies, ces contributions représentaient environ 70% des recettes totales en 2015. Le Corps commun d’inspection en a fait une analyse détaillé dans son Examen des obligations concernant les rapports sur les contributions des donateurs dans l'ensemble du système des Nations Unies (JIU/REP/2017/7).

 

Situation financière du système des Nations unies en 2015

(hors contributions obligatoires aux opérations de maintien de la paix, en dollar des États-Unis)

 Situation financière du système ONU en 2015

Détail des contributions au système onusien en 2015

Source : JIU/REP/2017/7

 

Reprenant une partie des conclusions de son précédent rapport sur Les contributions volontaires dans le système des Nations Unies incidences sur l’exécution des programmes et les stratégies de mobilisation de ressources (JIU/REP/2007/1), le corps commun d’inspection des Nations unies alerte sur les risques inhérents à ce mode de financement :

« Un des principaux motifs de préoccupation est l’absence de prévisibilité des contributions volontaires et son incidence sur la stabilité des programmes exécutés. (…)

La base des donateurs de contributions volontaires est restreinte dans toutes les organisations. D’où la fragilité inhérente des programmes exécutés. En outre, lorsque d’importants donateurs ont fortement réduit leur contribution ou l’ont supprimée, les conséquences ont été très néfastes.

Les conditions dont sont assorties les contributions volontaires ont réduit la souplesse de ce mode de financement et ont entravé les efforts que les secrétariats des organisations déployaient pour exécuter les programmes prescrits. Il est manifeste que l’affectation des contributions peut entraîner une altération des priorités des programmes (…). »

 

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