L’activité se contracte à nouveau au troisième trimestre 2019

Au troisième trimestre 2019, le PIB sud-africain s’est contracté de 0,6% par rapport au trimestre précédent – après avoir cru de 3,2% au second trimestre. Ces résultats traduisent une contraction de l’activité dans les secteur minier et manufacturier ainsi que dans le secteur « transport et communication ». Paradoxalement, la demande interne et externe a résisté, mais satisfaite par l’écoulement des stocks constitués au trimestre précédent. Ces mauvaises performances devraient se traduire par une nouvelle révision à la baisse de la prévision de croissance pour 2019, en deçà de 0,5% – mettant encore un peu plus la pression sur les finances publiques et sur le gouvernement pour qu’il mène les réformes nécessaires à la restauration de la confiance et au retour de l’investissement et de la croissance.

1. Mardi 3 décembre, l’agence nationale des statistiques StatSA a publié les chiffres de la croissance pour le troisième trimestre 2019. Après avoir rebondi nettement à 3,2% au second trimestre (par rapport au trimestre précédent), le PIB s’est contracté de 0,6% – il s’agit du second trimestre de contraction de l’activité en 2019 et le quatrième en moins de deux ans.

2. Comme au premier trimestre, mais dans une moindre mesure, la quasi-totalité des secteurs ont été concernés par une diminution de leur production – trois secteurs ont principalement contribué à cette mauvaise performance. Tout d’abord, le PIB du secteur minier a diminué de 6,1% (soit une contribution négative de -0,5 point de pourcentage – pp), confirmant la grande difficulté dans laquelle se trouve ce secteur qui a enregistré une contraction au cours de six trimestres sur les huit derniers. Ces mauvaises performances s’expliquent aussi bien par des facteurs externes (ralentissement mondial, en particulier dans les pays émergents) qu’internes – instabilité réglementaire, retard dans les investissements, climat social dégradé. L’activité a également diminué dans le secteur manufacturier (-3,9% et contribution négative de -0,5 pp) – principalement dans la catégorie des produits semi-transformés : métaux et produits métalliques, produits chimiques, plastiques, etc. Dans le sillage des mauvaises performances des secteurs minier et manufacturier et dans la continuité de ses difficultés depuis le début de l’année, le secteur « transport et communication » s’est contracté de 5,4% au troisième trimestre (avec également une contribution négative de 0,5 pp).

3. Seuls trois secteurs ont soutenu l’économie au cours de ce trimestre. Le secteur de la distribution confirme le rebond enregistré au premier semestre (+2,6% et contribution positive de +0,4 pp). Le secteur financier et des services aux entreprises continue de soutenir l’économie du pays, avec une croissance de 1,6% sur le trimestre (et une contribution positive de +0,3 pp). Enfin, le secteur public continue de progresser (+2,4% et contribution positive de +0,4 pp) pour le troisième trimestre consécutif, grâce notamment aux embauches réalisées au niveau provincial et dans l’éducation supérieure – contredisant la ligne d’assainissement budgétaire et de maitrise de la masse salariale prônée à l’échelon national.

4. Paradoxalement, la demande interne et externe a résisté, mais elle a été satisfaite par l’écoulement des stocks constitués au trimestre précédent qui est à l’origine des mauvaises performances au cours de la période. En effet, l’accumulation de stocks, qui a tiré la croissance au second trimestre, a pénalisé la production ce trimestre (-9,5 Mds ZAR et une contribution négative de -4,7 pp). Même timidement, toutes les autres composantes de la demande ont contribué à la croissance sur la période. C’est notablement le cas de l’investissement privé qui se reprend pour le second trimestre consécutif (+4,5% et contribution positive de 0,9 pp) après cinq trimestres de baisse ininterrompue. Malgré de faibles perspectives de reprise (au niveau international comme au niveau national) et une confiance en berne de la communauté d’affaires, ce résultat est positif puisqu’il pourrait annoncer la reprise future de l’activité. La consommation des ménages continue d’être déprimée, largement limitée aux biens de première nécessité, elle ne joue plus son rôle habituel de moteur de l’économie (+0,2% et contribution positive de 0,1 pp) – le ralentissement de l’inflation ne permettant pas de compenser la baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation du chômage et la confiance des ménages également en berne. L’amélioration de la balance commerciale est un autre point positif (contribution à la croissance de 3,2 pp), bien qu’elle résulte en premier lieu d’une baisse des importations – l’augmentation des exportations restant timide.

5. Ce nouveau résultat négatif au troisième trimestre, plus dégradé qu’anticipé par les analystes, devrait probablement mener à une nouvelle révision à la baisse du chiffre de la croissance. Cette dernière est toujours freinée par un climat international déprimé, mais aussi les difficultés internes – défaut de confiance des investisseurs et des ménages dans un environnement risqué et instable, dégradation de la qualité des services, faible concurrence, etc. Dans ce contexte défavorable, la situation sociale reste très dégradée – le chômage a atteint plus de 30% de la population active à la fin du troisième trimestre.

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