La croissance sud-africaine continue de ralentir, pour atteindre 0,2% en 2019

 

L’agence nationale des statistiques a annoncé une nouvelle contraction de l’activité au quatrième trimestre, faisant entrer l’Afrique du Sud en récession. Comme au troisième trimestre, la quasi-totalité des secteurs ont vu leur activité se contracter, en particulier les transports et la distribution – alors que le secteur financier et celui des mines ont légèrement soutenu l’activité. In fine, pour l’ensemble de l’année 2019, l’économie poursuit son ralentissement, avec une croissance de 0,2%, soit un niveau nettement inférieur à ce qui était anticipé en début d’année. Suite à la publication de ces chiffres, les analystes devraient revoir leurs prévisions de croissance à la baisse pour 2020 – sous la barre des 0,5% pour la plupart.

1. Mardi 3 mars, l’agence nationale des statistiques StatsSA a annoncé une seconde contraction consécutive de l’activité au quatrième trimestre, faisant entrer l’Afrique du Sud en récession. Après s’être contractée de 0,8% au troisième trimestre (variation trimestrielle annualisée), l’activité a encore diminué de 1,4% au quatrième. Le PIB enregistre ainsi son troisième trimestre de croissance négative en 2019 et l’économie sa seconde période de récession depuis l’arrivée à la présidence de Cyril Ramaphosa – avec en toile de fond, outre les nombreux défis rencontrés par l’économie sud-africaine, la reprise des délestages électriques à un niveau jamais atteint au mois de décembre, ce qui affecte directement la production, mais aussi la confiance des agents et in fine la demande interne.

2. Comme au troisième trimestre, la quasi-totalité des secteurs ont vu leur activité se contracter. Le secteur des transports a été le principal responsable de cette contraction (-7,2% et une contribution négative à la croissance de -0,6pp), enregistrant par la même occasion son quatrième trimestre de croissance nulle ou négative. Cette mauvaise performance concerne tous les modes de transport. Elle s’explique par la faiblesse générale de l’activité sud-africaine qui se répercute sur le secteur intervenant en support des autres industries. Les difficultés financières et opérationnelles rencontrées ces derniers mois par les entreprises publiques Prasa et Transnet, mais surtout South African Airways ont aussi pesé sur les résultats du secteur. La contraction de l’activité est également attribuable au secteur de la distribution et de l’hôtellerie (-3,8% et -0,5pp), qui a été touché par une baisse du commerce de gros et des ventes d’automobiles – subissant notamment la chute de confiance des ménages qui reportent leur décision d’achat de biens durables. Dans une proportion moindre, l’activité a aussi diminué dans l’industrie manufacturière, l’agriculture et la construction (contribution négative de -0,2pp chacun), trois secteurs en proie à d’importantes difficultés depuis le début de l’année 2019.

3. Au cours du quatrième trimestre, seuls les secteurs financier et minier ont soutenu l’activité, bien qu’insuffisamment pour compenser les mauvaises performances des 2

autres secteurs. Le secteur de la finance (comprenant les services supports aux entreprises) a encore confirmé son statut de pilier de l’économie sud-africaine (+2,7% et +0,6pp), le seul qui dynamise la croissance sans faiblir trimestre après trimestre – contrairement à la plupart des pays, les résultats du secteur financier sud-africain sont très peu corrélés à l’activité domestique puisqu’ils fournissent des services pour l’ensemble de la sous-région, voire pour le continent. Malgré la reprise des délestages électriques en décembre, l’industrie minière a progressé (+1,8% et +0,1pp) – soutenue par la production de platine, de fer et d’or – mais partant d’une base très faible puisque le secteur a enregistré une contraction au cours de six des huit derniers trimestres.

4. Après deux trimestres consécutifs de hausse qui avaient laissé espérer une reprise de l’investissement, ce dernier a lourdement rechuté (-10% et -2pp – la plus forte baisse depuis décembre 2015) – en lien avec les faibles perspectives de reprise (au niveau national et international) et une confiance au plus bas de la communauté d’affaires comme des ménages. Ainsi, la consommation des ménages progresse (+1,4% et +0,8pp) mais reste déprimée – se limitant aux biens de première nécessité, elle ne joue plus son rôle habituel de moteur de l’économie. Par ailleurs, l’écoulement des stocks a satisfait une grande partie de la demande (contribution négative de -3,3pp). Concernant le secteur externe, on observe une amélioration de la balance commerciale (contribution positive de 3,4pp) qui s’explique principalement par la baisse des importations (-8,5% et +2,7pp), et notamment des achats de machines et équipement (en relation avec la baisse de l’investissement).

5. In fine, pour l’ensemble de l’année 2019, le PIB a progressé de moins de 0,2% en 2019, soit un niveau nettement inférieur à ce qui était anticipé en début d’année. La croissance poursuit donc son ralentissement après 0,8% en 2018 et 1,4% en 2017, freinée par un climat international déprimé mais surtout par des difficultés internes – défaut de confiance des investisseurs et des ménages dans un environnement risqué et instable, dégradation de la qualité des services, faible concurrence, etc. Dans ce contexte défavorable, la situation sociale est aussi très dégradée – le chômage a atteint plus de 29% de la population active à la fin du quatrième trimestre.

 

 

 

 

 

 

 

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                                   T3 - PIB - L’activité se contracte à nouveau au troisième trimestre 2019

 

Au troisième trimestre 2019, le PIB sud-africain s’est contracté de 0,6% par rapport au trimestre précédent – après avoir cru de 3,2% au second trimestre. Ces résultats traduisent une contraction de l’activité dans les secteur minier et manufacturier ainsi que dans le secteur « transport et communication ». Paradoxalement, la demande interne et externe a résisté, mais satisfaite par l’écoulement des stocks constitués au trimestre précédent. Ces mauvaises performances devraient se traduire par une nouvelle révision à la baisse de la prévision de croissance pour 2019, en deçà de 0,5% – mettant encore un peu plus la pression sur les finances publiques et sur le gouvernement pour qu’il mène les réformes nécessaires à la restauration de la confiance et au retour de l’investissement et de la croissance.

1. Mardi 3 décembre, l’agence nationale des statistiques StatSA a publié les chiffres de la croissance pour le troisième trimestre 2019. Après avoir rebondi nettement à 3,2% au second trimestre (par rapport au trimestre précédent), le PIB s’est contracté de 0,6% – il s’agit du second trimestre de contraction de l’activité en 2019 et le quatrième en moins de deux ans.

2. Comme au premier trimestre, mais dans une moindre mesure, la quasi-totalité des secteurs ont été concernés par une diminution de leur production – trois secteurs ont principalement contribué à cette mauvaise performance. Tout d’abord, le PIB du secteur minier a diminué de 6,1% (soit une contribution négative de -0,5 point de pourcentage – pp), confirmant la grande difficulté dans laquelle se trouve ce secteur qui a enregistré une contraction au cours de six trimestres sur les huit derniers. Ces mauvaises performances s’expliquent aussi bien par des facteurs externes (ralentissement mondial, en particulier dans les pays émergents) qu’internes – instabilité réglementaire, retard dans les investissements, climat social dégradé. L’activité a également diminué dans le secteur manufacturier (-3,9% et contribution négative de -0,5 pp) – principalement dans la catégorie des produits semi-transformés : métaux et produits métalliques, produits chimiques, plastiques, etc. Dans le sillage des mauvaises performances des secteurs minier et manufacturier et dans la continuité de ses difficultés depuis le début de l’année, le secteur « transport et communication » s’est contracté de 5,4% au troisième trimestre (avec également une contribution négative de 0,5 pp).

3. Seuls trois secteurs ont soutenu l’économie au cours de ce trimestre. Le secteur de la distribution confirme le rebond enregistré au premier semestre (+2,6% et contribution positive de +0,4 pp). Le secteur financier et des services aux entreprises continue de soutenir l’économie du pays, avec une croissance de 1,6% sur le trimestre (et une contribution positive de +0,3 pp). Enfin, le secteur public continue de progresser (+2,4% et contribution positive de +0,4 pp) pour le troisième trimestre consécutif, grâce notamment aux embauches réalisées au niveau provincial et dans l’éducation supérieure – contredisant la ligne d’assainissement budgétaire et de maitrise de la masse salariale prônée à l’échelon national.

4. Paradoxalement, la demande interne et externe a résisté, mais elle a été satisfaite par l’écoulement des stocks constitués au trimestre précédent qui est à l’origine des mauvaises performances au cours de la période. En effet, l’accumulation de stocks, qui a tiré la croissance au second trimestre, a pénalisé la production ce trimestre (-9,5 Mds ZAR et une contribution négative de -4,7 pp). Même timidement, toutes les autres composantes de la demande ont contribué à la croissance sur la période. C’est notablement le cas de l’investissement privé qui se reprend pour le second trimestre consécutif (+4,5% et contribution positive de 0,9 pp) après cinq trimestres de baisse ininterrompue. Malgré de faibles perspectives de reprise (au niveau international comme au niveau national) et une confiance en berne de la communauté d’affaires, ce résultat est positif puisqu’il pourrait annoncer la reprise future de l’activité. La consommation des ménages continue d’être déprimée, largement limitée aux biens de première nécessité, elle ne joue plus son rôle habituel de moteur de l’économie (+0,2% et contribution positive de 0,1 pp) – le ralentissement de l’inflation ne permettant pas de compenser la baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation du chômage et la confiance des ménages également en berne. L’amélioration de la balance commerciale est un autre point positif (contribution à la croissance de 3,2 pp), bien qu’elle résulte en premier lieu d’une baisse des importations – l’augmentation des exportations restant timide.

5. Ce nouveau résultat négatif au troisième trimestre, plus dégradé qu’anticipé par les analystes, devrait probablement mener à une nouvelle révision à la baisse du chiffre de la croissance. Cette dernière est toujours freinée par un climat international déprimé, mais aussi les difficultés internes – défaut de confiance des investisseurs et des ménages dans un environnement risqué et instable, dégradation de la qualité des services, faible concurrence, etc. Dans ce contexte défavorable, la situation sociale reste très dégradée – le chômage a atteint plus de 30% de la population active à la fin du troisième trimestre.

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