Le rebond de l’économie se confirme au deuxième trimestre 2021 (septembre 2021)

Pour le second trimestre consécutif, les chiffres de la croissance ont surpris à la hausse : +1,2% au T2 (glissement trimestriel), après +1% au trimestre précédent. Au cours de la période, la reprise a été portée par la bonne orientation de la demande mondiale (progression des exportations) et par des meilleurs résultats qu’anticipés dans le secteur des transports et des télécommunications, dans la santé et dans l’agriculture. Le PIB reste toutefois encore inférieur de 1,4% par rapport à son niveau pré-crise.

Mardi 7 juillet, StatsSA a annoncé une croissance du PIB de 1,2% pour le second trimestre 2021[1], un niveau nettement supérieur à ce qui était attendu par les analystes. Après +1% au premier trimestre, une reprise solide se profilait donc en Afrique du Sud pour l’année en cours.

Sur le plan sectoriel, ce rebond s’explique principalement par les bonnes performances des secteurs « transports et communication », des services à la personne, de la distribution et dans une moindre mesure de l’agriculture. Au cours de la période, le secteur des transports et de la communication a été le principal contributeur à la croissance (+6,9%, soit une contribution positive de +0,5 point) – en lien avec la hausse de la demande de transport routier domestique. Viennent ensuite les secteurs des services à la personne (+2,5% et +0,3 point – intensification du programme de vaccination et rattrapage de la demande pour les services de santé sur fond d’augmentation des souscriptions d’assurances médicales) et de la distribution, de l’hébergement et de la restauration (+2,2% et +0,3 point). A noter, les bonnes performances du secteur agricole (+6,2% et + 0,2 point) au bénéfice de conditions météorologiques favorables. L’industrie minière, elle, marque le pas (+1,9% soit une contribution positive de 0,1 point) après des performances exceptionnelles au trimestre précédent.

Dans ce contexte porteur, les contreperformances de deux piliers de l’économie sud-africaine sont toutefois un point d’inquiétude : le secteur financier s’est contracté de 0,4% (contribution négative de 0,1 point – mauvaise orientation du crédit au secteur privé dans un contexte de forte incertitude) et le secteur manufacturier s’est contracté de 0,8% (contribution négative de 0,1 point).

Du point de vue de la demande, les exportations et la consommation des ménages sont les principaux contributeurs à la croissance. Les exportations sud-africaines ont ainsi augmenté de 4% sur la période (soit une contribution positive d’un point), portées par la reprise de la demande mondiale de matières premières et les bonnes performances de l’industrie automobile. La consommation des ménages a aussi progressé (+0,5% soit +0,3 point), mais à un rythme inférieur à celui observé au trimestre précédent, en lien notamment avec la fin des appuis financiers exceptionnels mis en place par le gouvernement depuis le printemps 2020, le reprise de l’inflation et la hausse du taux de chômage. Après une baisse significative au trimestre précédent (-3,1%), l’investissement progresse légèrement (+0,9% et +0,1 point) –du fait du secteur privé principalement.

Les chiffres du T2 montrent que l’économie sud-africaine continuait de cheminer progressivement vers un retour à la normale – à la fin de la période, le PIB restait encore inférieur de 1,4% par rapport à son niveau pré-crise (premier trimestre 2021 – sur la base des données annualisées). Le PIB demeure inférieur au niveau pré-crise dans la plupart des secteurs. C’est en particulier le cas dans le secteur de la construction (-18% comparativement au T1 2020), du transport et de la communication (-6,5%) et dans le secteur financier (-4,4%). Seuls les secteurs de l’agriculture (+7,1%), le secteur minier (+7,1%) et les services à la personne (+2,8%) ont retrouvé leur niveau pré-crise.



[1] En variation trimestrielle corrigée des variations saisonnières – à noter que, depuis la révision du mode de calcul du PIB par l’agence nationale des statistiques en août, le taux n’est plus annualisé.

 

 

 

 

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