Le commerce extérieur de l’Ouzbékistan en 2018

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Après les réformes d’ouverture économique menées depuis 2017, l’Ouzbékistan présente un commerce extérieur encore modeste en 2018 (moins de 30 Mds USD), mais en forte progression (+29,4%). Les exportations reposent encore largement sur l’exploitation des matières premières : les produits énergétiques (principalement le gaz), le coton (6ème production mondiale), les métaux (or, cuivre) représentent 60% du total. Elles ont progressé pour la troisième année consécutive avec +10,9% en 2018 (après +14,6% en 2017). De leur côté, les importations ont bondi en 2018 (+42,8%), confirmant l’accélération de l’ouverture des frontières après la hausse déjà significative enregistrée en 2017 (+20,4%). Elles sont dominées par les biens manufacturés, notamment chinois et russes.

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I - Le déficit commercial de l’Ouzbékistan se creuse depuis l’ouverture économique du pays.

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Le commerce extérieur ouzbek aurait connu un bond en 2018 (+29,4%), atteignant 26,9 Mds USD dans la continuité de la hausse de 2017 (+17,8%) et après une baisse importante en 2015 (-15,5%) et une année de stagnation en 2016 (+0,1%).

La balance commerciale de l’Ouzbékistan afficherait un déficit de 7,5 Mds USD, avec 17,2 Mds USD d’importations (+50,9% par rapport à 2017) contre 9,7 Mds USD d’exportations (+14,1%). Ce déficit est néanmoins à relativiser car une partie encore importante, mais impossible à chiffrer, des exportations ouzbèkes serait en réalité comptabilisée à l’étranger : lors de la dernière décennie de la présidence Karimov, les exportateurs avaient pour habitude d’être payés sur des comptes de banques étrangères.

II - Les exportations ouzbèkes demeurent largement dominées par les matières premières.

Malgré le tissu industriel hérité de l’époque soviétique (métallurgie, aéronautique, chimie, construction) et celui en place depuis les années 1990 (automobile, agroalimentaire), les matières premières représentent encore environ 75% des exportations ouzbèkes.

Le principal produit d’exportation de l’Ouzbékistan est, de loin, les métaux précieux (presque uniquement de l’or, dont l’Ouzbékistan détiendrait les 4èmes réserves mondiales) avec 2,6 Mds USD, soit 26,9% du total en 2018. La 2ème place est occupée par les combustibles minéraux (1,7 Mds USD et 17,6% du total, principalement du gaz de pétrole) suivis de près par le coton (967 M USD, 10% du total), Viennent ensuite le cuivre (585 M USD), les fruits (542 M USD) les matières plastiques (499 M USD), et les instruments de contrôle (341 M USD, principalement des compteurs de gaz). A noter que les produits chimiques exportés (135 M USD) sont en fait dominés par l’uranium. Souvent cités en exemple par les autorités ouzbèkes, les véhicules ont connu une chute de leurs exportations (-67%) entre 2017 et 2018 – passant de 148 à 48 M USD.

Les principaux clients de Tachkent sont la Suisse, qui absorbe 25,6% de ses exportations (soit près de 2,5 Mds USD, quasi-uniquement de l’or), la Chine (24%, Pékin achetant principalement du gaz de pétrole, du coton et du cuivre), l’Afghanistan (11,5%, principalement des compteurs de gaz, de la fonte, des céréales et des farines). Le trio de tête est suivi par la Russie (10,9% avec principalement du coton, des vêtements, des matières plastiques, des fruits et des légumes), le Kazakhstan (8,7%, surtout des fruits et légumes) et la Turquie (8,2%, principalement du cuivre). Tous les autres pays ne captent chacun que moins de 2% des exportations ouzbèkes. Parmi ceux-ci, la France était le 24ème client de l’Ouzbékistan en 2018 (0,1% du total).

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III - Dans un contexte de levée progressive des politiques protectionnistes, les importations ouzbèkes apparaissent diversifiées et dominées par les biens manufacturés chinois et russes.

L’Ouzbékistan n’est pas membre de l’OMC et, depuis plusieurs années, Tachkent cherchait à soutenir la production nationale (programme de substitution aux importations), mettant en place des tarifs douaniers dissuasifs et autres barrières administratives. Ces mesures protectionnistes sont en train de s’effacer progressivement après l’amélioration des relations avec les pays voisins, la grande réforme monétaire entreprise en 2017 ainsi que la refonte des droits de douanes et d’accises à l’importation. En octobre 2017 ceux-ci ont été diminués ou annulés pour 3500 catégories de produits sur un total de 8000 pour éviter une envolée de l’inflation importée. Il s’agit toutefois plus d’une ouverture sélective que d’une libéralisation totale. Ainsi d’autres révisions des droits de douane ont été introduites en janvier 2019, majoritairement à la baisse, mais aussi parfois à la hausse pour certaines catégories de produits, notamment relatives à l’habillement.

Les importations ouzbèkes sont assez diversifiées. Les machines sont en tête avec 23,2% du total à 4,0 Mds USD. Viennent ensuite les véhicules (1,9 Mds USD), la fonte, fer et acier (1,3 Mds USD), les matériels électriques (1,1 Mds USD) et les combustibles minéraux (770 M USD). L’Ouzbékistan est aussi un pays importateur de matières premières, car, outre les hydrocarbures précités, il importe également du bois et charbon de bois (544 M USD) ainsi que des céréales (321 M USD, principalement du blé).

Le marché ouzbek est surtout dominé par la Chine (3,9 Mds USD pour 22,9% du total) et la Russie (3,3 Mds USD pour 19,3% du total). Viennent ensuite la Corée du Sud (2,1 Mds USD pour 12,3%), le Kazakhstan (1,6 Mds USD pour 9,5%), la Turquie (951 M USD pour 5,5%), et l’Allemagne (808 M USD, 4,7%). Japon, Italie, Emirats arabes unis, et Etats-Unis complètent le top 10 des fournisseurs de l’Ouzbékistan en 2018. Avec une part de marché de 0,8 % en 2018, la France était le 18ème fournisseur de Tachkent.

 

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