Le commerce extérieur de l’Ouzbékistan en 2019

Après les réformes d’ouverture économique menées depuis 2017, l’Ouzbékistan présente un commerce extérieur encore modeste en 2019 (autour de 37 Mds USD), mais en forte progression (+30,5%, après +29,4% en 2018). Les exportations reposent encore largement sur l’exploitation des matières premières : les produits énergétiques (principalement le gaz), le coton (8ème production mondiale), les métaux (or, cuivre) représentent 60% du total. Elles ont progressé pour la quatrième année consécutive avec un bond de +36,7% en 2019 (après +8% en 2018), portées par une augmentation de 69% des exportations d’or en valeur. De leur côté, les importations ont ralenti leur progression en 2019 avec tout de même +26,6%, après l’envolée de 2018 (+44,2%) consécutive à l’accélération de l’ouverture des frontières en 2017. Elles demeurent dominées par des biens manufacturés, principalement chinois et russes.

1. Le déficit commercial de l’Ouzbékistan se creuse depuis l’ouverture économique du pays.

Le commerce extérieur ouzbek a connu un nouveau bond en 2019 (+30,5%), atteignant 36,8 Mds USD dans la continuité de l’envolée de 2018 (+27,6%) et après une hausse en 2017 (+17,8%) et une année de stagnation en 2016 (+0,1%).

Evolution des importations, des exportations, et du solde du commerce extérieur de l'Ouzbékistan entre 2007 et 2019 (en Mds USD)

La balance commerciale de l’Ouzbékistan afficherait un déficit de 7,0 Mds USD, avec 21,9 Mds USD d’importations (+26,6% par rapport à 2018) contre 14,9 Mds USD d’exportations (+36,7%). Ce déficit est néanmoins à relativiser car une partie probablement encore importante, mais impossible à chiffrer, des exportations ouzbèkes serait en réalité comptabilisée à l’étranger : lors de la dernière décennie de la présidence Karimov, les exportateurs avaient pour habitude d’être payés sur des comptes de banques étrangères.

2. Les exportations ouzbèkes demeurent largement dominées par les matières premières.

Malgré le tissu industriel hérité de l’époque soviétique (métallurgie, aéronautique, chimie, construction) et celui en place depuis les années 1990 (automobile, agroalimentaire), les matières premières représentent encore environ 75% des exportations ouzbèkes.

Le principal produit d’exportation de l’Ouzbékistan est, de loin, les métaux précieux (presque uniquement de l’or, dont l’Ouzbékistan détiendrait les 4èmes réserves mondiales) avec 5,2 Mds USD, soit 34,9% du total en 2019. La 2ème place est occupée par les combustibles minéraux (2,5 Mds USD et 16,5% du total, principalement du gaz de pétrole) suivis de près par le coton (1,3 Mds USD, 8,7% du total). Viennent ensuite le cuivre (709 M USD), les fruits (647 M USD) les légumes (476 M USD), et les matières plastiques (400 M USD). A noter que les produits chimiques exportés sont en fait dominés par l’uranium. Souvent cités en exemple par les autorités ouzbèkes, les véhicules ont renoué avec un niveau correct à l’exportation (122 M USD, +315% par rapport à la chute de 2018 à 29 M USD).

Les principaux clients de l'Ouzbékistan en 2018 (données OEC)

En 2018, les principaux clients de Tachkent étaient la Suisse, qui absorbe 23,6% de ses exportations (quasi-uniquement de l’or), la Chine (21,3%, Pékin achetant principalement du gaz de pétrole, du coton et du cuivre), la Russie (15,6%, principalement du gaz de pétrole, du coton et du plastique). Le trio de tête est suivi par la Kazakhstan (11,6% avec principalement du gaz de pétrole et des fruits et légumes), la Turquie (8,4%, surtout des principalement du cuivre) et l’Afghanistan (4,6%, principalement des compteurs de gaz). Tous les autres pays ne captent chacun que moins de 2% des exportations ouzbèkes. Parmi ceux-ci, la France était le 29ème client de l’Ouzbékistan en 2018 (0,1% du total). NB : Les données 2019 d’ITC/Trade Map ne paraissent pas exploitables en l’état (44 % des exportations ouzbèkes sont attribuées à des « zones non définies »).  

3. Dans un contexte de levée progressive des politiques protectionnistes, les importations ouzbèkes apparaissent diversifiées et dominées par les biens manufacturés chinois et russes.

L’Ouzbékistan n’est pas membre de l’OMC et, depuis plusieurs années, Tachkent cherchait à soutenir la production nationale (programme de substitution aux importations), mettant en place des tarifs douaniers dissuasifs et autres barrières administratives. Ces mesures protectionnistes sont en train de s’effacer progressivement après l’amélioration des relations avec les pays voisins, la grande réforme monétaire entreprise en 2017 ainsi que la refonte des droits de douanes et d’accises à l’importation. En octobre 2017 ceux-ci ont été diminués ou annulés pour 3500 catégories de produits sur un total de 8000 pour éviter une envolée de l’inflation importée. Il s’agit toutefois plus d’une ouverture sélective que d’une libéralisation totale. Ainsi d’autres révisions des droits de douane ont été introduites en janvier 2019, majoritairement à la baisse, mais aussi parfois à la hausse pour certaines catégories de produits, notamment relatives à l’habillement.

En 2019, comme les années précédentes, les importations ouzbèkes sont assez diversifiées. Les machines se placent en tête avec 23,2% du total à 5,6 Mds USD. Viennent ensuite les véhicules (2,1 Mds USD), la fonte, fer et acier (1,4 Mds USD), les matériels électriques (1,3 Mds USD) et les combustibles minéraux (941 M USD). L’Ouzbékistan est aussi un pays importateur de matières premières, car, outre les hydrocarbures précités, il importe également du bois et charbon de bois (612 M USD) ainsi que des céréales (411 M USD, principalement du blé).

En 2019, le marché ouzbek est surtout dominé par la Chine - 5 Mds USD pour 23,1% du total - et la Russie - 4 Mds USD pour 18,2% du total. Viennent ensuite la Corée du Sud (2,5 Mds USD pour 11,5%), le Kazakhstan (1,9 Md USD pour 8,7%), la Turquie (1,3 Md USD pour 5,9%), et l’Allemagne (884 M USD, 4%). États-Unis, Lituanie, Turkménistan et Japon complètent le top 10 des fournisseurs de l’Ouzbékistan en 2019. Avec une part de marché de 0,6 % en 2019, la France était le 19ème fournisseur de Tachkent.

Clause de non-responsabilité

Le Service Économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication.

Publié le