Conjoncture économique aux Etats-Unis - février 2021

  1. L’épidémie de COVID-19 et les mesures de distanciation mises en œuvre pour la contenir ont engendré un choc économique d’une ampleur exceptionnelle. Les mesures d’endiguement mises en œuvre par contenir l’épidémie ont conduit à une contraction du PIB de 3,5 % sur l’ensemble de l’année 2020 (-9,5 % au 1er semestre 2020) principalement sous l’effet d’un recul des dépenses de consommation. La contraction de l’activité, d’une ampleur qui n’avait été observée que lors de la Grande dépression et au sortir de la Seconde guerre mondiale, a conduit à de nombreuses destructions d’emplois qui ont fait progresser le taux de chômage jusqu’à 14,7 % en avril 2020. Ce choc a toutefois été moins important qu’en Europe (baisse du PIB de 8,3 % en France et de 6,8 % en zone euro en 2020) du fait d’une politique d’endiguement moins stricte et d’une reprise d’activité plus rapide après la première phase de la crise sanitaire.
  2. Les autorités budgétaire et monétaire ont déployé des mesures de soutien d’une ampleur sans précédent afin de limiter les effets de la crise économique et sanitaire. Le Congrès a adopté cinq plans de soutien comprenant (i) un renforcement des mécanismes de protection sociale pour les ménages (extension de l’assurance chômage, instauration d’un congé maladie, transferts monétaires directs, etc.), (ii) des prêts garantis aux petites entreprises pour limiter le choc de trésorerie et (iii) des dépenses en faveur des administrations publiques pour prendre en charge la crise sanitaire. Ces différentes mesures représentent un stimulus budgétaire de plus de 15 % du PIB (contre 7 % lors de la crise de 2008-2009), portant le déficit budgétaire autour de 15 % du PIB pour l’exercice budgétaire 2020. Cette réponse budgétaire a été accompagnée par un soutien appuyé de la politique monétaire, avec une baisse des taux d’intérêt de 150 points de base pour les ramener à zéro, des achats d’actifs massifs (2 300 Md USD entre mars 2020 et février 2021) et le déploiement de nombreux mécanismes de prêt en dernier ressort.
  3. Cette politique de soutien et le relâchement progressif, quoique fluctuant, des mesures de distanciation ont favorisé le retour progressif de l’activité. La normalisation de l’activité est toutefois hétérogène et loin d’être complète, notamment sur le marché du travail. La consommation a déjà dépassé son niveau du début d’année 2020 et plus de 75 % de la baisse de la production industrielle du début de la crise sanitaire a été récupérée. La reprise de l’activité a favorisé une baisse du taux de chômage, qui atteint à 6,3 % en janvier 2021 (-8,4 points par rapport à avril 2020). L’amélioration de la situation économique reste pourtant disparate en fonction des secteurs et des États. La normalisation de l’emploi doit aussi être relativisée à la lumière de la baisse des mouvements en marge du marché du travail : la part de la population en âge de travailler qui est effectivement en emploi est inférieure de près de 3 points à son niveau pré-crise et certains groupes de population (jeunes, minorités ethniques, mères) restent sensiblement plus affectés par la crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales.  
  4. Pour accélérer la sortie de crise, l’administration Biden ambitionne de mettre en œuvre un nouveau plan de soutien de grande envergure. Ce nouveau stimulus budgétaire, qui pourrait s’élever à 1 900 Md USD (9 % du PIB), serait axé sur (i) un renouvellement des mesures de soutien au revenu des ménages (cf. supra), (ii) un renforcement du dispositif de lutte contre la crise sanitaire (stratégie de tests et de vaccination, achats d’équipement, extension temporaire des programmes publics d’assurance santé), (iii) une aide aux collectivités infra-fédérales, qui doivent respecter une obligation stricte d’équilibre budgétaire, afin d’absorber tout ou partie des pertes de recettes occasionnées par la crise sanitaire et de favoriser une reprise généralisée de l’activité scolaire. Ce plan de soutien pourrait aussi comporter certaines mesures défendues par Joe Biden lors de sa campagne présidentielle, en particulier le doublement du salaire minimum fédéral de 7,25 $ à 15 $ par heure. Il pourrait être adopté d’ici le milieu de mois de mars, au moyen d’une procédure législative accélérée.

mise à jour: février 2021

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