Relations commerciales bilatérales France-Ukraine

Après le net ralentissement de 2014-2015, les échanges entre la France et l’Ukraine progressent.

La somme des échanges commerciaux entre la France et l’Ukraine atteint 1,47 Md€ en 2018, en progression par rapport à l’année précédente (+8%). Ce chiffre demeure cependant inférieur au pic de 2012 (1,60 Md€). La valeur des exportations françaises s’établit à 857 M€ en 2018 (stable par rapport à l’année précédente). Il s’agit d’un niveau inférieur aux valeurs d’avant la crise de 2014 (1,06 Md€ en 2012), qui a entraîné une baisse de nos exportations dans un contexte de forte récession de l’économie ukrainienne (effondrement du cours de la monnaie ukrainienne et baisse de la demande interne). Par rapport à l’année précédente, le solde commercial recule fortement sur l’exercice 2018 et s’établit à 243 M€ (–25%). Les exportations ukrainiennes vers la France ont en effet fortement progressé entre 2017 et 2018 (+17%, 614 M€).

Le premier semestre 2019 affiche cependant des résultats très encourageants : par rapport à la même période un an plus tôt, le solde de la balance commerciale s’améliore (+72%, 285 M€) en raison de l’augmentation sensible des exportations françaises à destination de l’Ukraine (+32%). Les exportations ukrainiennes vers la France progressent aussi, mais moins rapidement (+6%).

 Evolution des exportations et des importations françaises vers et  depuis l’Ukraine ainsi que du solde commerciale de la France envers l’Ukraine (M€)

Evolution des importations et exportations françaises, ainsi que du solde commercial (douanes françaises)

 

La part de marché de la France progresse par rapport au niveau d’avant 2014.

La France est le 10ème fournisseur de l’Ukraine et enregistre une part de marché de 2,6 % en 2018, en progression par rapport à son niveau d’avant crise (elle s’établissait en 2013 à 2,2%). L’Ukraine a fortement diversifié ses approvisionnements. La répartition des parts de marché a beaucoup évolué entre 2015 et 2018, voyant la part de la Russie se réduire considérablement, passant de 35,1% en 2011 à 14,2% seulement en 2018. L’Accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine est entré en vigueur de façon provisoire en janvier 2016 et de manière définitive en septembre 2017. Les échanges avec les pays-membres se sont logiquement accrus : en 2018, la part de marché de l’ensemble des pays de l’UE représentait 41% (contre 35% en 2013). Parmi les pays de l’UE, la France est le 5ème fournisseur de l’Ukraine, loin derrière l’Allemagne (1er fournisseur européen, 10,4% de part de marché au global) et la Pologne (6,3%). Elle est aussi devancée par l’Italie (3,6%). La part de marché des Etats-Unis augmente très significativement, passant de 3,6% en 2014 à 5,2% en 2018.

 Evolution des parts de marché des principaux partenaires commerciaux de l’Ukraine

Evolution des parts de marché des principaux partenaires commerciaux de l'Ukraine (douanes ukrainiennes)

 

La structure de nos exportations est plus diversifiée que celle de nos importations

La France occupe traditionnellement de solides positions dans le segment des produits chimiques, parfums et cosmétiques (30 % de nos exportations en 2018, près de 41% au premier semestre 2019), des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (16% sur les six premiers mois de 2019, dont plus des deux tiers correspondant à des machines agricoles et forestières), des produits agricoles (11%, principalement semences), des produits pharmaceutiques (8%) et des matériels de transport (7%, essentiellement automobiles). Par rapport à l’année précédente, les exportations du premier semestre 2019 progressent le plus fortement dans les produits chimiques, parfums et cosmétiques (+89%, 229 M€) et les équipements électriques et ménagers (+107%, 15 M€). Les biens importés en France en provenance d’Ukraine sont essentiellement des produits agricoles et agroalimentaires (près de 60% cumulés sur les six premiers mois de 2019). Suivent certains biens manufacturiers, notamment les produits de l’industrie textile et du cuir (11%), les équipements mécaniques et électroniques (6%), la métallurgie (6%), les articles issus du travail du bois (5%).

 

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