Relations économiques bilatérales

Les relations économiques et commerciales entre la France et la Tanzanie restent modestes et le volume des échanges commerciaux bilatéraux, qui ne repose que sur une gamme limitée de produits, est instable. De même, les grands contrats sont ,à ce stade, concentrés sur le secteur des transports et peinent à se diversifier. Pour autant, la balance commerciale redevient excédentaire, au profit de la France, pour atteindre +103 MEUR en décembre 2018.

 1/ L’année 2018 est marquée par une forte hausse des échanges commerciaux entre la France et la Tanzanie, liée à une augmentation marquée de nos exportations.

Le volume des échanges commerciaux avec la Tanzanie est en forte hausse, avec un solde redevenu excédentaire fin 2018. Le commerce bilatéral a augmenté d’environ un tiers de son volume atteint en 2017, exportations et importations confondues, pour se situer à 171 MEUR contre 120 MEUR. Le solde des échanges jusqu’alors déficitaire pour la France (-15 MEUR) est devenu excédentaire en 2018 (103 MEUR). Cette performance place l’année 2018 parmi les trois meilleures performances pour le commerce bilatéral sur les dix dernières années (avec 2010 et 2015).

Cette évolution en notre faveur résulte d’une forte augmentation des exportations françaises vers la Tanzanie, passées de 53 MEUR en 2017 à environ 137 MEUR en 2018 (+61 %,). Ce bilan s’explique par la forte hausse des exportations françaises d’aéronefs qui représentaient en 2018 plus de 75 MEUR contre 4,9 MEUR en 2017. On peut y voir l’effet de la mise en œuvre de la stratégie nationale de renforcement du transport aérien tanzanien. Dans ce cadre, se sont réalisées l’acquisition par Air Tanzania d’un Airbus A220-300 (anciennement Bombardier CSeries). Dans le même temps on observe une augmentation notable des exportations d’instruments et appareils de mesure et navigation.

Les importations françaises en provenance de Tanzanie ont largement diminué, passant de 68 MEUR à 34 MEUR (soit - 50 %), suite à une baisse notable des importations d’articles de joaillerie et de bijouterie, atteignant 4,1 MEUR contre 31,8 MEUR en 2017 (soit -87%). Les importations françaises en provenance de Tanzanie sont essentiellement constituées de produits manufacturiers et de produits agroalimentaires dont le tabac brut (6,7 MEUR), les préparations et conserves des produits de la pêche (5,1 MEUR) ainsi que les fruits tropicaux (5,1 MEUR).

La Tanzanie reste une partenaire commercial marginal pour la France, à l’échelle mondiale comme au niveau de l’Afrique subsaharienne. En 2018, à l’échelle mondiale, les importations en provenance de Tanzanie ne représentaient que 0,006% du total des importations françaises et les exportations vers la Tanzanie ne représentaient que 0,028% de nos exportations globales. A l’échelle de l’Afrique subsaharienne, les importations de Tanzanie représentaient 1,9% du total des importations françaises et les exportations vers ce pays n’atteignaient que 0,64% de nos exportations.

 2/ La présence française en Tanzanie est en voie de consolidation.

La présence française en Tanzanie qui s’est longtemps organisée autour de grands groupes traditionnellement structurants en Afrique, s’est diversifiée sur la récente période, en particulier sur des problématiques montantes telles que les énergies renouvelables-ENR et l’urbanisme. On dénombre une trentaine d’implantations françaises autour de treize filiales de groupes français : Total, Bolloré Transport Logistics, CMA CGM, Lafarge Holcim, AGS, JC Decaux, Maurel & Prom, Sagemcom, TPS ainsi qu'Ipsos, Air France-KLM, Bureau Veritas et RFI.

A noter que quatre entreprises françaises s'activent sur des projets structurants en Tanzanie : Bouygues Energies et Services réalise l’interconnexion électrique avec le Kenya, Engie via Power Corner poursuit le déploiement de mini réseaux fonctionnant au solaire en zones rurales, IGN FI finalise le plan cadastral de Dar es Salam et Airbus Helicopters livre ses appareils conformément à la planification. Par ailleurs, plusieurs entreprises tanzaniennes bénéficient d’une participation française à leur capital : TPC (production sucrière), détenue à 30 % par Téréos Océan Indien, entreprise basée à la Réunion, et CSTC (production d’amidon de manioc) qui prévoit son inauguration officielle à court terme. Deux sociétés locales sont franchisées : Mazars (audit), Europcar (services de transport) et au moins six entreprises françaises sont représentées par des partenaires locaux : Michelin, EGIS, Renault, Suez Environnement, OCEM et Telerad.

3/ De belles opportunités se présentent pour les entreprises françaises.

Les grands projets du gouvernement concernant notamment le traitement et la gestion de l’eau, le plan d’urbanisation de Dodoma, le développement du secteur aéronautique, le soutien à la transition énergétique et le développement des ENR, la réalisation d'infrastructures majeures (tous secteurs confondus) voire l'amélioration de la productivité du secteur agricole offrent de nombreuses opportunités pour les sociétés françaises souhaitant répondre au mieux aux besoins du pays. Les perspectives semblent également bonnes dans le secteur de la sécurité-défense.

En 2018, le gouvernement tanzanien à dévoiler le « Blue Print », un document intégré dans le Comprehensive Action Plan qui vise à amender le cadre législatif et réglementaire pour améliorer l'environnement des affaires. Cet effort, annoncé par les autorités, doit se concrétiser dès cette année pour motiver le secteur privé local et la communauté d'affaires étrangères.

 

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