Relations bilatérales

Commerce bilatéral: Bilan des échanges commerciaux franco-turcs en 2017

En 2017, le commerce bilatéral entre la France et la Turquie s’est établi à 14,2 Mds EUR, en hausse de 0,9%. Les échanges entre les deux pays ont ainsi progressé, portés par le dynamisme des importations en provenance de Turquie (+6,1%) et malgré la baisse de 4,3% des exportations françaises. Les échanges continuent d’être portés principalement par les matériels de transport, et en premier lieu par les matériels aéronautiques et les véhicules automobiles. La baisse des ventes d’aéronefs explique à elle seule l’augmentation du déficit, les autres principaux postes d’exportations affichant des résultats positifs et encourageants.

1. Le déficit commercial bilatéral se creuse significativement

En 2017, le commerce bilatéral total des biens entre la France et la Turquie s’est élevé à 14,2 Mds EUR. Si les échanges globaux poursuivent leur progression et augmentent de 0,9% en 2017 (soit +130 M EUR), les exportations françaises à destination de la Turquie sont en recul de 4,3% (soit -301 M EUR) et s’établissent à 6 703 M EUR. Les importations françaises en provenance de Turquie sont, quant à elles, en hausse de 6,1% (soit +431 M EUR) et atteignent 7 485 M EUR. La France affiche donc un déficit commercial de 782 M EUR en 2017, en hausse par rapport à 2016 (il représentait alors 51 M EUR). La Turquie a été notre 13ème fournisseur mondial, 5ème hors-UE et Suisse, derrière la Chine, les États-Unis, le Japon et la Russie. Elle est également notre 12ème débouché mondial, 4ème hors-UE et Suisse, derrière les Etats-Unis, la Chine et Singapour. La Turquie a absorbé 1,45 % de nos exportations, en léger recul par rapport aux niveaux de 2015 et 2016 (1,6 %). Réciproquement, la Turquie a été à l’origine de 1,38 % de nos importations.  

2. Les secteurs des transports et de l’aéronautique demeurent structurants pour nos relations commerciales

Selon les données des Douanes françaises concernant nos exportations à destination de la Turquie, les matériels de transport ont enregistré la baisse la plus importante (-28,5%), passant de 2,6 Mds EUR à 1,9 Md EUR. Cette baisse est largement imputable au groupe de produits « aéronefs et engins spatiaux » (-52,9%, soit -840 M EUR), dont le solde demeure néanmoins largement positif (614 M EUR, contre 1,4 Md EUR en 2016). Le groupe « véhicules automobiles » affiche quant à lui une performance remarquable, croissant de 22% (soit +101 M EUR), dépassant même nos ventes de pièces détachées à la Turquie et ce malgré un marché turc en baisse (diminution de 3% des ventes locales, véhicules particuliers et utilitaires). Ceci est dû à un renouvellement de gamme important de la part des constructeurs français y compris sur les modèles importés en Turquie (Renault et Peugeot). La hausse des exportations dans le domaine « produits sidérurgiques de base et ferroalliages », quatrième poste d’exportations, est notoire : celles-ci ont augmenté de 52,5% en 2017, soit une hausse de 157 M EUR, tirées par le dynamisme de l’industrie turque (automobile, électroménager) et de la construction.

Les importations en provenance de Turquie sont en forte progression. La hausse de 14,7% (soit +400 M EUR) de nos importations dans le domaine des matériels de transport explique pour une large part cette progression. Ce secteur représente désormais plus de 3 Mds EUR, soit 41,6% du total de nos importations en provenance de Turquie. En particulier, les importations de véhicules automobiles ont progressé de 23,9% en 2017 (soit +476 M EUR), contribuant à la dégradation de notre solde commercial automobile (véhicules et pièces détachées) de 21%, à -1,9 Md EUR (contre 1,5 Md en 2016). Les deux autres principaux postes d’importations (textiles et équipements mécaniques/matériel électrique) sont respectivement en baisse de -0,1% et -2,9%, et représentent 20,3% et 15,1% des importations françaises depuis la Turquie.

Le recul des ventes françaises en 2017 est principalement imputable au calendrier des livraisons dans le secteur aéronautique, les autres principaux postes d’exportations (produits industriels, IAA) demeurant sur une tendance haussière. Les livraisons d’aéronefs et la reprise du commerce de la viande bovine française permettent d’espérer une amélioration du solde commercial, dont le déficit a augmenté en 2017. La réouverture du marché turc aux bovins vivants français ainsi que la possible redynamisation des échanges de céréales (en baisse de 40 % tant à l’import qu’à l’export en 2017) pourraient également contribuer à stimuler notre relation bilatérale.

Quant aux importations depuis la Turquie, elles pourraient être stimulées, le cas échéant, par la poursuite de la dépréciation de la livre turque ainsi que par la levée de restrictions sur certains produits agricoles turcs.

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