Indicateurs et conjoncture

Avec 82 millions d’habitants, la Turquie est le 19ème pays le plus peuplé du monde. Istanbul, la capitale économique et financière, rassemble à elle-seule près de 15 millions d’habitants, suivie par Ankara, capitale politique, Izmir, Bursa et Antalya. Le pays jouit d’une population jeune, avec près de 19 millions de personnes ayant moins de 14 ans et un âge médian de 31,7 ans en 2017.

Avec un PIB de 851 Mds USD en 2017, la Turquie est la 17ème puissance économique mondiale et ambitionne d’entrer dans le top 10 d’ici à 2023, année du centenaire de la République. Le développement de l’économie turque a été très dynamique sur les deux dernières décennies. Avec une croissance moyenne annuelle du PIB de 6,9% depuis 2010, elle est devenue la plus importante en termes de création de richesses au Moyen-Orient, devant l’Arabie Saoudite. Suite à la tentative de coup d’Etat de l’été 2016 et des tensions sécuritaires, le taux de croissance est retombé à 3,2% en 2016, lié notamment à la baisse significative du tourisme. En 2017, la Turquie a enregistré une croissance de son revenu national de 7,4%, alors qu’elle devrait être de l’ordre de 3,5% en 2018 selon les prévisions les plus récentes.

La Turquie suit une phase de tertiarisation de son économie à un rythme modéré. Selon l’Institut de statistique turc, l’agriculture représente, en 2017, 6,3% de la richesse nationale alors que le secteur tertiaire concentre à lui seul 54,7% du PIB, l’industrie correspondant aux 27,6% restants. En outre, le secteur tertiaire est le premier pourvoyeur d’emploi, occupant 54,6% de la population active totale en 2018, contre 54,1% en 2017.

Le modèle de croissance de l’économie turque de ces dernières années repose d’une part sur la consommation intérieure alimentée par une distribution de crédits bancaires dynamique. Elle est, d’autre part, tirée par le secteur de la construction et les grands projets d’infrastructures, à l’image du développement immobilier et autoroutier des métropoles turques. De nombreux centres commerciaux ont également vu le jour, offrant de nouveaux débouchés pour la consommation domestique. Cette politique a toutefois entraîné de nombreux déséquilibres, parmi lesquels la dérive de l’inflation (dont le taux a culminé à 25,2% en octobre 2018), structurellement plus importante que l’objectif-cible affiché par la Banque centrale, la dépréciation de la valeur de la monnaie locale (qui a perdu 1 tiers de sa valeur depuis deux ans), la hausse de l’endettement privé et de la dette externe, l’accroissement du déficit des comptes courants ou encore la dégradation des comptes publics.

Toutefois, l’épargne privée est restée faible en Turquie. Le dynamisme de la consommation et du secteur de la construction a été favorisé par une politique de distribution active du crédit. Les dépôts limités en TRY dans les banques turques ont conduit le secteur privé à recourir au financement en devises étrangères pour mener à bien leurs investissements et leurs activités.

Alors que l’endettement privé représentait 29,9% du PIB en 2007, il s’établit au 3ème trimestre 2018 à 77% du PIB, soit le plus haut ratio de l’histoire récente turque. Le niveau d’endettement du secteur privé s’explique principalement par le recours à l’emprunt, poussé par l’expansionnisme monétaire post-crise financière de 2008 et alimenté par les solides performances économiques de la Turquie au cours de la dernière décennie. Mais le volume de dette externe, qui représente 65% de la dette privée, expose l’économie turque aux variations de la valeur du dollar et de l’euro et des prix des produits de base et du carburant, ce qui peut entraîner des difficultés de remboursement et conduire à un cycle inflationniste.

Malgré la hausse des échanges commerciaux, le déficit de la balance commerciale a continué de se creuser jusqu’en 2017. Les importations turques ont augmenté de 17,7% et les exportations de 10,2% entre 2016 et 2017, menant à un creusement du déficit commercial de 36,9% par rapport à l’année précédente, à 76,8 Mds USD. L’Union européenne a confirmé sa position de premier partenaire commercial en 2017, alors que la Chine et l’Allemagne sont les premiers clients et les premiers fournisseurs de la Turquie. Toutefois, la dépréciation de la livre turque et la contraction de la demande intérieure ont permis de réduire le déficit commercial turc : sur les onze premiers mois de 2018, il s’élevait à 52,3 Mds USD. Le déficit courant s’est également contracté, avec 1 Md USD de surplus en novembre 2018 par rapport au mois précédent, réduisant le déficit courant en glissement annuel à 34 Mds USD.

La dette publique a été ramenée de 74% du PIB en 2002 à 28,3% en 2017, et le déficit budgétaire a été fortement réduit depuis la dernière crise économique (1,7% en 2017 contre 5,9 % en 2009), malgré un certain relâchement budgétaire récent : le déficit budgétaire progresserait ainsi à 1,9% en 2018.

Selon l'indice des centres financiers mondiaux (Global Financial Centres Index), la bourse d’Istanbul se classe au 76ème rang sur 96 (édition de mars 2018), dans la catégorie des centres financiers internationaux et non globaux, à un rang proche des places de Buenos Aires (n°75) et de Malte (n°77). En termes de capitalisation boursière (WFE, fin 2016), Borsa Istanbul est au 31ème rang sur 56 (171 M USD), et est comparable aux bourses de Tel-Aviv (214 M USD), de Santiago (212 M USD), du Qatar (154 M USD) et d’Abu Dhabi (120 M USD). En 2018, Borsa Istanbul compte 399 sociétés cotées contre 416 en 2016, loin des ambitions affichées par le gouvernement, qui souhaite atteindre 1000 sociétés cotées à la bourse d’Istanbul d’ici 2023.

 

Données générales Turquie

Superficie: 779 452 km² 
Population: 82 millions d'habitants (2018) 
Régime présidentiel
Parti au pouvoir: AKP 
Président de la République: Recep Tayyip ERDOGAN 
Vice-président : Fuat Oktay
Ministre du Trésor et des Finances: Berat ALBAYRAK

Ministre du Commerce: Ruhsar PEKCAN

Ministre de l’Agriculture et des Forêts : Bekir PAKDEMIRLI

Ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles : Fatih DONMEZ

PIB : 851 Mds USD (2017)   
PIB / habitant : 10 592 USD (2017) 

Données conjoncturelles Turquie

Monnaie: livre turque (TRY)  

Taux moyen 2018 USD/TRY : 4,90

Taux 04/02/2018 USD/TRY : 5,22

L'indice des prix à la consommation (inflation) : 20,35% (janvier 2019)
Déficit du compte courant  : -33,9 Mds USD (novembre 2018, en g.a.)
Exportations : 168 Mds USD (2018)
Importations : 223 Mds USD (2018)
Taux de chômage : 11,6% (octobre 2018)
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