Commerce extérieur turc

Le commerce extérieur de la Turquie en 2020

 

Selon les données de l'Institut statistique de Turquie (Turkstat), en 2020, les échanges commerciaux de la Turquie (389 Mds USD) enregistrent leur plus bas niveau depuis 2016 : les exportations ont diminué de 6,3% tandis que les importations augmentaient de 4,3%, entraînant un creusement du déficit de la balance commerciale de 69,1%, à -49,9 Mds USD. L’Union européenne (à 27) demeure le premier partenaire commercial de la Turquie, l’Allemagne son premier client et la Chine devient son principal fournisseur. Les véhicules dominent les exportations tandis que les importations d’or ont significativement augmenté, participant à la détérioration du déficit commercial de la Turquie.

1. Malgré un rebond de la demande étrangère, la crise sanitaire a eu un effet significatif sur les échanges commerciaux de la Turquie

Les échanges commerciaux (389 Mds USD, -0,6% en g.a) ont été ramenés à leur plus bas niveau depuis 2016. S’élevant à 169,5 Mds USD sur l’ensemble de l’année 2020, les exportations turques se sont contractées de -6,3% en g.a. La baisse des exportations, concentrée entre mars et mai 2020 (en avril, les exportations ont été ramenées à 8,9 Mds USD, leur plus bas historique) est liée à la contraction de la demande mondiale (Union européenne en tête) due à la crise sanitaire, par la baisse de la production manufacturière turque (en avril, l’indice de production industrielle s’est contracté de -31,3% en g.m) et par les ruptures dans les chaînes d’approvisionnement. Signe d’une reprise de la demande mondiale (en provenance d’Allemagne singulièrement) et de l’activité économique en Turquie et au bénéfice d’une dépréciation significative de la monnaie locale (en 2020, la lire turque a perdu respectivement 25% et 37% de sa valeur face au dollar et à l’euro), laquelle a rendu les exportations turques plus compétitives, ces dernières ont rebondi dès juin (+15,5% en g.a) pour enregistrer leur meilleure performance historique au mois de décembre : 17,8 Mds USD, +16% en g.a. Les importations, quant à elles, se montent à 219,4 Mds USD (+4,3% en g.a). Elles ont significativement diminué au début du 2ème trimestre 2020 (reculant respectivement de -25% et -27,8% en g.a en avril et mai 2020) en raison, d’une part, de l’impact de la crise sanitaire sur l’activité et sur la consommation des ménages (-8,8% au 3ème trimestre 2020, en g.a) et, d’autre part, des mesures douanières protectionnistes mises en oeuvre dès le mois d’avril 2020 en réponse à la crise sanitaire1. Les importations ont finalement rebondi dès la fin du 2ème trimestre, tirées à la hausse par une demande et une croissance dynamiques alimentées par les mesures très accommodantes mises en oeuvre par l’Exécutif (la consommation privée et le PIB ont progressé respectivement de 9,2% et 6,7% en g.a au 3ème trimestre 2020).

La contraction des exportations et la hausse des importations ont entrainé un creusement de 69,1%, en g.a, du déficit commercial de la Turquie, lequel se monte à -49,9 Mds USD. Par ailleurs, le taux de couverture des importations par les exportations, qui a été ramené de 86% en 2019 à 77,2% en 2020, a enregistré, en avril, son niveau le plus bas enregistré ces trois dernières années (66,2%).

2. L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de la Turquie et la Chine devient son premier fournisseur

L’Union européenne à 27 demeure le premier partenaire commercial de la Turquie avec des échanges commerciaux stables (143,2 Mds USD, -0,9% en g.a). La Turquie a exporté pour 69,9 Mds USD de biens (-8,8% en g.a) vers l’UE, qui absorbe ainsi 41,3% des exportations turques (contre 42,4% en 2019), et a importé pour 73,3 Mds USD de biens (+7,9% en g.a) en provenance de l’UE (soit 33,4% des importations turques, contre 32,3% en 2019). In fine, la part de marché de l’UE est stable, autour de 37%.
 
Le poids des principaux clients de la Turquie – Allemagne (16 Mds USD), Royaume-Uni (11,2 Mds USD), Irak (9,1 Mds USD) et Italie (8,1 Mds USD) - recule respectivement de -3,9%, -0,4%, -10,6% et -17,2% en g.a, à l’exception des Etats-Unis (10,2 Mds USD, +13,5% en g.a) qui deviennent le 3ème client de la Turquie devant l’Irak. Les exportations vers l’Espagne enregistrent une baisse sensible (6,7 Mds USD, -17,8% en g.a), reléguant le pays au 7ème rang de ses clients derrière la France (7,2 Mds USD, -9,5% en g.a). Par ailleurs, en raison de l’embargo informel instauré dès l’été 2020 par l’Arabie saoudite sur les biens en provenance de Turquie, les exportations turques vers le royaume ont diminué de 23,9% en g.a. Parallèlement, les exportations vers Israël (4,7 Mds USD) et la Russie (4,5 mds USD) ont augmenté, respectivement de +5,3% et 8,3% en g.a, de même que celles vers l’Azerbaïdjan (2,1 Mds USD, +16,7% en g.a) portées par les livraisons de matériel militaire dans le contexte de la guerre du Haut-Karabagh.
 
La Chine devient le premier fournisseur de la Turquie (23 Mds USD d’importations, +20,3% en g.a) devant l’Allemagne (21,7 Mds USD, +12,6% en g.a). La Russie recule à la 3ème place (17,9 Mds USD, -22,7%) devant les Etats-Unis (11,5 Mds USD, -2,8% en g.a), l’Italie (9,2 Mds USD, -1,7% en g.a), l’Irak (8,2 Mds UDS, +206% en g.a, hausse causée par les importations exceptionnelles d’or), la Suisse (7,8 Mds USD, +130% en g.a, en lien avec les importations d’or). Enfin, la France (7 Mds USD, +3,2% en g.a) devient le 8ème fournisseur de la Turquie maintenant sa part de marché à 3,2%.
 

3. Le commerce extérieur de la Turquie demeure porté par les exportations de véhicules automobiles et par une hausse marquante des importations d’or

Depuis 2013, les deux principaux postes d’exportations demeurent identiques : « véhicules automobiles et leurs parties » (22,1 Mds USD) et « chaudières, machines, appareils, engins mécaniques et leurs parties » (16,8 Mds USD). Ils enregistrent toutefois une baisse significative, respectivement de -17,9% et -5,5% en g.a. De même, les exportations de « machines, appareils électriques et leurs parties » (9,3 Mds USD) et de fer et d’acier (8,8 Mds USD) ont reculé, respectivement de -4,6% et -12% en g.a. A l’inverse, certains produits agricoles et agroalimentaires, lesquels ont mieux résisté à l’impact de la crise sanitaire, connaissent une hausse de leurs exportations : « fruits et noix comestibles » (4,8 Mds USD, +5,3% en g.a) « préparations à base de céréales, de farines, de fécules ou de lait » (2,1 Mds USD, +8,8% en g.a), « préparations de légumes ou de fruits » (2,4 Mds USD, +13% en g.a) ou encore « graisses et huiles animales et végétales (1,4 Md USD, +37% en g.a). De manière analogue, les exportations de biens médicaux (masques, matériel de protection, équipements médicaux – dont un modèle d’appareil d’assistance respiratoire développé par une coentreprise locale, etc.) ont significativement augmenté, de 530% en g.a sur le seul 1er semestre 2020.

Le poste « hydrocarbures » (28,9 Mds USD, -30,7% en g.a) domine les importations, devant les « pierres gemmes, métaux précieux » (26,6 Mds USD, +99% en g.a), dont les importations ont augmenté en raison des achats d’or. Les importants achats d’or effectués par la Turquie sont liés à la forte dépréciation de la monnaie locale (en 2020, la lire turque a perdu respectivement 25% et 37% de sa valeur face au dollar et à l’euro), laquelle a incité les ménages et les entreprises turcs à changer une partie de leurs avoirs en devises fortes et en or afin de protéger leur patrimoine. Le poste « chaudières, machines, engins mécaniques et leurs parties » (25,2 Mds USD, +13,9% en g.a) est ramené à la 3ème place. Par ailleurs, les importations de véhicules automobiles, qui atteignent 15,3 Mds USD (un niveau inédit depuis 2017), ont augmenté de 52,7% en g.a en raison, d’une part, d’un effet de base positif (faible niveau des ventes automobiles en Turquie en 2019) et, d’autre part, du niveau élevé de la demande domestique en 2020 alimentée par les facilités de crédit mises en place par les banques locales.
 

Source : Turkstat

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