Commerce extérieur turc

Le commerce extérieur turc en 2019

 

Selon les données du ministère turc du Commerce, en 2019, les importations turques ont diminué de 9,1% tandis que les exportations ont progressé de 2,1%, entraînant une réduction du deficit de la balance commerciale de 43,5%, à -31 Mds USD (son plus bas niveau depuis 2003). L’Union européenne (à 28) demeure le premier partenaire commercial de la Turquie, l’Allemagne en est le premier client et la Russie le premier fournisseur (dépassant la Chine depuis 2018). Les exportations sont dominées par les véhicules et les équipements mécaniques tandis que le poste “hydrocarbures” est en tête des importations.

1. Les échanges commerciaux de la Turquie sont en baisse par rapport à 2018 et le déficit commercial diminue

S’élevant à 374 Mds USD en 2019, soit une baisse de 4,3% par rapport à 2018, les échanges commerciaux de biens de la Turquie ont atteint leur niveau le plus faible depuis 2016. Toutefois, les exportations ont atteint un niveau record en 2019 (171 Mds USD, +2,1% par rapport à 2018). Les importations, quant à elles, ont été ramenées de 223 Mds USD en 2018 à 203 Mds USD en 2019, soit une baisse de 9,1%.

La hausse des exportations conjuguée à la contraction des importations a permis un recul du déficit commercial de la Turquie de 43,5% par rapport à 2018, s’établissant ainsi à -31 Mds USD. La dépréciation de la monnaie locale (la lire turque a perdu 40% de sa valeur au T1 2019 en g.a et 35% en g.a au T2 2019) a nourri la hausse des exportations tandis que le ralentissement de l’activité économique (la croissance du PIB s’est élevée à -2,3% au T1 2019 et à -1,6% au T2 2019 en g.a) et de sa principale composante, la consommation, couplée à la baisse des investissements (au T3 2019, 5ème trimestre consécutif de recul, les investissements ont diminué de 12,6%) expliquent la baisse des importations. In fine, le taux de couverture des importations par les exportations est passé de 75,3% en 2018 à 84,6% en 2019, atteignant ainsi son zénith.

2. L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de la Turquie

L’Union européenne à 28 demeure le premier partenaire commercial de la Turquie avec une part de marché stable (42% en 2018 et 41% en 2019) mais un volume d’échanges commerciaux en baisse de 7,4% par rapport à 2018. La Turquie a exporté pour 83 Mds USD de biens vers l’UE, qui absorbe ainsi 48,5% des exportations turques (contre 50% en 2018), et a importé pour 69 Mds USD de produits en provenance de l’UE (34,2% des importations turques), soit une baisse de 14% par rapport à 2018.

Le poids des trois principaux clients de la Turquie (Allemagne, Royaume-Uni et Italie, qui représentent respectivement 15,4 Mds USD, 10,9 Mds USD et 9,3 Mds USD) recule en 2019 (respectivement de -4,3%, -2,1% et -2,7%), de même que les exportations vers les Etats-Unis (8,1 Mds USD, -3% par rapport à 2018) qui demeure le 5ème client et vers l’Espagne (7,6 Mds USD, -0,6%) qui demeure le 6ème client de la Turquie. A l’inverse, les exportations vers l’Irak (4ème client) augmentent de 7,8% (9 Mds USD) de même que celles vers la Hollande (8ème client, +14,4%), vers Israël (+11,9%) qui devient le 9ème client et vers la Russie (+13,4%) qui devient le 11ème client de la Turquie. La part de la France (7ème client) parmi les clients de la Turquie est passée de 4,3% en 2018 à 4,5% en 2019, soit une progression constante depuis 2017. En outre, la Belgique, qui était le 9ème client de la Turquie en 2018, devient son 15ème client en 2019. In fine, on notera que les exportations des principaux fournisseurs de la Turquie ont toutes enregistré des baisses importantes en 2019 par rapport à 2018, sauf la Russie.     

La Russie (22,5 Mds USD, 11,1% des importations turques), la Chine (18,5 Mds USD, 9,1% des importations), l’Allemagne (17,9 Mds USD, 8,9% des importations), les Etats-Unis (11,2 Mds USD, 5,5% des importations), l’Italie (8,6 Mds USD) et l’Inde (6,6 Mds USD) demeurent les principaux fournisseurs de la Turquie en 2019. En 2019, les importations ont baissé en provenance de tous les principaux fournisseurs de la Turquie. Celles en provenance d’Iran ont connu la baisse la plus importante (-52,8%) en raison d’une chute de 63% des importations d’hydrocarbures liée aux sanctions internationales. La baisse du niveau des importations turques est particulièrement concentrée sur les sept premiers mois de l’année 2019 (-18,3% par rapport à la même période de 2018) en raison du ralentissement de la croissance économique dans un contexte de contraction de la demande interne.

Les données, publiées par le ministère turc du Commerce, montrent une dégradation de la situation de la France dans les échanges commerciaux avec la Turquie avec un déficit d’1,3 Md USD en 2019. Bien que la France ait progressé d’une place en devenant le 7ème fournisseur du pays, les importations en provenance de France ont diminué de 14,3% par rapport à 2018, ramenant ainsi la part de marché française à 3,1% en 2019. Par ailleurs, la part de marché de la France dans les exportations de la Turquie ne cesse de se renforcer depuis le début des années 2000 : elle est passée de 4,1% en 2012 à 4,5% en 2019.

3. Le commerce extérieur de la Turquie demeure porté par les exportations de véhicules et de machines et appareils mécaniques ainsi que par les importations d’hydrocarbures

Les deux principaux postes d’exportations demeurent les mêmes depuis 2013 : le poste « véhicules » (26,2 Mds USD, -2,1% par rapport à 2018) devance le poste « machines, appareils et engins mécaniques » (16,4 Mds USD, + 4% par rapport à 2018). Par ailleurs, les exportations de fonte, fer et acier ont diminué de 16% par rapport à 2018 mais demeurent le troisième poste d’exportations (9,9 Mds USD) malgré les mesures protectionnistes instaurées par les Etats-Unis sur l’acier dès 2018 et les mesures de sauvegardes définitives mises en place en février 2019 par l’UE sur les importations de produits sidérurgiques. Le poste « hydrocarbures » connait une progression significative en 2019 (+39,7%, 7,3 Mds d’exportations), porté par la hausse des capacités de raffinage du pétrole en Turquie.

Les postes « hydrocarbures » (41,2 Mds USD d’importations, -4,2%) et « machines, appareils et engins mécaniques » (21,5 Mds USD d’importations, -16,3%) dominent les importations turques depuis 2009, représentant à eux seuls 31% des importations totales en 2019. En raison de la diminution des importations de « fonte, fer et acier » en 2019 (-20%, à 14,7 Mds USD), le poste recule à la quatrième place, derrière le poste « machines, appareils et matériels électriques » qui connait une diminution plus limitée de ces importations (-9,5%, à 15 Mds USD). Les importations de céréales, s’élevant à 3,2 Mds USD, connaissent la deuxième plus forte progression de l’année 2019. En revanche, les importations de véhicules ont significativement diminué (-30,6% par rapport à 2018) en raison de la dépréciation de la monnaie locale (qui a entraîné une hausse des prix des véhicules d’environ 30-35%) et de l’augmentation du coût du crédit qui ont affecté les ventes sur le marché domestique (-46% sur les huit premiers mois de 2019).

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