Indicateurs

La Tunisie est un pays en profonde mutation politique et économique. Sur le plan politique, cette transformation a débuté à la suite de la Révolution de Jasmin de décembre 2010 à janvier 2011 et le départ du Président Ben Ali, en poste depuis 1987. Après une phase de transition démocratique de 2011 à 2014, une Constitution a été adoptée en 2014 puis un Gouvernement d’union nationale s’est formé en 2016. Ce processus démocratique s’ancre désormais au niveau local, à la suite de l’organisation des premières élections municipales le 6 mai 2018. La Tunisie met en œuvre des réformes structurelles pour faire évoluer son modèle économique dans ce nouveau contexte politique.

Les réformes économiques en cours s’inscrivent globalement dans une logique d’ouverture économique. Conformément au plan quinquennal 2016-2020, elles visent à réduire les réglementations engendrant des dysfonctionnements sur les marchés du travail et des biens, à supprimer progressivement les barrières à l’investissement ou encore à éliminer les obstacles au commerce international, tout en favorisant une croissance soutenable et inclusive. In fine, ce programme de réformes est censé contribuer au développement de la croissance potentielle du pays. Un rebond de la croissance économique a déjà été observé en 2017 (+1,9% sur l’année, après +1% en 2015 et 2016), qui semble se confirmer en 2018 (+2,5% au 1er trimestre 2018 en glissement annuel ; +2,9% sur l’année 2018 selon les prévisions du FMI), du fait notamment à la reprise de l’activité touristique (plus de 8 millions de touristes attendus en 2018, soit un niveau proche de 2010, avant la révolution) et de l’augmentation des recettes agricoles.

En dépit de cette reprise de l’activité économique, les indicateurs macroéconomiques demeurent fortement dégradés. La Tunisie connaît un problème de compétitivité qui pèse sur ses échanges commerciaux. Ainsi, le taux d’inflation a atteint +7,7% en mai 2018 en glissement annuel (en lien avec la hausse des prix de l’énergie notamment), soit son niveau le plus élevé depuis 1991. Dans ce contexte, le solde de la balance des transactions courantes de la Tunisie apparaît structurellement déficitaire et continue de progresser, jusqu’à atteindre 10,1% du PIB fin 2017. La principale composante de ce déficit courant est la balance commerciale et notamment la balance énergétique (plus du quart du déficit total). Le déficit extérieur du pays se creuse, bien que le dinar se déprécie fortement : la monnaie tunisienne a perdu plus du tiers de sa valeur face à l’euro entre janvier 2016 et mi-2018 (taux de change bilatéral mi-juin 2018 : 1 EUR = 3 TND). L’Union européenne est de loin le principal client (3/4 des importations en provenance de Tunisie en 2017) et fournisseur (plus de la moitié des exportations vers la Tunisie en 2017) de la Tunisie. Cependant, le déficit commercial de la Tunisie s’explique désormais pour l’essentiel par les échanges commerciaux avec les principales économies émergentes (plus de la moitié en 2017 pour la Chine, la Turquie et la Russie cumulées).

La Tunisie subit des déficits jumeaux. En effet, le déficit budgétaire s’est élevé à 6,1% du PIB, contribuant à l’accroissement de la dette publique (70% du PIB fin 2017, contre 40% en 2010). Ce dérapage des finances publiques tunisiennes s’explique principalement par l’importance des dépenses de fonctionnement (plus de 60% des dépenses publiques). Compte tenu de ces difficultés financières, la Tunisie a sollicité des appuis budgétaires auprès des bailleurs internationaux (Banque Mondiale, Fonds monétaire international, Union européenne). Un programme économique du FMI est appliqué en Tunisie depuis mai 2016 pour une durée de 4 ans, prenant la forme d’un Mécanisme élargi de crédit. En outre, la présence financière des Etats membres de l’Union européenne (UE) en Tunisie se révèle à la fois importante et en progression. L’UE est ainsi le 1er investisseur dans le pays, en stock et en flux d’IDE (hausse de +31% en 2017 des flux d’IDE entrants de ces pays en Tunisie).

Malgré ces liens financiers, les fondamentaux économiques de la Tunisie restent fragiles et les risques sociaux ne sont pas négligeables, compte tenu notamment de la situation sur le marché du travail. Le taux de chômage s’élevait à 15,4% à la fin du 1er trimestre 2018. Il concernait en particulier les jeunes (près de 30%), les femmes (un peu moins de 25%) et les diplômés de l’enseignement supérieur (29,3%).

                                       Données générales Tunisie

·         Superficie: 163 610 km² 

·         Population: 11,4 millions d'habitants selon l’INS (1er juillet 2017) 

·         Régime politique: République parlementaire 

·         Président de la République: M. Beji Caid el Sebsi (depuis le 21 décembre 2014)

·         Premier ministre : M. Youssef CHAED (depuis le 3 août 2016)

·         Ministre des Finances : M. Ridha Chalghoum (depuis le 6 septembre 2017)

·         PIB : 39,88 Mds USD (2017, source FMI)   

·         PIB / habitant : 3 518 USD (2017, source FMI) 

                                    Données conjoncturelles Tunisie

·         Monnaie: dinar tunisien (TND)  

Au 22 juin 2018 (données de la Banque centrale de Tunisie): 

1 USD / 2,63 TND

1 EUR / 3,10 TND

 Exportations commerciales tunisiennes totales en 2017 : 34 Mds TND (13 Mds EUR)
 Importations commerciales tunisiennes totales en 2017 : 50 Mds TND (19 Mds EUR)

·         Variation de l’indice des prix à la consommation (inflation) : +7,7% en glissement annuel (mai 2018)

·         Dette publique : 68 Mds TND, soit 69,9% du PIB (fin décembre 2017) 

·         Déficit du compte courant  : 10,1 Mds TND soit -10,1% du PIB (fin 2017)

·         Taux de chômage (1er trimestre 2018, source INS) :

15,4% pour le chiffre global.

12,4% pour les hommes ; 22,7% pour les femmes.

29,3% pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

 

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