Présentation du pays

Pays d’Asie Centrale doté des 4èmes réserves mondiales de gaz, le Turkménistan est présidé depuis 2007 par M. Gourbangouly BERDYMOUKHAMEDOV. Le Turkménistan cherche à diversifier son économie, largement dominée par les hydrocarbures. Devenu fortement dépendant de la Chine pour ses exportations gazières, le pays entend trouver rapidement de nouveaux débouchés pour sa production gazière grâce à de nouveaux gazoducs. Le secteur de la construction et des travaux publics domine notre relation commerciale bilatérale avec le Turkménistan.

Situation économique : une économie enclavée et fortement dépendante de l’exploitation des hydrocarbures

carte TK

L’économie turkmène, avec un PIB estimé à 36 Mds USD pour 2016 (Banque Mondiale), est la troisième économie d’Asie centrale, derrière le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Le taux de croissance, qui dépassait les 10% pour la période 2011-2014, a diminué à partir de 2015 (6,2% pour 2016 et 6,5% en 2017, selon le comité des statistiques du Turkménistan), en raison de la baisse des prix internationaux des hydrocarbures, du ralentissement de l’économie chinoise et dans une moindre mesure, de la crise russe. Les préparatifs entourant les Jeux asiatiques 2017, ainsi que le développement de l’exploitation gazière, de la filière pétrochimique et des corridors de transport ont pu soutenir l’investissement public, moteur traditionnel de l’économie nationale (ce dernier se serait établi à 46% du PIB en 2017).

Le Turkménistan compte d’importantes réserves en hydrocarbures constituées majoritairement de gaz (70,7%). Il dispose des 4èmes réserves prouvées mondiales de gaz (9,3%) derrière l’Iran, la Russie et le Qatar (selon le rapport BP 2015). Selon les estimations gouvernementales, les réserves de gaz sont évaluées à 71,2 Mds tonnes équivalents pétrole dont 53 Mds sont continentales. Le pays compte le deuxième plus grand gisement gazier du monde par ses réserves, Galkhynysh, situé à l’ouest. Les réserves de pétrole s’élèvent quant à elles à 6,3 milliards de tonnes et se situent principalement près des côtes de la Caspienne (presqu’île de Čeleken ou à proximité de la frontière iranienne - champ d’Okaren).

Le secteur agricole joue un rôle significatif dans l’économie du pays. Le canal d’irrigation traversant le désert du Karakoum depuis 1982 a permis d’améliorer les rendements agricoles, aussi bien pour les cultures vivrières (céréales, fruits et légumes) qu’industrielles. Le pays est en effet un important producteur de coton, très largement destiné à l’exportation. Premier poste à l’export hors hydrocarbures, les textiles et le coton représentaient en 2016 7,5% du total des exportations du pays. L’élevage se pratique dans les régions plus désertiques, notamment celui des ovins pour la laine, les chameaux et les chevaux.


Fortement dépendante des hydrocarbures représentant près de 92% des exportations, l’économie du pays a subi de plein fouet la baisse du prix international du baril de pétrole. Le pays a en parallèle du faire face à l’arrêt brutal de ses livraisons de gaz naturel à la Russie et l’Iran, en raison de contentieux portant sur les modalités d’exécutions des contrats. Le Turkménistan exporte toutefois depuis 2010 son gaz naturel vers la Chine, grâce à la mise en service d’un gazoduc transcontinental reliant les deux pays. La Chine est ainsi depuis 2017 l’unique client du gaz turkmène (28 Mds m3 exportés en 2016). Quant aux importations, ces dernières sont dominées par les biens d’équipement et le matériel de transport. Les principaux fournisseurs du Turkménistan sont la Turquie, la Chine et les Emirats arabes unis.

 Enjeux : grands projets et diversification

Devenu dépendant de la Chine pour ses exportations de gaz naturel, le Turkménistan doit rapidement trouver des débouchés supplémentaires pour diversifier son commerce extérieur.

Le projet de construction d’un gazoduc vers l’Inde à travers l’Afghanistan et le Pakistan (TAPI), lancé par le Turkménistan en 2015, répond à cet objectif. Les autorités souhaitent que ce gazoduc long de 1 700 km (capacité de 33 Mds m3/an) soit mis en service en 2019. La section turkmène aurait été achevée et a été officiellement inaugurée au mois de février 2018. Le contexte géopolitique régional et la nature du relief constitue toutefois des défis importants à sa mise en œuvre.

L’autre projet phare qui permettrait au Turkménistan de développer de nouveaux débouchés est le gazoduc transcaspien, reliant l’Azerbaïdjan au Turkménistan, lequel permettrait d’approvisionner les marchés européens en gaz turkmène. Ce projet soulève toutefois des questions liées au financement et au statut juridique de la mer Caspienne.

Les autorités font état de leur volonté de diversifier l’économie et de réduire la part du secteur pétrolier dans le PIB. Le Turkménistan mise sur le développement d’industries dans l’aval des hydrocarbures, via la construction d’usines de production de polyéthylène et polypropylène, d’une usine de transformation de gaz en essence et d’usines chimiques et pétrochimiques (engrais, phosphates, produits chlorosodiques). Priorité du pays, la diversification économique doit conduire à la substitution des importations et accroître le nombre de produits à l’exportation. Un programme de création de 105 entreprises de productions industrielles et agricoles a été lancé. Sa mise en œuvre est confiée à l’Union des entrepreneurs, l’objectif étant aussi à travers ce programme de favoriser le développement du secteur privé (représentant actuellement 15,2% du PIB). Ces créations concernent les secteurs de la chimie, de l’agroalimentaire (dont viande, lait), des industries légères (dont pharmacie), des matériaux de construction et de l’électroménager. Les entrepreneurs souhaitent recourir aux matières premières locales et sont prêts à acquérir les technologies innovantes nécessaires.

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