Le commerce bilatéral France – Turkménistan en 2020

 

En 2020 les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 78 M EUR, en baisse de 24,4% par rapport à 2019. Nos exportations ont diminué de 25,4%, à 74,3 M EUR en raison du repli de nos ventes de machines agricoles. Avec 3,8 M EUR, nos importations en provenance du Turkménistan (essentiellement des produits agroalimentaires) sont demeurées marginales. Traditionnellement excédentaire, le solde commercial de nos échanges avec le Turkménistan s’est réduit à 70,5 M EUR en 2020.

1. Une forte baisse des échanges liée à la contraction des exportations françaises de matériels agricoles.

Nos échanges avec le Turkménistan représentaient 78 M EUR en 2020, en baisse de 24,4% par rapport à 2019. Cette évolution s’explique en totalité par le repli de nos ventes de matériels agricoles, nos importations en provenance du Turkménistan demeurant limitées. Les flux bilatéraux ont ainsi rejoint les niveaux observés en 2017 et 2018.

La France a vendu essentiellement des biens industriels, mais ces derniers ne sont plus dominés par les machines agricoles.

En 2020, nos exportations ont atteint 74,3 M EUR, soit une baisse de 25,4% qui a érodé les gains de 27,2% enregistrés en 2019. Ce chiffre occulte cependant la bonne performance de nos produits industriels hors machines, particulièrement méritoire dans le contexte de strict contrôle des changes imposé aux importateurs turkmènes.

Dans le détail, nos exportations dans la catégorie des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique ont diminué de 44,2%, à 37 M EUR (contre 67 M EUR en 2019). Si cette catégorie demeure notre premier poste à l’exportation avec 50% des ventes françaises au Turkménistan, ses composantes ont connu des fortunes diverses. Ainsi, le matériel agricole qui représentait encore l’essentiel de nos exportations en 2019 (50,8 M EUR), a chuté de 77,4% pour s'établir à 11,5 M EUR en 2020. Cet affaissement résulte du calendrier d’exécution du contrat CLAAS signé en 2016 et prévoyant la livraison de moissonneuses et de tracteurs pour la période 2017-2020, les tracteurs livrés en 2020 ayant été comptabilisés comme des exportations allemandes car fabriqués outre-Rhin et non au Mans (voir infra). Ce phénomène a renforcé la tendance amorcée en 2019 de diversification de nos exportations vers ce pays, avec une nouvelle percée de nos ventes d'équipements électroménagers (14,1 M EUR, soit +106,9% après une hausse de +1 096% en 2019) et de produits informatiques, électroniques et optiques (11,5 M EUR, +30,2% après une hausse de +651% en 2019), lesquels ont représenté en 2020 respectivement 19,0% et 15,5% de nos exportations vers le Turkménistan.

On note également la performance de nos exportations d’autres produits industriels (+17,5%), où s’est opérée là aussi une diversification des ventes. Ainsi les exportations françaises de produits chimiques, parfums et cosmétiques ont poursuivi le repli amorcé en 2019 (-9,6%, à 8,4 M EUR) en raison des mesures des autorités visant à restreindre autant que possible l’importation de biens de consommation. Les ventes de produits métallurgiques et métalliques (6,7 M EUR) sont revenues à un niveau similaire à celui de 2018, la baisse de 20,2% réduisant les gains de 31,5% enregistrés en 2019. Dans le même temps, on note l’émergence de postes d’exportation jusqu’ici anecdotiques. Ainsi nos ventes de produits en caoutchouc et en plastique et de produits minéraux divers qui avaient triplé en 2019 ont continué de progresser (+13,9%, soit 8,6 M EUR), tandis qu'ont fortement augmenté les ventes de produits d’habillement (2,5 M EUR, +153,0%), de bois, papier et carton (2,1 M EUR, +190,1%) et de produits manufacturés divers (4,7 M EUR, +369,2%).

Dans un contexte de strict contrôle des changes mis en place et de politiques de substitution aux importations, nos exportations agroalimentaires sont parvenues à limiter la baisse à -4,9% en 2020 (2,5 M EUR, contre 2,6 M EUR en 2019), après deux importantes chutes enregistrées en 2015 et en 2018.

La France est demeurée un fournisseur secondaire du Turkménistan.

Les dernières données officielles relatives au commerce extérieur du Turkménistan sont aujourd’hui obsolètes car datent de 2018.

Les données de l’International Trade Centre issues des chiffres des principaux pays partenaires situent la France au 6ème rang des fournisseurs du Turkménistan en 2020 avec 2,9% de parts de marché (85 M USD, soit une estimation très proche des données des douanes françaises). Si la France a conservé cette position par rapport à 2019, il est notable que l’écart qui la sépare des autres fournisseurs du Turkménistan s'est creusé alors que tous ont augmenté leurs exportations en 2020.

La Turquie, présente dans l’ensemble des secteurs, est demeurée le 1er fournisseur du pays (27,2% pdm) et a vu ses ventes progresser de 14,1% en 2020. La Russie s’est maintenue à la 2ème place (22,5% pdm) grâce à une accélération de ses ventes (+19,6%, tirées par les produits de fer et d’acier – notamment pour la fourniture de tubes de pipeline). Vient ensuite la Chine (15,4% pdm) dont le ralentissement des importations en provenance d’Achgabat (de 8,7 Mds USD à 6,1 Mds USD selon Pékin en 2020) n’a pas empêché ses propres exportations de progresser (+3,2%, dominées par les ventes de machines et de produits de fer et d’acier). L’Allemagne (6,6% pdm) dont les exportations vers le Turkménistan sont traditionnellement dominées par les machines a vu également ses ventes progresser de 7,5% en 2020 grâce à la vente de tracteurs CLAAS fabriqués outre-Rhin (comptabilisés comme exportations françaises les deux années précédentes car construits au Mans). Enfin le Japon (4% pdm) a vu ses exportations vers le Turkménistan décuplées grâce à la fourniture de turbines à gaz pour 94 M USD en 2020 (ITC).

2. Le solde commercial excédentaire de la France s’est nettement réduit en 2020.

Nos importations en provenance du Turkménistan sont demeurées marginales malgré une légère hausse de 4,3% en 2020, à 3,8 M EUR. Elles sont essentiellement composées de produits agroalimentaires (3,4 M EUR, +15,4%), auxquels se sont ajoutées en 2020 des produits manufacturés divers (0,4 M EUR, +527,2%). Pour rappel, nos achats d’hydrocarbures ont complètement cessé depuis 2016. 

De ce fait, les échanges avec le Turkménistan dégagent régulièrement un solde excédentaire en faveur de la France. Avec 70,5 M EUR en 2020, celui-ci s'est toutefois affaissé de 25 M EUR par rapport à 2019, reflétant la baisse de nos ventes de matériels agricoles. L'excédent commercial dégagé par la France en 2020 s'est ainsi situé entre les niveaux de 2017 et de 2018, encore loin des niveaux d’avant crise (pic de 159,7 M EUR en 2014).

 

ANNEXES

 

Graphique 1 : Evolution des exportations et des importations françaises vers le Turkménistan
(en M EUR)

Evolution des exportations et des importations françaises vers le Turkménistan  

Source : Douanes françaises

 

Graphique 2 : Evolution de la balance commerciale entre la France et le Turkménistan
(en M EUR)

Evolution de la balance commerciale entre la France et le Turkménistan 

Source : Douanes françaises

 

Graphique 3 : Les 10 principaux fournisseurs du Turkménistan en 2020
(en M USD)

Les 10 principaux fournisseurs du Turkménistan en 2020

Source : International Trade Centre (ITC)

 

Tableau 1 : Échanges France – Turkménistan par catégories de produits pour 2020 (en EUR)

Échanges France – Turkménistan par catégories de produits pour 2020

Source : Douanes françaises

 

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