Commerce extérieur du Turkménistan en 2018

Le montant des échanges commerciaux du Turkménistan s’est élevé à 17 Mds USD en 2018, soit une nouvelle contraction de -5,6% par rapport à 2017 générée par une réduction brutale des importations turkmènes. A 5,3 Mds USD, ces dernières sont en repli de 47,8% par rapport à 2017 (10,2 Mds USD). Dans le même temps, la stabilisation puis la remontée des cours des hydrocarbures permettent aux exportations de bondir de 49,6% pour atteindre 11,7 Mds USD, contre 7,79 Mds USD en 2017. La forte contraction des importations turkmènes découle à la fois du sévère contrôle des changes mis en place par les autorités conjugué à une politique de substitution aux importations destinée à contenir le déficit commercial. Ce dernier, déjà réduit de moitié en 2017, s’est transformé en solde positif de 6,3 Mds USD en 2018.

1. La forte contraction des importations génère un excédent commercial

Selon les statistiques officielles turkmènes* en 2018, le commerce extérieur du Turkménistan a enregistré une nouvelle contraction (-5,6%), pour s’élever à 17 Mds USD (contre 18 Mds USD en 2017 et 20,7 Mds USD en 2016). Après trois années consécutives marquées par un solde commercial négatif, le Turkménistan génère désormais un excédent commercial (6,3 Mds USD), résultat de la forte contraction des importations conjuguée à une percée des exportations.

De fait, les importations reculent à nouveau pour s’établir à 5,3 Mds USD en 2018, contre 10,2 Mds USD en 2017 (-47,8%). Les achats en provenance de plusieurs importants partenaires commerciaux du Turkménistan enregistrent ainsi de fortes baisses. La Turquie demeure le principal fournisseur du Turkménistan, avec 1,3 Mds USD d’importations, malgré un effondrement de -64% par rapport à 2017. Les Emirats Arabes Unis conservent également leur seconde position avec 986 M USD (-33,5%). La Chine se hisse en troisième place malgré une baisse de ses exportations (606 M USD, -19,8%), suivi par la Russie (4ème) avec 307 M USD (-27,7%). Dans ce contexte d’importations sévèrement réduites, l’Allemagne devient le 5ème fournisseur du Turkménistan (8ème en 2017) malgré une baisse de ses exportations (225 M USD, -20,2%). Le pays est présent dans le secteur financier avec la présence de filiales de Deutsche Bank et CommerzBank. Seuls établissements bancaires étrangers installés à Achgabat (avec la National Bank of Pakistan), ils sont des intermédiaires financiers privilégiés dans les relations contractuelles commerciales pour avoir développé des relations privilégiées avec la TVEB (Banque d’Etat en charge des relations économiques extérieures). Viennent ensuite le Japon qui subit une forte contraction de ses exportations (208 M USD, -80,4%), l’Iran (205 M USD, -41,2%), la Grande-Bretagne (167 M USD, -48,5%), les Pays-Bas qui connaissent une hausse notable (109 M USD, +203,3%), et le Kazakhstan (101 M USD, -18,3%).

La France occupait en 2018 le 20ème rang (18ème en 2017) des fournisseurs, avec 39 M USD (-36,2%) selon les données officielles turkmènes. A noter toutefois que les données des douanes françaises enregistrent quant à elles une augmentation de nos exportations de 14,3% à 78 M EUR.

La contraction des importations semble en partie résulter du sévère contrôle des changes mis en place depuis 2015 pour faire face sans doute à l’assèchement des réserves en devise. Ce repli s’inscrit en tout cas dans le cadre de la politique de substitution aux importations décrétée au plus haut niveau de l’Etat et mise en œuvre à tous les niveaux.

2. Percée des exportations, toujours dominées par les hydrocarbures

En 2018, les exportations turkmènes ont atteint 11,7 Mds USD, contre 7,79 Mds USD en 2017, soit une nette hausse de 49,6%, poursuivant la remontée des exportations après l’effondrement de 38% enregistré en 2016 du fait de la chute du cours du pétrole. Composées à 92% d’hydrocarbures et en grande majorité de gaz naturel, les résultats du commerce extérieur turkmène restent entièrement dépendants de l’évolution du cours du brut. En 2018, le commerce extérieur a ainsi bénéficié de la remontée du baril de pétrole.

La Chine absorbe à elle seule 53,9% des exportations turkmènes, pour un montant en valeur de 6,3 Mds USD (+36,6%). Ces exportations correspondent en quasi-totalité à des livraisons de gaz naturel (33,3 Mds m³ en 2018). La Chine ayant largement les infrastructures d’acheminement du gaz, le pays ne paie toutefois pas en devises l’intégralité de ses achats de gaz au Turkménistan et se rembourse sur les livraisons. Beijing demeure de très loin le principal client du pays, principalement du fait de l’interruption des livraisons de gaz naturel à l’Iran et à la Russie.

Enregistrant une percée remarquable (+329,5%), l’Italie occupait le 2ème rang des clients du Turkménistan en 2018, avec 2,5 Mds USD d’importations (soit 21,2% du total). Ces chiffres correspondent presque intégralement à des ventes de produits pétroliers. Le groupe italien ENI qui exploite le champ pétrolier de Nebit Dag a renforcé sa présence en créant une filiale locale et a obtenu les droits d’exploration de deux nouveaux blocs offshore en mer Caspienne. Loin derrière la Chine et l’Italie, l’Afghanistan est le troisième client du pays avec 675 M USD d’importations (5,8% du total), en position stable par rapport à 2017 (+1,3%). L’Afghanistan importe surtout des carburants et combustibles minéraux, ainsi que quelques productions agroalimentaires.

Viennent ensuite la Géorgie (353 M USD, +344,6%), la Turquie (330 M USD, -3,3%), l’Ouzbékistan (228 M USD, +186,9%), les Emirats Arabes Unis (177 M USD, +159,5%), la Russie (134 M USD, -6,1%), Singapour (79 M USD, +19,3%) et Chypre (79 M USD, +840,8%). A noter que la Turquie est le principal acheteur de produits non-pétrolier du Turkménistan (coton et articles textiles principalement). Les exportations vers la Russie devraient quant à elles rebondir en 2019 grâce à la reprise d’achats de gaz naturel agréée par Gazprom cette année.

Les exportations à destination de la France sont marginales, ces dernières se sont élevées en 2018 à 2 M USD (-33,5%), plaçant le pays au 27ème rang (30ème en 2017).

 

* Précaution méthodologique : Au Turkménistan, l’information statistique officielle reste parcellaire et sa qualité est très contestée en dépit d’une amélioration depuis quelques années.

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ANNEXES : GRAPHIQUES

Source : Comité des statistiques du Turkménistan

 

Commerce extérieur du Turkménistan (en Mds USD)

 

Principaux clients du Turkménistan en 2018 (Mds USD)

 

Répartition des biens exportés par le Turkménistan en 2018 (%)

 

Principaux fournisseurs du Turkménistan en 2018 (Mds USD)

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