TIMOR ORIENTAL
Situation économique et financière
2025
Un modèle économique sous tension et dépendant du Fonds pétrolier
L’économie timoraise a progressé de 4,1 % en 2024 (2,02 Md USD) et devrait à nouveau croître de 3,9 % en 2025, selon les estimations du Fonds monétaire international. La croissance s’établirait à 3,4 % en 2026.
Le budget de l’Etat timorais a représenté 87 % du PIB en 2024 (soit 1,7 Md USD) et devrait s’élever à environ 2,13 Md USD en 2025, soit 113 % du PIB non-pétrolier. Le budget de l’Etat repose lui-même sur le Fonds pétrolier (PF). Avec un encours de 18,3 Md USD fin 2024 (939 % du PIB non pétrolier), il constitue la principale source de financement du budget national (80 % entre 2021 et 2024). Or, depuis l’arrêt de la production du champ gazier Bayu Undan en juin 2025, le pays ne perçoit plus de nouveaux revenus d’exploitation et dépend uniquement des rendements financiers du fonds. En continuant de suivre la trajectoire actuelle, le fonds s’épuisera d’ici 2038 selon le FMI (et d’ici 2034 selon les autorités).
L’inflation s’est, quant à elle, nettement modérée en 2024, à 2,1 % en g.a, après avoir atteint 7 % en 2022 et 8,4 % en 2023, ce qui a contribué à préserver partiellement le pouvoir d’achat. Le FMI prévoit une poursuite de cette tendance avec une inflation attendue à 0,9 % en 2025 – son plus bas niveau depuis 2020 – et à 1,8 % en 2026.
Une économie peu diversifiée
Le redressement de la croissance demeure insuffisant pour transformer structurellement l’économie. Ces résultats restent loin de l’objectif de 8 % fixé dans le Plan stratégique de développement 2011-20305, censé permettre au pays d’accéder au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (PRITS).
Il existe un décalage marqué entre la contribution des secteurs à l’économie et leur part dans l’emploi, alors qu’environ 72 % de la population active travaillait dans le secteur informel en 2023. Le secteur public occupe une place importante dans l’emploi (17,8 %) et contribue également significativement à l’économie (13,6 % du PIB). Le secteur de l’extraction pétrolière et minière, bien qu’il ne fournisse que 1 % de l’emploi, génère lui 18,7 % du PIB. Par ailleurs, en 2024, le rebond du secteur des services, notamment du tourisme, a soutenu l’activité : les arrivées touristiques ont bondi de 25 % en un an, stimulant ainsi l’hôtellerie et le commerce de détail, bien que les arrivées restent bien en-dessous des niveaux pré-COVID. L’activité privée demeure cependant limitée, l’investissement productif marginal et les exportations concentrées sur un seul produit, le café.
Un capital humain à développer
Le Timor-Leste souffre de faiblesses persistantes en matière de nutrition (54 % de la population en insécurité alimentaire en 2022), d’éducation et plus largement de développement humain. La malnutrition chronique (la prévalence des retards de croissance -stunting- touche 45 % des enfants de moins de 5 ans en 2024) demeure un facteur majeur de vulnérabilité sociale, tandis que le système éducatif perd près de la moitié de ses élèves entre le primaire et le secondaire. Selon la Banque mondiale, un enfant né aujourd’hui au Timor-Leste ne devrait atteindre qu’environ 45 % de son potentiel de productivité à l’âge adulte, faute de bénéficier d’une éducation complète et d’une santé optimale. Le gouvernement alloue pourtant une part considérable du budget à la protection sociale : 343 M USD en 2025 (16 % du budget). Néanmoins, le système de distribution des aides reste fragmenté, entraînant une lourde charge administrative et un suivi insuffisant de l’efficacité des programmes. Ces défis sont aggravés par la faiblesse des statistiques, plusieurs données comme celles de la pauvreté n’ayant pas été actualisées depuis 2014.
La crise de la COVID-19 a entraîné des pertes d'emploi pour près de 40 % de la population active. Le taux de participation se révèle très faible, autour de 30 %, accentuée par une baisse de la productivité du travail de -2,1 % par an entre 2013 et 2021. Aussi, un grand nombre de jeunes migrent afin de trouver de meilleures opportunités professionnelles (vers l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie ou la Corée du Sud). En 2024, les transferts de fonds de la diaspora représentaient 11 % du PIB (environ 210 M USD) et dépassaient largement les recettes issues des exportations.
L’entrée du Timor-Leste dans l’ASEAN, le 26 octobre 2025, est perçue comme un moteur potentiel de réformes, notamment sur les sujets de marchés publics, concurrence ou fiscalité. Toutefois, les discussions sur les modalités de mise en œuvre, doivent encore être approfondies, de même que les feuilles de route relatives à l’adhésion du pays à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2024.