La situation économique et financière du Tadjikistan

Résumé

Un pays enclavé à l’économie peu diversifiée, fortement dépendant des transferts des migrants. L’économie croît à un rythme moins rapide, sous l’effet de la stagnation de l’économie russe et de la faiblesse de la demande de certaines matières premières exportées par le Tadjikistan. Le déficit budgétaire se creuse tandis que le niveau de la dette publique et l’inflation sont en hausse. Le secteur bancaire n’assure pas suffisamment son rôle de financement de l’économie. Le climat d’investissement nécessite des réformes structurelles.

Un pays enclavé à l’économie peu diversifiée, fortement dépendant des transferts des migrants.

Seul Etat persanophone d’Asie centrale, le Tadjikistan est un pays enclavé peuplé de 8,3 millions d’habitants. Son PIB était de 7 Mds USD en 2016, soit un PIB par habitant de 721 USD. L’indice de développement humain est de 0,62, plaçant le pays au 129ème rang mondial en 2015.

L’économie repose sur les transferts de migrants (40% du PIB en 2016, soit le taux le plus élevé du monde), la production d’aluminium et la culture du coton (environ 14% des exportations en valeur en 2016). Les importations représentent 44% du PIB et le degré d’ouverture de l’économie s’élève à 28% en 2016.

Les IDE entrants annuels représenteraient environ 5% du PIB en 2016 contre 2,9% en 2015 (pour un stock d’IDE de 2,1 Mds USD en 2015). La Chine est le 1er  investisseur étranger au Tadjikistan et totalise plus de 70% des IDE entrants.

Après avoir été durement touché par la guerre civile, le Tadjikistan a renoué avec des taux de croissance positifs en 1997 et opéré un rattrapage rapide sur la période 2003-2008 (taux de croissance annuel moyen de 8,3%). Le pays demeure toutefois fortement dépendant de l’aide internationale, notamment du FMI qui lui a octroyé une Facilité de crédit étendue d’environ 160 M USD sur 2009-2012.

L’économie croît à un rythme moins rapide, sous l’effet de la stagnation de l’économie russe et de la faiblesse de la demande de certaines matières premières exportées par le Tadjikistan.

Après avoir atteint 3% en 2015, la croissance du PIB s’est établie à 6% en 2016 en raison d’une hausse de l’activité dans le secteur de l’industrie (+11,2% à fin octobre 2016) et une hausse de la production agricole (estimée à 4,2% à fin octobre 2016). Par ailleurs, les prévisions de croissance du PIB ne dépassent pas 4,5% en 2017, notamment en raison de la part décroissante des transferts de migrants dans le PIB.

Les transferts de migrants, qui proviennent de la Russie à plus de 90%, représentent près de la moitié du PIB (40% en 2016 contre 47% en 2014) et ont atteint 1,9 Md USD en 2016 (contre 1,3 Md USD en 2015).

Structurellement déséquilibré, le commerce extérieur est dépendant du cours de quelques matières premières (l’aluminium, l’or et le coton). En 2016, la diminution des importations (-12%, s’établissant ainsi à 3 Mds USD) et la hausse des exportations (+1%, s’établissant ainsi à 0,9 Md USD) ont permis de réduire le déficit commercial de 14,8% en g.a..

Le déficit budgétaire se creuse tandis que le niveau de la dette publique et l’inflation sont en hausse.

Traditionnellement financé par les concours des institutions financières internationales, le déficit budgétaire s’est élevé à 4% du PIB en 2016 selon le FMI. Principalement composée de dettes concessionnelles des institutions financières internationales et de prêts chinois, la dette publique s’est accrue à 36% du PIB à fin juin 2016 (contre 28% en 2015) sous l’effet de la dépréciation du somoni et du programme d’investissements publics (Casa1000, amélioration des capacités des centrales hydroélectriques existantes, installation de lignes électriques, gestion de l’eau).

Fin 2016, l’inflation s’est établie à 6,1% en g.a. contre 5,2% en g.a. en 2015. La hausse de l’inflation s’explique principalement par un renchérissement des biens importés en lien avec la dépréciation du somoni tadjik.

Sous l’effet de l’interdiction de retirer les transferts de migrants en roubles, la Banque centrale (NBT) reconstitue ses réserves de change qui, après avoir chuté à environ 400 M USD en 2014 (un mois d’importations), se sont rapprochées de 500 M USD à fin 2015, et ont atteint 682 M USD en janvier 2017 (2,7 mois d’importations). Dans un contexte où les devises d’importants partenaires commerciaux du Tadjikistan s’étaient fortement dépréciées, la NBT a laissé le somoni se déprécier légèrement, de 10% par rapport au dollar sur 2016.

Le secteur bancaire n’assure pas suffisamment son rôle de financement de l’économie.

Le secteur bancaire est morcelé (18 banques) et ne joue pas suffisamment son rôle de financement de l’économie. Le ratio de pénétration bancaire demeure très faible : tout en étant en augmentation de plus de 14% en 2016, les actifs bancaires représentent à fin 2016 près de 40% du PIB et les prêts 18% du PIB. Le niveau de dollarisation est élevé (62,5% des dépôts à fin 2016).

Les activités de microfinance ont connu un développement rapide jusqu’en 2015, notamment dans les zones rurales où la demande privée n’est que partiellement satisfaite par les banques : les microcrédits représentaient 4,1% du PIB fin 2015, contre 1,7% cinq ans auparavant. Le secteur a enregistré un recul depuis le début 2016 et ne représentait plus que 3,2% du PIB en octobre 2016.

Le climat d’investissement nécessite des réformes structurelles.

Le Tadjikistan doit relever un certain nombre de défis pour assurer son développement à long terme : diversifier son économie, développer ses infrastructures énergétiques, améliorer sa connectivité avec les pays voisins pour réduire son enclavement. En 2016, l’Indice de performance logistique place le Tadjikistan au 153ème rang sur 160.

Le Tadjikistan est classé à la 128ème place de l’étude Doing Business 2017 de la Banque mondiale (sur 189 pays) et à la 151ème place dans l’Indice de perception de la corruption de Transparency international.

 

Clause de non-responsabilité - Le service économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication.

 

 

Publié le