Indicateurs et conjoncture

Pays de 69 millions d’habitants, la Thaïlande est dirigée depuis le coup d’Etat de 2014 par le général Prayuth Chan O’cha. L’année 2017 a été celle du deuil national décrété après le décès du roi Rama IX, le 13 octobre 2016. 2019 devrait sans doute être l'année de la normalisation politique et de la tenue des élections législatives à l’issue d’une longue transition.

La croissance économique de la Thaïlande qui est la deuxième économie d’Asie du Sud-Est se rapproche aujourd’hui (+3,9% en 2017) de son potentiel estimé à 4.5% par an après trois années consécutives de sous performances.

Le pays bénéficie de fondamentaux solides. Son économie manufacturière (le secteur secondaire représente 30% du PIB) est tournée vers l’exportation (58% du PIB provient des exportations). La Thaïlande est la 26ème  économie mondiale, juste derrière la Belgique. Son PIB de 433 milliards USD est plus de deux fois celui du Viet Nam ou du Portugal. Son taux d’endettement public est de 42,1% du PIB et ses réserves de change sont importantes (plus de 200 milliards USD soit 11 à 12 mois d’importations). L’excédent du compte courant (11% du PIB) est un des plus élevés de la planète. Ce déséquilibre témoigne des forces et faiblesses de l’économie thaïlandaise : une bonne insertion dans les chaînes de valeur avec une base industrielle à portée régionale, de grandes entreprises solides et internationalisées, une attractivité touristique constante mais aussi la persistance d’une pauvreté rurale. La Thaïlande est passée du 46ème rang en 2016 au 26ème rang en 2017 au classement « Doing Business» de la Banque Mondiale, elle compte encore progresser pour retrouver son rang de 10ième acquis en 2010.

Les défis que la Thaïlande doit relever dans les prochaines années sont multiples : le pays fait face à un vieillissement démographique rapide (baisse de la population active depuis deux ans) et à des évolutions politiques régionales (décloisonnement de l’Indochine et montée en puissance politique et économique de la Chine). Il doit s'orienter vers une croissance plus durable avec un rééquilibrage vers la consommation intérieure (ce qui passe par une dynamique salariale) et une rénovation de son système éducatif. Ce qui est en jeu, c’est la compétitivité du pays et sa sortie d’une économie « low cost ». Avec un revenu annuel de 6600 USD par habitant, la Thaïlande doit donner un nouveau souffle à son économie si elle veut sortir de son statut d’économie intermédiaire supérieure et devenir en 15 ans une économie développée.

L’avenir économique du pays se construit actuellement de deux manières: d’une part avec un ambitieux plan d'investissements en d’infrastructures de transport visant à irriguer le pays et à mieux le connecter à ses voisins et d’autre part avec une stratégie de modernisation économique "Thailand 4.0" tournée vers l'avenir et fondée sur l’innovation. C’est réussissant la transformation de son appareil productif (y compris agricole) que la Thaïlande s’engagera dans la voie d’une économie plus compétitive et mieux redistributive. Elle s’appuiera sans doute pour cela sur un partenariat-pays avec l’OCDE signée début 2018 qui visera notamment à l'aider à moderniser son environnement légal et règlementaire.

C’est aussi une logique de modernisation  et de progression qui sous-tend le projet d’aménagement de l’Eastern Economic Corridor (trois provinces du sud-est de Bangkok) dont le développement est en partie lié à la capacité du pays à attirer des investissements directs étrangers dans les secteurs d’avenir.

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