Indicateurs et conjoncture

Situé au cœur de l’Afrique centrale, le Tchad s’étend sur une superficie de 1,3 million de km2 pour une population estimée à 14,5 millions d’habitants. Il est dirigé depuis 1990 par Idriss Deby Itno, qui a été réélu Président de la République pour la cinquième fois en avril 2016.

Avec un PIB estimé à 8,8 Mds EUR (5 747 Mds FCFA) en 2017, le Tchad est la troisième économie de la CEMAC (12,4 % du PIB total). L’économie tchadienne est largement dépendante de la production de pétrole qui a débuté en 2003 et a permis au pays de connaître une période de croissance rapide jusqu’en 2014 (taux de croissance annuel moyen de 13,7 %). L’agriculture (coton, céréales, gomme arabique, élevage, etc.), le secteur industriel (cimenterie, raffinerie, brasserie, etc.) et les services (banques, commerces, télécommunications, etc.) représentent respectivement 50 %, 15 % et 35 % du PIB.

Le Tchad subit depuis plusieurs années un double choc exogène : la baisse des cours du pétrole et les problèmes sécuritaires dans les pays voisins. L’effondrement du secteur pétrolier a précipité le pays dans la crise. La récession s’est poursuivie en 2017 (-3,1 %) après une contraction de 6,4 % en 2016. Les effets de l’enclavement du pays sont accentués par les agissements de la secte Boko Haram au Nigéria et dans le Nord du Cameroun. L’engagement des forces tchadiennes dans de nombreuses opérations de lutte contre le terrorisme fait par ailleurs peser de lourdes charges sur le budget de l’État.

Malgré les allègements de dette accordés, l’endettement public a bondi au cours des dernières années en raison principalement du prêt contracté auprès de Glencore pour financer le rachat par l’État des parts de l’américain Chevron dans le principal consortium de production pétrolière.

Le FMI et le Tchad ont conclu le 30 juin 2017 un  nouvel accord sur un programme d’aide triennal d’un montant de 224,32 M DTS (160 % du quota) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Des économies budgétaires importantes sont réalisées, au prix de tensions sociales. Le rééchelonnement du prêt Glencore, condition de la poursuite du programme FMI, a été conclu le 21 février 2018. La renégociation du prêt Glencore a permis le décaissement en avril 2018 de 51 M USD par le FMI, ce qui a porté le total de ses décaissements à près de 100 M USD.

Le total des investissements directs français au Tchad a été évalué par la Banque de France à 128 M EUR en 2016, en progression de 7,6 % sur un an. On dénombre une vingtaine d’implantations françaises dans les secteurs de l’agroalimentaire, du BTP, du commerce, de la distribution de produits pétroliers, de la banque ou encore de la logistique, auxquelles viennent s’ajouter quelques entreprises locales appartenant à des nationaux français, essentiellement dans la restauration, les services et le BTP.

Les échanges commerciaux entre la France et le Tchad sont en recul. Entre 2015 et 2017, les exportations françaises se sont réduites de 33,6 % à 87 M EUR. Les premiers postes sont en 2017 les produits des IAA (18,4 %), suivis des machines agricoles et industrielles (13,7 %) et des produits informatiques et électroniques (12 %). Les importations françaises largement constituées d’achats d’hydrocarbures, sont très volatiles.

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