Indicateurs et conjoncture

Situation politique

Situé au cœur du continent africain, le Tchad s’étend sur une superficie de 1,3 million de km2 pour une population estimée à 15,9 millions d’habitants. Il est dirigé depuis 1990 par Idriss Deby Itno, qui a été réélu Président de la République pour la cinquième fois en avril 2016. Les élections législatives, qui devaient initialement se tenir en 2015, n’ont toujours pas eu lieu et la Ceni a annoncé que le scrutin prévu le 13 décembre 2020 serait à nouveau reporté à fin 2021. Les élections présidentielles devraient en revanche bien se tenir en avril 2021.

La dégradation des conditions sécuritaires dans les pays voisins depuis le début des années 2010 pèse sur l’activité économique. Les agissements de la secte Boko Haram au Nigéria et dans le Nord du Cameroun ont en effet accentué les effets négatifs de l’enclavement du pays et l’engagement des forces tchadiennes dans de nombreuses opérations de lutte contre le terrorisme fait peser de lourdes charges sur le budget de l’État, au détriment des dépenses sociales et de l’investissement public dans les infrastructures et la diversification de l’économie. Le Tchad doit également composer avec l’insécurité dans les régions frontalières avec la Centrafrique et avec la Libye.

 

Situation économique

Avec un PIB estimé à 6 406 Mds FCFA (soit 9,8 Mds EUR) en 2019, le Tchad est la cinquième économie de la CEMAC (12 % du PIB total) derrière le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo. L’économie tchadienne est largement dépendante de la production de pétrole (20 % du PIB et plus de 80 % des exportations de biens en 2019) qui a débuté en 2003 et a permis au pays de connaître une période de croissance rapide jusqu’en 2014 (taux de croissance annuel moyen de 13,7 %).

Au cours des dernières années, l’économie tchadienne a subi un double choc exogène : la montée de l’insécurité dans les pays voisins et la crise des matières premières en 2014. Après deux années de forte récession en 2016 et 2017 (respectivement -5,6 % et -2,4 %), le Tchad a renoué avec une croissance positive à partir de 2018 (+2,3 %) grâce à la remontée des cours et à un rebond de la production plus fort qu’attendu. L’activité pétrolière devrait rester dynamique à moyen terme grâce à la mise en exploitation progressive de nouveaux gisements et de nouvelles techniques extractives. Malgré l’impact de la crise sanitaire sur l’activité économique mondiale et sur les prix du pétrole, l’économie tchadienne devrait mieux résister (-0,8 % en 2020) que l’Afrique subsaharienne dans son ensemble (-3,2 %). Un rebond de la croissance à 6,2 % est attendu en 2021 sous l’effet d’une progression du secteur pétrolier de près de 20 %.

 

Croissance du PIB (prix constants)

Croissance du PIB

Source : FMI

 

Le secteur agricole, dont principalement la culture de céréales, l’élevage et la collecte de gomme arabique, représente 43 % de l’économie tchadienne. Le développement de ces activités, très vulnérables à l’aléa climatique, reste également tributaire de l’amélioration des conditions sécuritaires. Le secteur cotonnier connaît une embellie depuis la reprise, en 2018, de l’entreprise publique CotonTchad par le groupe Olam. La production a atteint 173 000 tonnes en 2019 soit un niveau proche des records enregistrés dans les années 1980. L’industrie manufacturière occupe une place marginale et repose essentiellement sur la production de bière et boissons gazeuses, la production de sucre, et l’égrenage du coton. Après une cimenterie chinoise, une cimenterie, financée sur capitaux marocains, a été mise en exploitation début 2019. Le secteur tertiaire (banques, commerce, télécommunications) représentent environ 40 % du PIB. L’amélioration du climat des affaires, qui s’est sensiblement dégradé depuis le déclenchement de la crise des matières premières, constitue un autre préalable à la redynamisation de l’activité économique.

Malgré les allègements de dette accordés avec l’atteinte en 2015 du point d’achèvement de l’initiative PPTE, l’endettement public a bondi au cours des dernières années, passant de 30,5 % à 51,5 % du PIB entre 2013 et 2016 en raison principalement du prêt contracté auprès de Glencore pour financer le rachat par l’État des parts de l’américain Chevron dans le principal consortium de production pétrolière.

 

Relations avec la communauté financière internationale

Le FMI, qui avait déjà un programme en cours dans le pays, a conclu le 30 juin 2017 un nouvel accord avec le Tchad pour la mise en œuvre d’un programme d’aide triennal d’un montant de 224,32 M DTS (160 % du quota) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC). Une condition fondamentale de la poursuite du programme était le rééchelonnement de la dette contractée auprès de Glencore, réalisé en juin 2018. Des économies budgétaires importantes ont été réalisées, notamment sur la masse salariale, au prix de tensions sociales. La mise en œuvre des réformes structurelles convenues est engagée mais certaines d’entre elles accusent des retards importants, notamment des mesures quant à l’amélioration de la position extérieure.

Afin de permettre au Tchad de bénéficier de financements d’urgence dans le contexte de la crise sanitaire, la sixième et dernière revue n’a pas été menée et le programme a été annulé. Des négociations pour la conclusion, d’ici la fin de l’année, d’un nouveau programme triennal doivent s’engager. Entretemps, le Tchad a pu bénéficier de deux tranches d’aide d’urgence, appuyées par la Facilité de crédit rapide (FCR), pour un montant total de 133,2 M DTS (soit environ 160 M EUR), du moratoire sur la dette extérieure bilatérale proposé par les pays du G20 et du Club de Paris, ainsi que sur des aides budgétaires ou aides directes pour renforcer le système sanitaire de la part des partenaires techniques et financiers (principalement la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne, la France, etc.).

 

Présence économique française

Le total des investissements directs français au Tchad a été évalué par la Banque de France à 111 M EUR en 2019, en hausse de 4,7 % sur un an. On dénombre une vingtaine d’implantations françaises dans les secteurs de l’agroalimentaire, du BTP, du commerce, de la distribution de produits pétroliers, de la banque ou encore de la logistique, auxquelles viennent s’ajouter quelques entreprises locales appartenant à des ressortissants français, essentiellement dans la restauration, les services et le BTP.

Les exportations françaises vers le Tchad affichent une hausse de 11,2 % à 85,9 M EUR en 2019 après trois années consécutives de baisse. Les importations françaises progressent de 53,8 % à 73,1 M EUR, stimulées essentiellement par les achats d’hydrocarbures (+63,8 % sur un an à 63,9 M EUR). Notre excédent commercial se contracte de 43 % et s’établit à 12,8 M EUR. Au vu de la fluctuation importante de nos achats de produits pétroliers et du faible montant de nos échanges commerciaux, la variabilité annuelle élevée de ces chiffres ne traduit pas pour autant des tendances de fond.

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