Commerce extérieur de Sao Tomé & Principe - point sur les échanges commerciaux avec la France

Outre le tourisme dans le secteur des services, l’économie santoméenne est dominée par l’agriculture et la pêche qui restent des secteurs globalement peu performants, car peu professionnalisés. Le revenu national repose essentiellement sur les recettes d’exportation du cacao, et, dans une moindre mesure, du café. Largement dépendant des financements extérieurs, le pays bénéficie actuellement d’une  « Facilité Elargie de Crédit du FMI ». En 2018, la croissance s’est affaiblie, à 3%, trop peu inclusive pour améliorer les perspectives économiques. La balance commerciale de Sao Tome et Principe est structurellement déficitaire. Les investissements français, limités, se sont néanmoins développés ces deux dernières années. Le solde commercial de la France est légèrement excédentaire avec ce petit pays (63 000 €).

Le commerce extérieur de Sao Tomé & Principe : une balance commerciale structurellement déficitaire

Selon les statistiques fournies par la Banque Centrale, les exportations totales de Sao Tomé et Principe se sont élevées à 9,2 MUSD en 2018. En légère baisse par rapport à 2017 (-1%), elles sont composées essentiellement de cacao (90% du total, en augmentation). Les Pays Bas (51%), la Belgique (24%) et la France (6%) occupent historiquement le peloton de tête de destination des exportations.

Tableau 1 - Clients et fournisseurs

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Le Portugal, ancienne présence coloniale de l’archipel jusqu’en 1975, assure 53% des importations du pays qui ont atteint 132,8 MUSD en 2018, en hausse de 4% par rapport à l’année précédente, portées par l’augmentation des achats de carburants (+21%), deuxième plus gros poste d’importation derrière les biens de consommation. Les défaillances de la production d’énergie ont en effet obligé les entreprises et les particuliers qui le peuvent à augmenter leur consommation de carburant pour les groupes électrogènes privés. L’Angola représente 26% des achats à l’extérieur de Sao-Tomé et Principe, suivie de la Chine dont les ventes ont augmenté de 20% en un an (7,2MUSD). Le solde de la balance commerciale de Sao Tomé & Principe reste déficitaire, en augmentation de +4,45%.

Tableau 2 –Evolution du commerce extérieur

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Les échanges commerciaux avec la France

Le solde de la balance commerciale de la France avec Sao Tomé & Principe, redevenu excédentaire en 2016, se rétracte fortement, passant de 2,27M€ en 2017, à 63 000€ en 2018, du fait notamment d’une chute de nos livraisons d’équipements de communication, qui étaient tout à fait exceptionnelles en 2017.

Les exportations françaises à Sao Tomé & Principe

D’un montant, en valeur, peu élevé, les exportations françaises vers Sao Tomé & Principe ont connu une baisse significative en 2018, à 1,8 M€ (-42% par rapport à 2017), liée à la baisse de nos ventes d’équipements de communication qui étaient ponctuelles en 2017. Nos exportations de viandes et volailles ont également fortement diminué mais elles sont compensées dans le secteur agroalimentaires par nos ventes de produits laitiers et formages, premier poste d’exportation (50% du total).

Tableau 3 – Principaux postes d’exportations de la France

Principales exportations françaises  vers STP (x1000€)

2017

2018

Total

3 206

1 844

Produits laitiers et fromages

411

919

Câbles de fibre optique

287

296

Caco, chocolat, confiserie

18

112

vêtements

100

91

Viandes et volailles

296

90

Equipements de communication

909

8

Les importations françaises de Sao Tomé & Principe

Les importations françaises demeurent également relativement peu élevées, constituées pour l’essentiel de produits agricoles et sylvicoles. Elles sont néanmoins en hausse de 91% (1,7M€) portées par les ventes de cacao, chocolat et poivre vers l’hexagone.

Tableau 4 – Importations françaises

Principales importations françaises en provenance de STP (x1000€)

2017

2018

Total

932

1 781

Plantes à boissons

806

998

Cacao, chocolat et produits de confiserie

6

276

Plantes à épices, aromatiques, médicinales et pharmaceutiques

75

316

Les investissements français : des investissements limités

Les investissements français se résument à quelques opérations privées dans les secteurs des services, du tourisme (petits hôtels et restaurants) et de l’agriculture (filière cacao et plus récemment huile de coco). La société Kennyson (intérêts français et camerounais, 200 employés) a ainsi racheté en 2013 la roça Diogo Vaz au nord du pays, qu’elle a entièrement réhabilité, afin d’exploiter ses 420 ha de plantations (dont 200 de cacao). Avec un investissement total de 4 M€, l’entreprise s’est lancée dans la transformation locale du cacao en investissant dans une chocolaterie (capacité de production de 200 tonnes par an), qui a débuté ses activités en mars 2018 et elle expérimente d’autres cultures (vanille, poivre etc.). Le groupe immobilier français Duval a quant à lui investi dans une nouvelle société, Valudo, dirigée par un français. L’usine, inaugurée fin 2017, produit de l’huile de coco certifiée bio et commerce équitable pour l’industrie cosmétique et la vente au détail, ainsi que de la farine de coco et de l’aliment pour bétail tiré des résidus de coco, vendus localement.

La compagnie Total revient sur l’archipel avec la signature d’un accord de partage de production (d’une durée de 28 ans, dont 8 ans consacrés à l’exploration) avec la société angolaise Sonangol début 2019, pour l’exploration dans le bloc 1 de la zone économique exclusive de Sao Tomé & Principe. Les cocontractants se sont engagés à financer des projets sociaux dans le pays pour 1 million de dollars sur quatre ans. Dans le même temps, Total a signé un contrat de partage de production pour l’exploration sur trois blocs situés dans la zone conjointe STP-Nigeria. La société française sera la première à réaliser des études sismiques 3D dans cette zone.

 

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