Commerce extérieur de Sao Tomé & Principe - point sur les échanges commerciaux avec la France - 2019

Outre le tourisme dans le secteur des services, l’économie santoméenne est dominée par l’agriculture et la pêche qui restent des secteurs globalement peu performants, car peu professionnalisés. Le revenu national repose essentiellement sur les recettes d’exportation du cacao, et, dans une moindre mesure, du café. Largement dépendant des financements extérieurs, le pays a bénéficié de deux programmes FMI depuis 2012 et un nouveau programme au titre de la « Facilité Elargie de Crédit du FMI »  a été approuvé en octobre 2019, pour 18,2MUSD sur trois ans. Depuis 2018, la croissance s’est affaiblie, à 1,3% en 2019, trop peu inclusive pour améliorer les perspectives économiques. La crise du COVID sur l’archipel pourrait avoir pour conséquence une forte contraction économique (prévision de -6,5% en 2020), en raison de la chute du tourisme, de l’annulation des projets sur financements extérieurs, et des perturbations de l’approvisionnement interne.

La balance commerciale de Sao Tome et Principe est structurellement déficitaire. Les investissements français, limités, se sont néanmoins développés ces trois dernières années. Le solde commercial de la France avec ce petit pays est déficitaire en 2019 à – 17 000€.

Le commerce extérieur de Sao Tomé & Principe : une balance commerciale structurellement déficitaire

Selon les statistiques fournies par la Banque Centrale, les exportations totales de Sao Tomé et Principe se sont élevées à 9,7 MUSD en 2019. En baisse par rapport à la même période en 2018 (-21%), elles sont composées essentiellement de cacao (plus de 70% du total) malgré une diversification des exportations (augmentation des exportations d’huile de coco et d’huile de palme), liée à la mise en production depuis début 2018 de l’usine de production d’huile de coco « Valudo » et de l’arrivée à maturité des plantations d’huile de palme d’Agripalma.

La Belgique (34%), les Pays-Bas (34%) et le Portugal (12%) occupent historiquement le peloton de tête de destination des exportations. Le Portugal, ancienne présence coloniale de l’archipel jusqu’en 1975, assure 48% des importations du pays qui ont atteint 126 MUSD en 2019, en légère  baisse (-4%) par rapport à l’année précédente, en raison principalement d’une baisse des achats de biens d’équipements de – 30%.

Cette baisse a été amoindrie par la hausse de 2,5% des produits alimentaires (20% du total des importations) et du carburant qui représente désormais un tiers des importations du pays. Les défaillances de la production d’énergie ont en effet obligé les entreprises et les particuliers qui le peuvent à augmenter leur consommation de carburant pour les groupes électrogènes privés.

L’Angola représente 22% des achats à l’extérieur de Sao-Tomé et Principe, suivie de la Chine (5,7% de parts de marché) dont les ventes stagnent après de fortes augmentations ces dernières années.

Le solde de la balance commerciale de Sao Tomé & Principe reste déficitaire, à -116 MUSD.

Les échanges commerciaux avec la France

Le solde de la balance commerciale de la France avec Sao Tomé & Principe, redevenu excédentaire en 2016, s’était fortement rétracté, passant de 2,27M€ en 2017, à 63 000€ en 2018, du fait notamment d’une chute de nos livraisons d’équipements de communication, qui étaient tout à fait exceptionnelles en 2017. En 2019, la tendance s’est poursuivie jusqu’à ce que la balance commerciale redevienne déficitaire, à – 17 000 €.

Les exportations françaises à Sao Tomé & Principe

D’un montant, en valeur, peu élevé (2,39 M€), les exportations françaises vers Sao Tomé & Principe ont repris une tendance haussière  en 2019 (+29%), en raison d’une augmentation significative de nos ventes  de viandes de volailles  qui représentent 17% de nos exportations, ainsi qu’une reprise de nos ventes d’équipements de communication, liée à des contrats ponctuels. Nos exportations de produits laitiers ont par contre fortement diminué (-15%) alors qu’elles représentent 32% de nos ventes. A 1M€ pour les 5 premiers mois de 2020, nos exportations sont en hausse (+41%) par rapport à la même période en 2019, augmentation liée notamment à nos livraisons d’équipements de communication.

Les importations françaises de Sao Tomé & Principe

Les importations françaises demeurent également peu élevées, constituées pour l’essentiel de produits agricoles et sylvicoles. Elles sont néanmoins en hausse constante,  de 33% (2,3M€) en 2019, portées par les ventes de café et cacao (+70%, près de 90% du total). Nos importations en provenance de Sao Tomé & Principe ont par contre baissé de -9% au cours de 5 premiers mois de 2020, comparativement à la même période l’année précédente, en raison de la forte baisse de nos achats de cacao et poivre. 

Les investissements français : des investissements limités

Les investissements français se résument à quelques opérations privées dans les secteurs des services, du tourisme (hôtels et restaurants) et de l’agriculture (filière cacao et plus récemment huile de coco). La société Kennyson (intérêts français et camerounais) a ainsi investi 4M€ dans une ancienne roça, afin d’exploiter ses 420 ha de plantations (dont 200 de cacao). L’entreprise s’est lancée dans la transformation locale du cacao en investissant dans une chocolaterie (capacité de production de 200 tonnes par an), qui a débuté ses activités en mars 2018 ; elle expérimente également d’autres cultures (vanille, poivre).

Le groupe immobilier français Duval a quant à lui investi dans l’huile de coco avec la création de la société Valudo. L’usine, inaugurée fin 2017, produit de l’huile de coco certifiée bio et commerce équitable pour l’industrie cosmétique et la vente au détail, ainsi que de la farine de coco et de l’aliment pour bétail tiré des résidus de coco.

La compagnie Total est revenue sur l’archipel avec la signature d’un accord de partage de production (d’une durée de 28 ans, dont 8 ans consacrés à l’exploration) avec la société angolaise Sonangol début 2019, pour l’exploration dans le bloc 1 de la zone économique exclusive de Sao Tomé & Principe. Les cocontractants se sont engagés à financer des projets sociaux dans le pays pour 1 million de dollars sur quatre ans. Dans le même temps, Total a signé un contrat de partage de production pour l’exploration sur trois blocs situés dans la zone conjointe STP-Nigeria.

 

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