Commerce extérieur de Sao Tomé & Principe - point sur les échanges commerciaux avec la France

Outre le tourisme dans le secteur des services, l’économie santoméenne est dominée par l’agriculture et la pêche qui restent des secteurs globalement peu performants, car peu professionnalisés. Le revenu national repose essentiellement sur les recettes d’exportation du cacao, et, dans une moindre mesure, du café. Largement dépendant des financements extérieurs, le pays a bénéficié de deux programmes FMI depuis 2012 et un nouveau programme au titre de la « Facilité Elargie de Crédit du FMI » est en cours d’examen.

En 2018, la croissance s’est affaiblie, à 3%, trop peu inclusive pour améliorer les perspectives économiques. La balance commerciale de Sao Tome et Principe est structurellement déficitaire. Les investissements français, limités, se sont néanmoins développés ces deux dernières années. Le solde commercial de la France est devenu déficitaire au premier semestre 2019 avec ce petit pays (-84 589 €).

Le commerce extérieur de Sao Tomé & Principe : une balance commerciale structurellement déficitaire

Selon les statistiques fournies par la Banque Centrale, les exportations totales de Sao Tomé et Principe se sont élevées à 2,5 MUSD au premier semestre 2019. En légère baisse par rapport à la même période en 2018 (-3%), elles sont composées essentiellement de cacao (près de 50% du total) mais la proportion tend à baisser au cours des mois, en raison d’une diversification des exportations (augmentation des exportations d’huile de coco et de chocolat au cours du semestre concerné), liée à la mise en production depuis début 2018 de la fabrique de chocolat Kennyson et de l’usine de production d’huile de coco « Valudo ».

Tableau 1 - Clients et fournisseurs

Principaux clientsPrincipaux fournisseurs

La Belgique (34%), les Pays-Bas (26%) et le Portugal (25%) occupent historiquement le peloton de tête de destination des exportations.

Le Portugal, ancienne présence coloniale de l’archipel jusqu’en 1975, assure 50% des importations du pays qui ont atteint 32,9 MUSD au premier semestre 2019, en recul de 3% par rapport à la même période l’année précédente, plombées par la baisse de -32% des achats de biens d’équipements. Cette baisse a été amoindrie par la hausse de 3% des produits alimentaires (20% du total des importations) et du gasoil qui représente désormais également 20% des importations du pays (augmentation de +10% au premier semestre 2019). Les défaillances de la production d’énergie ont en effet obligé les entreprises et les particuliers qui le peuvent à augmenter leur consommation de carburant pour les groupes électrogènes privés.

L’Angola représente 28% des achats à l’extérieur de Sao-Tomé et Principe, suivie de la Chine dont les ventes continuent d’augmenter (+20% en 2018, + 57% au premier semestre 2019, à 2,3MUSD). Le solde de la balance commerciale de Sao Tomé & Principe reste déficitaire, à -30,3MUSD.

Tableau 2 –Evolution du commerce extérieur

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Les échanges commerciaux avec la France

Le solde de la balance commerciale de la France avec Sao Tomé & Principe, redevenu excédentaire en 2016, s’est fortement rétracté, passant de 2,27M€ en 2017, à 63 000€ en 2018, du fait notamment d’une chute de nos livraisons d’équipements de communication, qui étaient tout à fait exceptionnelles en 2017. Au premier semestre 2019, la tendance s’est poursuivie jusqu’à ce que la balance commerciale devienne déficitaire, à – 84 589 €.

Les exportations françaises à Sao Tomé & Principe

D’un montant, en valeur, peu élevé, les exportations françaises vers Sao Tomé & Principe continue leur baisse au premier semestre (7 mois) 2019 (-42% pour l’année 2018 par rapport à 2017 et -3,1% au cours des 7 premiers mois en 2019), liée à la baisse de nos ventes d’équipements électriques, de produits métallurgiques et de divers produits manufacturés.

Nos exportations de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture ont également fortement diminué mais elles sont compensées dans le secteur agroalimentaire par nos ventes de produits des industries agroalimentaires (+25%), qui représentent plus de 70% du total. 

Les importations françaises de Sao Tomé & Principe

Les importations françaises demeurent également relativement peu élevées, constituées pour l’essentiel de produits agricoles et sylvicoles. Elles sont néanmoins en hausse constante,  de 91% (1,7M€) en 2018, et de 25% pour les 7 premiers mois 2019 (1,2M€) portées par les ventes de cacao et poivre vers l’hexagone (+30,7%, près de 90% du total). Signe du développement de l’industrie agroalimentaire de l’archipel, à son échelle, nos achats de produits transformés  (chocolat et huile de coco) sont passés de 1 452 euros au cours des 7 premiers mois 2018, à 117 764 euros pour la même période en 2019.

Les investissements français : des investissements limités

Les investissements français se résument à quelques opérations privées dans les secteurs des services, du tourisme (petits hôtels et restaurants) et de l’agriculture (filière cacao et plus récemment huile de coco). La société Kennyson (intérêts français et camerounais, 200 employés) a ainsi racheté en 2013 la roça Diogo Vaz au nord du pays, qu’elle a entièrement réhabilité (investissement de 4 M€), afin d’exploiter ses 420 ha de plantations (dont 200 de cacao). L’entreprise s’est lancée dans la transformation locale du cacao en investissant dans une chocolaterie (capacité de production de 200 tonnes par an), qui a débuté ses activités en mars 2018 ; elle expérimente désormais d’autres cultures (vanille, poivre).

Le groupe immobilier français Duval a quant à lui investi dans une nouvelle société, Valudo, dirigée par un français. L’usine, inaugurée fin 2017, produit de l’huile de coco certifiée bio et commerce équitable pour l’industrie cosmétique et la vente au détail, ainsi que de la farine de coco et de l’aliment pour bétail tiré des résidus de coco, vendus localement.

La compagnie Total revient sur l’archipel avec la signature d’un accord de partage de production (d’une durée de 28 ans, dont 8 ans consacrés à l’exploration) avec la société angolaise Sonangol début 2019, pour l’exploration dans le bloc 1 de la zone économique exclusive de Sao Tomé & Principe. Les cocontractants se sont engagés à financer des projets sociaux dans le pays pour 1 million de dollars sur quatre ans. Dans le même temps, Total a signé un contrat de partage de production pour l’exploration sur trois blocs situés dans la zone conjointe STP-Nigeria. La société française sera la première à réaliser des études sismiques 3D dans cette zone.

 

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