SOMALIE
Situation économique et financière
Élements structurels de l'économie
Le développement économique de la Somalie reste freiné par près de trois décennies d’instabilité sécuritaire. En 2025, le PIB s’élève à 13 Md USD, soit 763,8 USD par habitant, un niveau bien inférieur à la moyenne subsaharienne (1940 USD). L’économie repose largement sur l’agriculture (60 % du PIB), en particulier l’élevage, et est très vulnérable aux chocs climatiques. Entre 2020 et 2025, la croissance réelle n’a atteint en moyenne que +2,5 % par an, atteignant son plus haut niveau en 2023 (4,2 %) avant de baisser à 4.1% et à 3.0 % en 2024 et 2025. Selon le FMI, la croissance devrait encore baisser en 2026 (2,6 %). Ce rythme reste insuffisant pour répondre aux besoins d’une population en forte croissance (+3,4 %/an) et confrontée à un taux de pauvreté élevé (54 % au niveau national, jusqu’à 78 % chez les nomades). La forte inactivité et le chômage limitent l’impact de la croissance sur la réduction de la pauvreté.
Des avancées ont été enregistrées dans la consolidation institutionnelle, mais la transition vers une économie plus résiliente reste fragile, du fait de l’exposition continue aux chocs. Après la sortie du pays de l’Initiative PPTE fin 2023, le maintien de la stabilité macroéconomique, la mobilisation des recettes, une meilleure gestion des finances publiques sont désormais essentiels. À moyen terme, la Somalie continuera de dépendre d’un appui extérieur conséquent, sous forme de financements concessionnels, pour soutenir son développement et renforcer sa résilience.
Conjoncture et finances publiques
L'économie somalienne poursuit son redressement, mais reste confrontée à un environnement particulièrement fragile. Après plusieurs années de reprise, la croissance a ralenti à +3,0 % en 2025 (après +4,1 % en 2024), sous l'effet de la baisse de l'aide internationale, de conditions climatiques défavorables et du ralentissement de la production agricole. Les transferts de la diaspora continuent toutefois de soutenir la consommation des ménages. Après avoir fortement diminué en moyenne annuelle (+3,7 % en 2025), l'inflation est repartie à la hausse début 2026 sous l'effet des mauvaises récoltes et des répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les prix des carburants, des produits alimentaires et du fret. Les perspectives demeurent modestes (+2,8 % en 2026 selon la Banque mondiale), dans un contexte marqué par une forte dépendance à l'aide extérieure, une insécurité persistante et une exposition élevée aux chocs climatiques.
La dette publique est désormais soutenable, mais les finances publiques restent très contraintes. Depuis l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE en décembre 2023, le FMI classe la Somalie en risque modéré de surendettement. La dette publique est tombée à 8,9 % du PIB fin 2025, mais les recettes fiscales demeurent extrêmement faibles (3,2 % du PIB) et les dons extérieurs financent encore près de 60 % du budget, limitant fortement les marges de manœuvre de l'État.
La position extérieure demeure la principale vulnérabilité macroéconomique. Le déficit courant s'est légèrement creusé à -9,5 % du PIB en 2025, tandis que les réserves de change restent extrêmement faibles (0,2 mois d'importations). L'économie reste fortement dépendante des transferts de la diaspora et de l'aide internationale, ainsi que d'une base exportatrice peu diversifiée, dominée par les exportations de bétail. À moyen terme, la poursuite des réformes engagées avec le FMI et le développement éventuel du secteur des hydrocarbures pourraient améliorer les perspectives, mais les fragilités institutionnelles, sécuritaires et climatiques continueront de peser sur la croissance.
Depuis l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative PPTE en décembre 2023, le FMI classe la Somalie en risque modéré de surendettement. La dette publique est tombée à 8,9 % du PIB fin 2025 (contre 37,4 % en 2022), à la faveur des allègements obtenus dans le cadre de l'initiative PPTE. Elle demeure très majoritairement extérieure (93,9 % de l'encours), répartie entre créanciers bilatéraux (50,1 %), principalement les Émirats arabes unis, le Koweït et l'Arabie saoudite, et créanciers multilatéraux (43,8 %). Les autorités poursuivent la normalisation de leurs relations avec les créanciers n'ayant pas encore finalisé leur accord de restructuration, notamment certains créanciers arabes. Malgré cette amélioration, la soutenabilité de la dette reste conditionnée au renforcement des recettes domestiques, à la poursuite des réformes de gestion des finances publiques et au maintien des financements concessionnels, dans un contexte de forte dépendance à l'aide extérieure et de fragilité sécuritaire.
[1] Des accords bilatéraux ont été signés avec la quasi-totalité des membres du Club de Paris. La France a signé l’annulation de 138 M EUR de dette somalienne le 2 décembre 2024, à Nairobi.