Situation économique et financière de la Slovénie

Situation économique et financière de la Slovénie

1-La croissance, portée par le dynamisme des exportations, la robustesse de la consommation des ménages et une reprise des investissements privés forte, a atteint 5% en 2017 et devrait  perdurer jusqu’en 2019.

Après la brutale récession consécutive à l’explosion de la bulle d’actifs survenue en 2008 et ayant entrainé une contraction du PIB en volume de 10% entre 2009 et 2013, l’économie slovène a enregistré un rebond à partir de 2014.  Selon l’institut statistique national, l’année 2016  a enregistré une croissance de 3,1%,  qui s’est établie à 5% en 2017. Il prévoit 5,1% pour 2018 et 3,8% pour 2019. La Commission Européenne dans son rapport sur la Slovénie du 7 mars 2018  table sur une croissance de 4,9% en 2017 et projette respectivement 4,2 et 3,5% pour 2018 et 2019. La croissance a été générée par une base élargie, l’investissement privé et la demande intérieure assurant un certain relai à une croissance jusque-là largement fondée sur le dynamisme des exportations.

Le regain du commerce mondial (et de la Zone Euro qui concentre 70% des exportations slovènes) devrait conforter ces prévisions qui projettent une croissance moyenne des exportations de 5,5% jusqu’en 2019. En 2017 les exportations ont d’ailleurs cru de plus de 10% par rapport à 2016 et l’excédent de la balance de paiements devrait rester élevé sur la période 2018-2020 à % du PIB.

Cette évolution s’accompagne d’une amélioration du marché du travail,  l’emploi ayant augmenté de 2,8% en 2017, avec une augmentation de l’emploi projetée à +1,5% jusqu’en 2019. Cependant ce marché doit faire face à une réduction de la population active et une pénurie de main d’œuvre qualifiée pour l’industrie qui devrait conduire à une augmentation des salaires, impactant  la productivité du pays. Des réformes sont donc nécessaires pour accroitre la flexibilité sur le marché du travail, notamment en favorisant l’emploi à plus long terme des plus jeunes et l’introduction de l’apprentissage pour obtenir une meilleure allocation des compétences.

Le système bancaire slovène, recapitalisé par l’Etat en 2013, a retrouvé une stabilité relative. Les banques ont renoué avec le profit dès 2015. La part des prêts non performants s’est fortement réduite, à 5,3% de l’ensemble des prêts à fin février 2017, mais le reste des créances douteuses correspond essentiellement à des prêts octroyés aux PME, fortement endettées et qui ne trouvent toujours pas le financement nécessaire d’investissements productifs dans le secteur bancaire local. Cette situation devrait, selon la Banque centrale, perdurer jusqu’en 2020.

L’implication de l’Etat dans l’économie reste élevée en dépit du programme de privatisation débuté en 2013. L’Etat est le plus grand employeur, gestionnaire d’actifs et détenteur de la dette d’entreprises du pays. Cette position dominante, combinée à une faible gouvernance, a des implications économiques et fiscales considérables. Le gouvernement qui contrôle encore environ 50% de l’économie et 45% du secteur bancaire, rechigne à céder ses participations dans les grandes entreprises et les banques. La cession programmée de 75% des parts de la plus grande banque du pays –NLB- au 31 décembre 2017 est aujourd’hui reportée.

La pérennité de la croissance repose donc sur des réformes structurelles pour favoriser le financement des PME, améliorer le climat des affaires en introduisant des facteurs de concurrence, alléger les lourdeurs administratives et attirer les IDE.

2- Le déficit budgétaire  et la dette publique se situent à des niveaux élevés, leur évolution est confrontée au vieillissement de la population

En ligne avec les recommandations du Conseil européen dans le cadre du programme de stabilité, le plan de consolidation budgétaire prévoit d’atteindre l’équilibre en 2020, le déficit étant  passé de 1,9% en 2016 à 0,8% en 2017 (prévisionnel), mais le projet de budget pour 2018 et 2019 prévoit un excédent pour les deux années à venir.

La dette publique qui culminait à 82,6 % du PIB en 2015 s’est réduite à 78,5% en 2016 et devrait être ramenée à 72% en 2019. De fait elle correspondait à 76,4 % du PIB pour 2017. Cependant, selon la Commission européenne l’impact du vieillissement de la population pourrait entrainer une remontée de la dette publique à 81% du PIB dès 2021 si aucune mesure corrective n’est adoptée.

Ces mesures concernent les réformes annoncées du système de santé, son financement et la centralisation des achats publics, sa soutenabilité à long terme et la réforme du système de retraite, que l’administration considère soutenable jusqu’en 2025. La réforme des retraites a fait l’objet d’un livre blanc en 2016, prévoyant notamment l’extension de l’âge de la retraite à 67 ans, mais le débat parlementaire n’est pas engagé et ces réformes sont de fait suspendues au calendrier électoral, les élections législatives du 3 juin 2018 conduiront à la constitution d’un nouveau parlement, devant approuvé un nouveau gouvernement d’ici la fin d’été.

Publié le