Relations économiques bilatérales

 

Les relations économiques entre les Seychelles et la France demeurent modestes. En hausse en 2025 (+11,7%) les échanges commerciaux, qui ont atteint 138 M EUR, restent d’un niveau limité. L’archipel constitue toutefois le cinquième partenaire commercial de la France dans la zone AEOI. La balance commerciale française demeure structurellement déficitaire, en raison des importations de thon en conserve en provenance des Seychelles, un déséquilibre qui s’est encore accentué en 2025. Les investissements directs français restent modestes (62,5 M USD de stock à fin 2024) et sont principalement concentrés dans les secteurs de l’immobilier et des services.

1. Échanges commerciaux

Les échanges commerciaux entre la France et les Seychelles restent limités. Selon les données des douanes françaises, les échanges commerciaux bilatéraux sont limité mais ont augmenté, atteignant 138 M EUR en 2025 (+11,7 %). Cette hausse découle de l’augmentation des achats de produits agroalimentaires en provenance des Seychelles (+15,2 %) et des achats de produits chimiques, parfums et cosmétiques (multipliés par 20). Malgré le volume modeste des échanges, les Seychelles figurent parmi les cinq premiers partenaires commerciaux de la France dans la zone AEOI (derrière Madagascar, Maurice, l’Éthiopie et le Kenya). En 2025, avec 7,6 % de parts de marché (contre 7,7 % en 2024), la France était le 3ème fournisseur de l’archipel derrière les Émirats Arabes Unis (25,1 %, hydrocarbures), et l’Inde (15,1 %, achat d’avions pour la Seychelles Air Force). Elle était le 3ème client des Seychelles en 2025, totalisant 15,7 % de ses exportations (contre 16,7 % en 2024), derrière l’Inde (36,9 %, hausse non identifiée), et les Émirats Arabes Unis (17,6 %, pêche). En 2025, la France était le 7ème fournisseur des Seychelles (5,7 % du total des importations seychelloises) et son 2ème client (15,7 % du total des exportations seychelloises).

La France enregistre un déficit commercial structurel avec les Seychelles. Après un creux de -103,2 M EUR en 2023, notamment en raison des importations françaises de produits des industries agroalimentaires et de produits de l’industrie manufacturière, le déficit commercial de la France s’est réduit mais est resté très élevé en 2025 (-53,3 M EUR).

Les exportations françaises étaient quasi-stables en 2025 (40,9 M EUR, en hausse de +0,1 % par rapport à 2024). La structure des exportations demeure stable, avec plus des trois quarts (76,3 %) concentrés sur trois secteurs :

  • Les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (12,7 M EUR ; 31,1 % du total), en hausse de +4,3 %, en raison de hausse des achats de machines industrielle et agricoles (+12,1 %) ;
  • Les produits des industries agroalimentaires (10,2 M EUR ; 25,6 % du total), en baisse de -12,1 %, notamment en raison de la diminution des ventes de thons congelés ;
  • Les matériels de transport (8,2 M EUR ; 20,1 % du total) en forte hausse de +87,9 %, du fait d'une hausse des ventes de bateaux de plaisance.

En 2025, les importations françaises depuis l’archipel ont augmenté de manière significative (97,6 M EUR, en hausse de +17,4 % par rapport à 2024). Les importations françaises depuis les Seychelles sont quasi exclusivement concentrées sur deux catégories (97,1 %):

  • Les produits des industries agroalimentaires (91,3 M EUR ; 93,6 % du total),en hausse de +15,2 % en 2025, en raison de la hausse des achats de conserves de thon (thunnus);
  • Les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l'aquaculture (3,5 M EUR ; 3,6 % du total) en légère baisse de -2,0 % en 2025
2. IDE et présence française

Les Seychelles attirent un niveau d’IDE très élevé et en hausse. Selon la CNUCED, les Seychelles ont attiré 339,8 M USD d’IDE en 2025, en hausse de +92,5 % par rapport à 2024, portant le stock à 4,3 Md USD. Les investissements sont principalement orientés vers le secteur hôtelier et touristique, le traitement et la transformation du poisson (notamment la pêche et les conserveries), ainsi que les énergies renouvelables. Les principaux pays pourvoyeurs d’IDE aux Seychelles sont Maurice (19,3 % du stock), les Emirats arabes unis (15,9 %) et la Chine (9,7 %). Un IDE important, le projet de développement d’Assumption Island (complexe hôtelier près de l’atoll d’Aldabra), a été annulé suite à l’élection du nouveau Président P. Herminie en octobre 2025.

Selon le FMI, la France est le 8e investisseur aux Seychelles, malgré un stock d’IDE relativement faible (112,2 M USD en 2024, soit 2,9 % du stock du total des IDE du pays). Selon la Banque de France, ils sont concentrés dans l’immobilier et les activités de conseil en gestion. L’accord bilatéral sur la promotion et la protection réciproque des investissements, signé en 2007, est entré en vigueur fin 2014. La France et les Seychelles ne sont cependant pas liées par une convention fiscale de non-double imposition.

Le groupe Jaccar utilise le port de Victoria comme base logistique pour sa filiale réunionnaise, l’armateur Sapmer. Dans le cadre d’une joint-venture avec un partenaire public seychellois, le groupe a construit à Victoria un quai de 425 m pour débarquer les thons pêchés par Sapmer. Les autres secteurs concernés sont le tourisme (LVMH est présent à travers sa filiale hotellière Cheval Blanc) transport (CMA-CGM) et les services (AGS).

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