Relations économiques France – Russie

La France bénéficie d’une position économique ancienne et stratégique en Russie : 8ème fournisseur (part de marché de 3,7 %), 2ème pourvoyeur de flux d’IDE hors zones à fiscalité attractive, 2ème stock d’IDE dans le pays et 1er employeur étranger. Des partenariats stratégiques ont été établis de longue date (énergie, aéronautique, nucléaire, spatial) et de nouveaux secteurs de coopération porteurs d’opportunités pour les entreprises françaises émergent (transition énergétique, villes intelligentes et nouvelles mobilités, innovation, santé).

Un déficit commercial structurel en défaveur de la France mais une part de marché à l’export relativement stable

  • La France a un déficit commercial structurel vis-à-vis de la Russie (graphique 1), notamment du fait du poids des hydrocarbures dans nos échanges, mais ce déficit s’est réduit en 2019, à - 3 Mds EUR sur 2019 contre -4,3 Mds EUR en 2018. La chute de nos échanges extérieurs en 2020 liée à la crise Covid pourrait ramener ce déficit à moins d’1 Md EUR (768 M EUR sur les 9 premiers mois 2020).

Graphique 1 : Échanges de biens entre la France et la Russie

échanges

  • En 2019, on a observé une franche baisse des importations françaises en provenance de Russie (8,7 Mds EUR soit -13,2%), en lien avec la baisse de nos achats de produits des industries extractives (-24,2%) et produits pétroliers raffinés (-1,9%), qui représentent 82% du total (voir tableau 1). Il s’agit en outre pour partie d’un effet valeur, le prix moyen du baril de Brent ayant reculé de - 9,6% en 2019. En 2019, la Russie est le 13ème fournisseur de la France et la France est le 17ème client de la Russie, absorbant 1,5% de ses exportations. Cette baisse s’est accentuée en 2020 (4,6 Mds EUR sur 9 mois, -31,5%) du fait de la pandémie et de la chute du prix du baril.

Tableau 1. Principaux produits importés depuis la Russie en 2019

 

Evolution en glissement annuel.

Part dans les importations totales

Hydrocarbures naturels et autres produits des industries extractives

-24,2%

47,5%

Produits pétroliers raffinés et coke

-1,9%

34,3%

Produits métallurgiques et métalliques

1,2%

6,3%

Produits chimiques, parfums et cosmétiques

-24,7%

4,0%

Matériels de transport

-2,6%

2,7%

  •  Les exportations françaises vers la Russie ont connu une progression importante de 5,5% en 2019 (à 5,6 Mds EUR), alors qu’elles avaient reculé en 2018 par rapport à 2017 (-4,4%). Cette bonne performance provient notamment du fort dynamisme des exportations de produits informatiques, électroniques et optiques (+28%, voir tableau 2), des produits pharmaceutiques (+14%) et des produits chimiques, parfums et cosmétiques (+5,7%). Les ventes matériels de transport, premier poste à l’exportation (22% en 2019), progressent également de 1,6%. On note également que les ventes de produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (2% de nos exports) ainsi que de produits des industries agroalimentaires (5% de nos exports) sont en hausse de respectivement 11,2% et 5,5%. En 2019, la Russie est le 16ème marché de la France (7ème hors UE). Nos ventes ont néanmoins ralenti sur les 9 premiers mois 2020 (-6,5%).

Tableau 2. Principaux produits exportés vers la Russie en 2019

 

Evolution en glissement annuel

Part dans les exportations totales

Matériels de transport

1,6%

22,2%

Produits chimiques, parfums et cosmétiques

5,7%

21,3%

Produits pharmaceutiques

14,0%

11,9%

Machines industrielles et agricoles, machines diverses

-5,1%

9,8%

Produits informatiques, électroniques et optiques

28,0%

6,6%

  •  La part de marché de la France en Russie est à peu près stable depuis l’entrée en vigueur des différents trains de sanctions américaines et européennes. Elle ressort à 3,5% en 2019 contre 3,7% en 2014. Sur plus longue période, elle est en recul puisqu’elle atteignait 4,7% en 2009 (graphique 2). La France est le 8ème fournisseur de la Russie et son 3ème fournisseur européen.

Graphique 2 : Parts de marché de la France en Russie et de ses principaux concurrents (%)

 pdm

Les investissements français se maintiennent à haut niveau malgré un climat des affaires dégradé

  • Avec plus de 500 filiales françaises implantées dans des domaines variés (dont 35 entreprises du CAC 40), la France est le 1er employeur étranger en Russie (160 000 salariés).   Présentes dans des domaines variés, les entreprises françaises sont particulièrement bien implantées dans l’agroalimentaire, la finance, la distribution, l’énergie, l’automobile, la construction / services urbains, les transports, l’aéronautique-spatial et la pharmacie.
  • Les investissements directs étrangers (IDE) français en Russie se maintiennent à haut niveau essentiellement sous l’impulsion du Groupe Total (Yamal LNG, Arctic LNG 2), des réinvestissements des filiales présentes dans le pays et des investissements industriels des sociétés du secteur agroalimentaire, liés à la mise en place du contre-embargo. Hors zones à fiscalité attractive, la France était au premier semestre  2020 le 2ème investisseur étranger en stock (18,5 Mds USD) après le Royaume-Uni (30 Mds USD) et l’Allemagne (18,4 Mds USD) et le 2ème investisseur étranger en flux (1 Md USD) derrière le Royaume-Uni (4,9 Mds USD).
  • La Russie investit peu en France. Le flux d’IDE russes en France s’est élevé au 1er semestre 2020 à 35 M USD, contre un flux de 15 M USD sur la même période de l’année 2019. Selon les statistiques russes, hors centres financiers offshore, la France occupait la 9ème position des IDE russes avec un stock estimé à 3,25 Mds USD au 1er avril 2020. Une trentaine de sociétés russes sont établies en France, employant environ 3 500 personnes essentiellement concentrées chez le principal investisseur RZhD qui a racheté GEFCO (transport et logistique) en 2012.

Une présence française structurée : partenariats stratégiques et coopérations innovantes

  • Le changement de modèle économique dans lequel la Russie s’est engagée, sous la contrainte des sanctions et par nécessité de diversification, peut offrir des opportunités à nos entreprises, pour autant qu’il puisse ouvrir la voie à une coopération mutuellement bénéfique dans des chaînes de valeur intégrées. La France doit donc poursuivre une approche pragmatique de l’intensification du dialogue économique avec la Russie dans un contexte politique qui demeure contraint.
  • La dynamique des partenariats stratégiques entre grands groupes structure notre relation économique et doit continuer de bénéficier d’un soutien actif, au travers de coopérations emblématiques dans les secteurs de l’énergie (nucléaire), de l’aéronautique et du spatial, de l’agroalimentaire, de l’automobile et de la pharmacie. 
  • Ces partenariats s’adaptent également aux évolutions du monde actuel et de nombreuses coopérations sectorielles innovantes entre la France et la Russie émergent, dans l’industrie 4.0, le numérique, la finance verte, l’accompagnement dans la transition écologique de la Russie, le tourisme, la santé, les villes intelligentes et les transports. Elles font l’objet d’un accompagnement et un soutien public appuyé dans le cadre du CEFIC, Conseil franco-russes économique, financier, industriel et commercial, et de ses groupes de travail.

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