Le commerce extérieur de biens de la Russie en 2019

En 2019, les exportations de biens de la Russie en valeur se sont élevées à 422,8 Mds USD (- 6% en g.a.) et les importations à 243,8 Mds USD (+2,2% en g.a). Le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance de la Russie l’année dernière. Le recul des exportations en valeur s’explique notamment par la baisse des prix des hydrocarbures (-9,6% en moyenne en 2019 en g.a.). A 179 Mds USD en 2019, l’excédent de la balance commerciale a diminué de 15,2% en g.a. et représente environ 10,6% du PIB. Fin 2019, la Russie était le 14ème exportateur mondial (stable par rapport à 2018) et le 21ème importateur mondial (-1 place par rapport à 2018). La structure par produits des échanges extérieurs russes a peu évolué : les exportations russes restent dominées par les matières premières (hydrocarbures et métaux) tandis que les importations sont surtout constituées de biens d’équipements et de produits pharmaceutiques et chimiques. Au plan géographique, si l’Union européenne demeure le premier client de la Russie (189,2 Mds USD des exportations russes en 2019), ses parts de marché en qualité de fournisseur ont encore diminué au profit de l’Asie, notamment la Chine. L’Union économique eurasiatique (UEE), entrée en vigueur au 1er janvier 2015 afin de permettre une plus grande intégration régionale, a encore un effet limité sur les échanges extérieurs de la Russie.

Structure sectorielle des échanges internationaux de biens

Exportations
  • Peu diversifiées, les exportations russes en 2019 sont principalement constituées d’hydrocarbures et de produits pétroliers raffinés (62,1% du total soit 262,5 Mds USD). En 2019, les autres principaux postes d’exportations de la Russie étaient les métaux et produits métalliques (8,9% contre 9,7% en 2018), les matériels de transport et les équipements industriels (6,5% soit la même part qu’en 2018), les produits chimiques (6,4% contre 6,1% en 2018) et les produits agroalimentaires (5,9% contre 5,5% en 2018).  
Importations
  • Les importations russes en 2019 sont composées essentiellement de matériels de transport et d’équipements industriels (46,2%), de produits pharmaceutiques et chimiques (19,6%), de produits agroalimentaires (12,2%) et de produits métalliques (7,3%). En particulier, en 2019, le pays a importé 29,8 Mds USD de produits agroalimentaires, en hausse de 0,4%, continuant ainsi la reprise après la tendance baissière observée jusqu’à 2018 suite à la mise en place du contre-embargo sur ce secteur en 2014.
Eléments sur la spécialisation de l’économie russe sur plus longue période
  • Depuis 2008, on observe que le mouvement de diversification des exportations russes est très limité. En 2018, les 10 premiers avantages comparatifs de la Russie sont à peu de choses près les mêmes qu’en 2008 avec une domination très large des industries extractives. Le seul changement notable est l’apparition des céréales au sein des principaux avantages comparatifs. Ainsi, en 2018, la Russie a dépassé les États-Unis dans les exportations mondiales de blé et occupe la première position en 2019 avec 6,4 Mds USD. En matière de désavantages comparatifs, on note en particulier la permanence en 2018 (toujours par rapport à 2008) des produits pharmaceutiques, des véhicules automobiles et des matériels de télécommunication. On note en revanche que les secteurs des véhicules utilitaires, des machines spécialisées et du matériel BTP ont disparu du classement des 10 premiers désavantages comparatifs entre 2008 et 2018

Structure géographique des échanges internationaux de biens

Exportations
  • L’Union européenne (UE) demeure en 2019 le premier débouché de la Russie (44,7% des exportations russes, soit 189,2 Mds USD) mais a vu son poids relatif diminuer depuis 2014, où elle absorbait 52,1% des exportations russes. En 2019, les exportations vers l’Union européenne ont diminué de 7,8%. 60% des exportations russes vers l’UE sont des produits pétro-gaziers. Parmi les autres produits exportés par la Russie vers l’UE figurent les métaux et les alliages (7,1%), les pierres et métaux précieux (5,2%), les bois (4,6%), les produits chimiques organiques (4,4%) et les engrais (4%). Par ailleurs, 27,8% des exportations russes vers l’UE ont été comptabilisés dans la catégorie « produits non-définis » qui représentent en particulier les matériels de défense et la navigation aérienne ou spatiale. Avec un flux de 6,4 Mds USD en 2019, (-16,6% par rapport à 2018), la France absorbe 1,5% des exportations russes (contre 1,7% en 2018). Environ la moitié sont des exportations françaises est composée de produits pétro-gaziers. Au sein de l’UE, les 3 premiers clients de la Russie sont les Pays-Bas (10,6% des exportations russes), l’Allemagne (6,6%) et l’Italie (3,4%).
  • En Asie, la Chine creuse l’écart en qualité de premier débouché pour les exportations russes (13,4% des exportations russes), suivie par la Corée (3,9%), et le Japon (2,7%). La part des premières matières dans les exportations russe en Chine s’élève à 70%, très loin du 2ème poste d’exportations – les bois (6%).
  • Les exportations de biens de la Russie vers les Etats-Unis (3,1% du total) baissent de 5,2% en 2019 par rapport à 2018, à 13,2 Md USD. En particulier, les exportations des métaux ferreux sont en fort recul (- 47%) en lien avec la baisse des prix des produits sidérurgiques et l’introduction en 2018 de droits de douanes américains de 25% sur les importations d'acier en provenance de l'étranger. Les exportations de produits pétroliers augmentent en revanche de +41%, malgré la baisse des cours moyens du pétrole entre 2019 et 2018.
  • La part des exportations vers la zone CEI représente 12,9% en 2019 (contre 12,4% en 2018 et 10,5% en 2014). En revanche, la part de l’UEE dans les exportations russes est en progression à 9,2% en 2019 contre 8,7% en 2018 (8,6% en 2015). Depuis 2015 le renforcement de la position des Etats de l’UEE a compensé partiellement la diminution des exportations vers l’Ukraine. Les exportations russes ont reculé vers l’Ukraine (-30,5%) en lien avec de nouvelles « contre-sanctions » russes envers l’Ukraine interdisant, à partir du 1er juin 2019, les exportations de charbon, de pétrole et de produits pétroliers ainsi que les importations depuis l’Ukraine d’équipements mécaniques, de produits métalliques et issus de l’industrie légère. Les exportations vers la Biélorussie (le principal client parmi les pays de la zone CEI qui a absorbait 37,6% des exportations russes vers la zone CEI en 2019) ont diminué de 5,8% en g.a. à 20,5 Mds USD suite notamment à la baisse des exportations petro-gazières (-18% en g.a. à 6,9 Mds USD).
Importations
  • L’UE est à l’origine de 36,4% des importations russes en 2019, contre 42,6% en 2013. L’Allemagne est le deuxième fournisseur de la Russie avec 10,3% des parts de marché et représente le principal concurrent de la France sur des segments majeurs tels que les machines et équipements industriels, les produits pharmaceutiques (1er fournisseur de la Russie), l’automobile, les appareils ménagers et la distribution.
  • En 2019, l’Asie demeure au deuxième rang en termes de part de marché (34,3%). La décomposition des importations par pays d’origine en 2019 place, de très loin, la Chine au premier rang des fournisseurs de la Russie (22,2% de parts de marché). La Chine occupe des positions dominantes dans de nombreux secteurs (vêtements et chaussures, jouets), y compris dans des secteurs à forte valeur ajoutée (télécoms).
  • Les Etats-Unis avec 5,4% des parts de marché qui occupent de solides positions dans l’automobile, les nouvelles technologies et la pharmacie.
  • Les importations en provenance de la zone CEI sont en progression de 3,1% en 2019 et représentent 11,3% du total des importations russes. La part des importations depuis les Etats-membres de l’Union économique eurasiatique est en légère progression à 8,3% en 2019 contre 8,1% en 2018 (et 8% en 2015).  La Biélorussie représente le 4èmefournisseur de la Russie avec 4,3% de part de marché. Les importations en provenance de Biélorussie sont assez diversifiées avec notamment un poids important des produits laitiers (16%), des machines, équipements mécaniques et électriques (14%), des voitures et des tracteurs (12,8%).
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