Les IDE et la présence française en Serbie

Les flux d’IDE en Serbie sont en constante progression depuis 2012, passant de 1 Md EUR à 2,1 Mds en 2016. Sur la période 2010-2016, les Pays-Bas, l’Autriche et le Luxembourg sont les trois premiers investisseurs en Serbie, détenant à eux seuls 40 % du stock. La France arrive au 7ème rang. Les principaux investisseurs français sont Michelin, la Société générale, le Crédit agricole, Tarkett, Lafarge, Bongrain, Atos et Lactalis, profitant notamment des nombreux accords commerciaux conclus par la Serbie et d’un climat des affaires qui s’améliore progressivement.

1.      Les flux d’IDE en Serbie ne cessent de progresser depuis 2012

 

Selon la Banque centrale de Serbie (NBS), les flux d’IDE sont passés de 1 Md EUR en 2012 à 2,1 Mds EUR en 2016. Les prévisions pour 2017 s’élèvent à 2,6 Mds EUR. Les principaux investisseurs entre 2010 et 2016 sont les Pays-Bas (1er avec 14,2% des flux d’IDE), l’Autriche (2ème avec 12,7%), le Luxembourg (3ème avec 12,7%) et la Russie (4ème avec 10,2%). Sur le plan sectoriel, l’industrie est le premier récipiendaire d’IDE avec 32% des flux entre 2010 et 2016, suivie par l’intermédiation financière avec 20% et le commerce et la distribution avec 17%. Les principaux investisseurs étrangers en Serbie sont le groupe de télécommunication norvégien Telenor, le constructeur automobile italien Fiat (premier exportateur du pays), le groupe gazier russe Gazprom, les entreprises américaines Microsoft et Coca-Cola, le fabricant français Michelin (troisième exportateur du pays), les groupes allemands Bosch et Siemens et l’enseigne de supermarché belge Delhaize.

Selon la NBS, les flux d’IDE se sont élevés à 2,1 Mds EUR en 2016, soit environ 6% du PIB. En 2016, les principaux investisseurs en termes de flux ont été les Pays-Bas (1er avec 432 M EUR), la Suisse (2ème avec 235 M EUR), le Luxembourg (3ème avec 233 M EUR). Les flux d’IDE se sont principalement dirigés vers l’industrie (35%), le secteur financier et assurantiel (21%) et la construction (13%).

2.      La France est le 7ème investisseur en Serbie avec un stock d’IDE de 719 M EUR sur la période 2010-2016

 

Selon la Banque de France, le stock d’IDE français s’élevait à 632,4 M EUR en 2016. Cette même année, les flux d’IDE français se sont élevés à 9,8 M EUR, après avoir atteint 15,7 M EUR en 2015. Selon la NBS, la France se classait au 7ème rang des investisseurs étrangers sur la période 2010-2016 avec un stock de 719 M EUR.

Une centaine d’entreprises françaises sont présentes en Serbie, employant près de 10 000 salariés. Le secteur financier et de l’assurance représente l’essentiel du stock d’IDE français en Serbie en 2016 avec 391,4 M EUR. Les sociétés françaises sont également bien représentées dans le secteur de l’équipement automobile avec en 2016 et 2017 l’inauguration d’une nouvelle usine d’Hutchinson, l’extension des implantations de Michelin et de Le Bélier et l’investissement de Mecafor. Les principaux investisseurs français en Serbie sont Michelin, la Société générale, le Crédit agricole, Tarkett, Lafarge, Bongrain, Atos, et Lactalis. 

 

3.      Le climat des affaires s’améliore progressivement bien que d’importantes réformes restent à mener

 

Membre du CEFTA, la Serbie a également conclu des accords de libre-échange avec la Russie (2000), la Biélorussie (2009), l’AELE (2009), la Turquie (2009, étendu en 2018 pour facilite les échanges de textile et biens alimentaires notamment) et le Kazakhstan (2010). Les relations commerciales avec l’Union européenne sont régulées dans le cadre de l’Accord de Stabilisation et d’Association entré en vigueur en septembre 2013 (précédé d’un accord intérimaire sur le commerce dès 2010). Un nouvel accord de libre-échange est par ailleurs en cours de négociations avec l’Union économique eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie et Kirghizistan). Le pays se caractérise par un taux d’imposition des entreprises faible (15 %) et une main d’œuvre qualifiée à un coût parmi les moins élevés en Europe avec un salaire mensuel moyen net de 459 EUR en décembre 2017.

Au Classement Doing Business 2018 de la Banque mondiale, la Serbie figure au 43ème rang sur 190 économies. Elle a gagné 16 places en 2 ans, principalement grâce à une simplification des procédures d’enregistrement des sociétés, et de délivrance des permis de construire (10ème rang). Les principaux dysfonctionnements relevés par la Banque mondiale résident dans les procédures d’accès à l’électricité (96ème) et le paiement des taxes et impôts (82ème). Par ailleurs, le pays passe de la 90ème à la 78ème position dans l’édition 2017-2018 du World Economic Forum mesurant la compétitivité de 137 économies. Le système de santé et d’éducation (52ème), l’environnement macroéconomique (72ème) et le savoir-faire technologique (72ème) sont considérés comme des facteurs d’attractivité de la Serbie. En revanche, le fonctionnement des institutions (104ème), les biais à la libre concurrence et le faible degré d’innovation figurent parmi les points faibles. La lutte contre l’économie grise (30% du PIB) et la réforme de l’administration fiscale figurent parmi les importantes réformes à mener pour poursuivre l’amélioration du climat des affaires.

 

La France reste un investisseur important pour la Serbie, bien que relativement modeste comparé aux Pays-Bas et à l’Autriche. Les récents contrats conclus par des entreprises françaises (traitement des déchets de Belgrade et concession de l’aéroport de Belgrade) apporteront des investissements supplémentaires tandis que les projets d’infrastructures à venir (métro de Belgrade, lignes ferroviaires, etc.) présentent de nouvelles opportunités pour nos entreprises.

 

ANNEXES

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