Les IDE et la présence française en Serbie

Les flux d’IDE en Serbie sont en constante progression depuis 2012, passant de 1 Md EUR en 2012 à 3,5 Mds en 2018 (avec une augmentation de près de 40% par rapport à 2017). Sur la période 2010-2018, les principaux investisseurs en Serbie sont les Pays-Bas, l’Autriche, le Luxembourg, la Russie et la France, représentant environ la moitié du stock investi depuis 2010. La France a connu une progression spectaculaire en 2018 à la suite de l’investissement de Vinci Airports (501 M EUR pour la concession de l’aéroport de Belgrade) ; par ailleurs les principaux investisseurs français sont Vinci, Schneider Electric, Michelin, Crédit Agricole, Tarkett, Savencia, Atos et Lactalis.

1. Les flux d’IDE en Serbie, en progression constante depuis 2012, ont connu une augmentation forte en 2018

Selon la Banque centrale de Serbie (NBS), les flux d’IDE sont passés de 1 Md EUR en 2012 à 3,5 Mds EUR en 2018, soit une augmentation d’environ un milliard par rapport à l’année précédente. Cette hausse substantielle s’explique autant par la poursuite d’une tendance positive engagée depuis plusieurs années que par la réalisation de grands projets au cours de l’année 2018, notamment celui de Vinci Airports. En termes de stocks, sur la période 2010-2018, les premiers investisseurs en Serbie sont les Pays-Bas (14,2% du total), suivis par l’Autriche (10,5%) et le Luxembourg (10%). Les principaux investisseurs étrangers en Serbie sont le groupe de télécommunication norvégien Telenor (acquis par le groupe tchèque PFF en 2018), le constructeur automobile italien Fiat (deuxième exportateur du pays), le groupe gazier russe Gazprom, le groupe sidérurgique chinois HBIS (premier exportateur du pays), les entreprises françaises Vinci et Michelin (4ème exportateur du pays), les entreprises américaines Microsoft et Coca-Cola et les groupes allemands Bosch et Siemens.

2. La France est le premier investisseur en Serbie en 2018, 5ème sur la période 2010-2018

En 2018, la France est le premier investisseur en termes de flux (710 M EUR, 20%), devant Hong-Kong (435 M EUR, 12,5%) et les Pays-Bas (317 M EUR, 9%), grâce à l’investissement de Vinci Airports. Selon la NBS, sur la période 2010-2018, la France se situe au 5ème rang des investisseurs en Serbie avec un stock d’environ 1,5 Md EUR, juste devant l’Allemagne.

 Plus de 120 d’entreprises françaises sont présentes en Serbie, employant plus de 12 000 salariés. Selon la Banque de France, le stock d’IDE français en Serbie était de 991,5 M EUR en 2018. Le secteur financier et de l’assurance représente près de la moitié des investissements français (461,2 M EUR), avec notamment une forte présence de la Société Générale (qui devrait toutefois quitter la Serbie en 2019, rachetée par le groupe hongrois OTP) et du Crédit Agricole. Les sociétés françaises sont également bien représentées dans le secteur de l’équipement automobile avec ces dernières années l’inauguration d’une nouvelle usine d’Hutchinson, l’extension des implantations de Michelin, Le Bélier et Novares et l’investissement de Mecafor. Les principaux investisseurs français en Serbie sont Michelin, Vinci airports, Schneider Electric, le Crédit agricole, Tarkett, Savencia, Atos et Lactalis. Enfin, l’investissement de Suez environnement pour le centre de traitement des déchets de Belgrade sera comptabilisé en 2019.

3. Le climat des affaires s’améliore progressivement

Membre de l’ALECE (Accord de Libre-Echange Centre Européen), la Serbie a également conclu des accords de libre-échange avec la Russie (2000), la Biélorussie (2009), l’AELE (2009), la Turquie (2009, étendu en 2018 pour facilite les échanges de textile et biens alimentaires notamment) et le Kazakhstan (2010). Les relations commerciales avec l’Union européenne sont régulées dans le cadre de l’ASA entré en vigueur en septembre 2013 (précédé d’un accord intérimaire sur le commerce dès 2010). Un nouvel accord de libre-échange, pour lequel les négociations ont été achevées en avril 2019, va être signé en octobre 2019 avec l’Union économique eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie et Kirghizistan). Le pays se caractérise par un taux d’imposition des entreprises faible (15 %) et une main d’œuvre qualifiée à un coût parmi les moins élevés en Europe, avec un salaire mensuel moyen net de 461 EUR en janvier 2019.

 Dans le rapport de la Banque mondiale Doing Business 2019, la Serbie s’est classée 48ème (sur 190 pays), soit un recul de cinq places par rapport à l’année précédente. Les principaux freins à l’attractivité de l’économie serbe soulignés par la Banque sont l’accès à l’électricité (104ème), la protection des actionnaires minoritaires (83ème) et la collecte fiscale (79ème). Des progrès considérables ont tout de même été accomplis dans d’autres domaines, tels que l’accès aux permis de construire (11ème) ou la facilité à franchir les frontières (23ème). Cependant, certains aspects de l’économie serbe nécessitent encore d’importantes réformes : en février 2018, la Serbie a été placée sur la « liste grise » du Groupe d’Action Financière (GAFI) pour inciter le pays à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un plan d’action a été mis en place dans le pays, avec des résultats satisfaisants qui devraient permettre à la Serbie de quitter cette liste en juin 2019 à l’occasion de la prochaine plénière GAFI. Enfin, le manque de transparence de certaines procédures publiques reste un obstacle pour les investisseurs étrangers.

 

 ANNEXES

 

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