Les IDE et la présence française en Serbie

Les flux d’IDE en Serbie sont en constante progression depuis 2012, passant de 1 Md EUR à 2,5 Mds en 2017. Ils devraient avoisiner les 3 Mds EUR en 2018. Sur la période 2010-2017, les Pays-Bas, l’Autriche, le Luxembourg et la Russie sont les quatre premiers investisseurs en Serbie, détenant à eux seuls près de 50 % du stock. La France arrive au 7ème rang. Les principaux investisseurs français sont Michelin, Vinci airports, la Société générale, le Crédit agricole, Tarkett, Lafarge, Savencia, Atos et Lactalis, profitant notamment des nombreux accords commerciaux conclus par la Serbie et d’un climat des affaires qui s’améliore progressivement.

 

1.      Les flux d’IDE en Serbie ne cessent de progresser depuis 2012

 Selon la Banque centrale de Serbie (NBS), les flux d’IDE sont passés de 1 Md EUR en 2012 à 2,5 Mds EUR en 2017. Les principaux investisseurs entre 2010 et 2017 sont les Pays-Bas (1er avec 15% des flux d’IDE), l’Autriche (2ème avec 12,2%), le Luxembourg (3ème avec 11,9%) et la Russie (4ème avec 9,4%). Sur le plan sectoriel, l’industrie est le premier récipiendaire d’IDE avec 30,7% des flux entre 2010 et 2017, suivie par l’intermédiation bancaire avec 19,5% et le commerce et la distribution avec 16,1%. Les principaux investisseurs étrangers en Serbie sont le groupe de télécommunication norvégien Telenor (acquis par le groupe tchèque PPF en 2018), le constructeur automobile italien Fiat (premier exportateur du pays), le groupe gazier russe Gazprom, les entreprises américaines Microsoft et Coca-Cola, le fabricant français Michelin (quatrième exportateur du pays), les groupes allemands Bosch et Siemens et l’enseigne de supermarché belge Delhaize.

Selon la NBS, les flux d’IDE se sont élevés à 2,5 Mds EUR en 2017, soit près de 7% du PIB. En 2017, les principaux investisseurs en termes de flux ont été les Pays-Bas (1er avec 491 M EUR), l’Autriche (2ème avec 251 M EUR), l’Italie (3ème avec 209 M EUR). 25% des flux d’IDE se sont dirigés vers le secteur industriel en 2017, plus de 35% en 2016.

2.      La France est le 7ème investisseur en Serbie

Selon la Banque de France, le stock d’IDE français s’élevait à 716,2 M EUR en 2017. Cette même année, les flux d’IDE français se sont élevés à 23,5 M EUR, après avoir atteint 35,9 M EUR en 2016. Selon la NBS, la France se classait au 7ème rang des investisseurs étrangers sur la période 2010-2017 avec un stock de 806 M EUR. L’investissement de Vinci airports fin 2018 (501 M EUR pour la concession de l’aéroport de Belgrade) devrait modifier ce classement.

Une centaine d’entreprises françaises sont présentes en Serbie, employant plus de 12 000 salariés. Le secteur financier et de l’assurance représente l’essentiel des investissements français en Serbie avec 460,7 M EUR, soit 64% du stock. Les sociétés françaises sont également bien représentées dans le secteur de l’équipement automobile avec ces dernières années l’inauguration d’une nouvelle usine d’Hutchinson, l’extension des implantations de Michelin, Le Bélier et Novares et l’investissement de Mecafor. Les principaux investisseurs français en Serbie sont Michelin, Vinci airports, la Société générale, le Crédit agricole, Tarkett, Lafarge, Savencia, Atos et Lactalis.

   

3.      Le climat des affaires s’améliore progressivement bien que d’importantes réformes restent à mener

 

Membre du CEFTA, la Serbie a également conclu des accords de libre-échange avec la Russie (2000), la Biélorussie (2009), l’AELE (2009), la Turquie (2009, étendu en 2018 pour faciliter les échanges de textile et biens alimentaires notamment) et le Kazakhstan (2010). Les relations commerciales avec l’Union européenne sont régulées dans le cadre de l’Accord de Stabilisation et d’Association entré en vigueur en septembre 2013 (précédé d’un accord intérimaire sur le commerce dès 2010). Un nouvel accord de libre-échange est par ailleurs en cours de négociations avec l’Union économique eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie et Kirghizistan). Il pourrait être signé avant fin 2019. Le pays se caractérise par un taux d’imposition des entreprises faible (15 %) et une main d’œuvre qualifiée à un coût parmi les moins élevés en Europe avec un salaire mensuel moyen net de 420 EUR en décembre 2018.

Au Classement Doing Business 2019 de la Banque mondiale, la Serbie figure au 48ème rang sur 190 économies (43ème rang au classement 2018). Selon le classement, la Serbie continue à simplifier les procédures d’enregistrement des sociétés, et de délivrance des permis de construire (11ème rang). Les principaux dysfonctionnements relevés par la Banque mondiale résident dans les procédures d’accès à l’électricité (104ème) et la protection des petits investisseurs (83ème). Par ailleurs, le pays passe du 70ème en 2017 au 65ème rang du classement World Economic Forum 2018 mesurant la compétitivité de 140 économies. Le contexte macroéconomique (64ème rang) évolue positivement. Le niveau de connaissances (56ème) et le marché du travail (52ème rang) contribuent aussi positivement au classement. En revanche, le fonctionnement des institutions (76ème – 107ème rang pour l’indépendance de la justice) et du système financier (79ème – 95ème rang pour le financement des PME) figurent parmi les points faibles. La lutte contre l’économie grise (30% du PIB) et la réforme de l’administration fiscale figurent parmi les importantes réformes à mener pour poursuivre l’amélioration du climat des affaires.

 

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La France reste un investisseur important pour la Serbie, bien que relativement modeste comparé aux Pays-Bas et à l’Autriche. Les récents contrats conclus par des entreprises françaises (traitement des déchets de Belgrade et concession de l’aéroport de Belgrade) apporteront des investissements supplémentaires tandis que les projets d’infrastructures à venir (métro de Belgrade, traitement des eaux, etc.) présentent de nouvelles opportunités pour nos entreprises.

 

 ANNEXES

 

  Annexe

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