Relations bilatérales

La France constitue un partenaire économique privilégié de la Roumanie (3ème client, 3ème investisseur étranger et 6ème fournisseur). Malgré des échanges commerciaux fortement impactés par la crise sanitaire, le solde commercial redevient excédentaire, s’établissant à +0,2 Md EUR. La présence française joue un rôle majeur dans l’activité économique du pays et s’appuie sur plus de 4.150 entreprises à capitaux majoritairement français, avec un stock d’IDE représentant 8,2 Mds EUR.

 Le solde commercial avec la Roumanie redevient excédentaire

Bien que son solde commercial soit structurellement déficitaire, le commerce extérieur roumain est un moteur traditionnel de l’activité économique roumaine.  La Roumanie échange en grande partie avec les pays-membres de l’Union Européenne (73 % du total des échanges au 1er semestre 2020), tirant profit de leur proximité et du marché intérieur. La baisse de la demande étrangère, couplée aux mesures de restrictions et à la pénurie d’intrants industriels, causée par la Covid-19, ont impacté le commerce extérieur roumain. Au 1er semestre 2020, en glissement annuel, les exportations ont diminué de ‑18,0 %, à 28,6 Mds EUR, et les importations de -12,6 %, à 37,3 Mds EUR, avec un commerce extérieur principalement constitué de machines et biens d’équipements (29 % des exportations, 27 % des importations), de matériels de transports (17 % des exportations, 9 % des importations), de produits chimiques (19 % des exportations, 10 % des importations) et de produits agroalimentaires (12 % des exportations et des importations).

La France constitue un partenaire important pour la Roumanie puisqu’elle est son 3ème client (6,5 % du total des exportations au 1er semestre 2020) derrière l’Allemagne (22,6 %) et l’Italie (10,8 %) et son 6ème fournisseur (4,9 % du total des importations) derrière l’Allemagne (20,1 %), l’Italie (9,0 %), la Hongrie (7,3 %), la Chine (6,7 %) et la Pologne (6,1 %). Avec une présence française très active, les échanges intra-groupes jouent un rôle prédominant dans les échanges bilatéraux avec la Roumanie, notamment dans l’industrie, la distribution et le secteur automobile.

Le solde commercial avec la Roumanie enregistre un excédent de 0,2 Md EUR au 1er semestre de l’année, ce qui n’était plus arrivé depuis 2017. Pour cause, la forte diminution des importations françaises, plus précisément celles des matériels de transports avec -35,0 % en glissement annuel, qui représente le premier poste importateur (32 % du total). Malgré une chute de -35,9 %, les importations de machines industrielles et agricoles constituent toujours le deuxième poste (11 % du total), suivi du textile (10 % du total) en baisse de -22,2%, des équipements électriques et ménagers (9 % du total) en baisse de -22,7%, des produits agri-agro (8 % du total) en augmentation de +11,5 %. En diminution de -24,7 %, les exportations de matériels de transports (15 % du total) ne représentent plus le premier poste, remplacé par les produits chimiques (16 % du total) bien qu’en diminution de -4,7 %. En dépit d’une chute de -26,4 %, les machines industrielles et agricoles constituent le troisième poste (14 % du total). En hausse de 22,8%, les produits pharmaceutiques constituent le sixième poste exportateur (8 % du total), derrière les produits métallurgiques et métalliques (9 % du total) en baisse de -28,1 %, et les produits agri-agro (9 % du total) en hausse de 3,4 %.

Les entreprises françaises exercent une influence significative dans certains postes importateurs roumains. La navigation aérienne ou spatiale (33 % de pdm), les produits des industries chimiques (15 % de pdm), les huiles essentielles et parfums (10 % de pdm), les produits en caoutchouc (8% de pdm), les véhicules automobiles (8 % de pdm) représentaient, en 2019, les secteurs d’excellence des exportateurs français en Roumanie.

 

Les entreprises françaises continuent à jouer un rôle majeur

Particulièrement dynamiques depuis 2014 avec un rythme de croissance de +21,4 % en moyenne par an, les flux d’IDE entrants en Roumanie connaissent un coup d’arrêt en 2019 pour s’établir à 5,2 Mds EUR (-1,76 % par rapport à 2018). Le stock d’IDE en Roumanie a lui augmenté de +8,9 % sur la même période, atteignant 88,3 Mds EUR (40,3 % du PIB).

Avec un stock d’IDE de 8,3 Mds EUR, soit 9,4 % de part de marché, la France est le 3ème plus important investisseur étranger[1] derrière l’Allemagne (14,9 %), l’Autriche (11,4 %) et suivie par l’Italie (8,5 %), les Etats-Unis (6,6 %) et les Pays-Bas (6,2 %). D’après la BNR, les flux d’IDE entrants sur le territoire français en provenance de la Roumanie se sont établis à 86 M EUR (4,0 % du total), soit la 5ème destination des IDE roumains après Chypre (22,4 %), la Moldavie (13,9 %), la Hongrie (13,1 %) et la Serbie (5,3 %).

La présence française joue un rôle prédominant dans l’activité économique du pays. La quasi-totalité des entreprises du CAC 40 (37 sur 40) est présente sur le marché roumain. Sur le marché automobile, le groupe Renault-Dacia est leader du marché local et emploi près de 18 000 personnes. Dans l’industrie, les groupes Saint-Gobain, Michelin et Air Liquide comptent plusieurs sites de production. Orange est le 1er opérateur mobile avec plus de 10,9 M de clients. Avec Carrefour, Auchan, Leroy-Merlin, Cora, la France est leader de la grande distribution. Dans le secteur bancaire et des assurances, BRD (groupe Société Générale), BNP Paribas, Groupama et Crédit Agricole sont présents. En 2019, l’économie roumaine comptait 4166 entreprises à capitaux majoritairement français employant directement plus de 125 000 personnes et cumulant un chiffre d’affaires de 16,4 Mds EUR soit 7,5 % du PIB. La présence française en Roumanie est dominée par l’industrie manufacturière (52 % du chiffres d’affaires, 46 % des personnes employées et 14 % du total des entreprises)  et par le commerce de gros et détail (31 % du chiffre d’affaires, 23 % du nombre d’entreprises et 19 % des personnes employées).

Bien qu’elle se classe 55ème mondiale dans le rapport Doing Business 2020, la Roumanie présente de nombreux avantages en termes d’attractivité des IDE du fait d’un marché intérieur important, d’une main d’œuvre peu coûteuse et qualifiée, et d’une fiscalité incitative. Des investissements massifs dans les infrastructures sont cependant nécessaires pour réduire les disparités régionales[2] et attirer davantage d’investisseurs étrangers dans les zones plus reculées.



[1] Il s’agit d’une classification par origine d’investisseur ultime. Par origine intermédiaire, la France se classe 5ème plus grand investisseur étranger avec une part de marché de 6,2 %.

[2] Selon la BNR, la région de Bucarest a capté 62,7% des IDE entrants sur le territoire roumain en 2019.

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