Commerce extérieur

Le commerce extérieur de la Roumanie sur les huit premiers mois de l'année 2020

En chute de -13,0 % en glissement annuel, les échanges commerciaux de la Roumanie ont été affectés par les conséquences de la covid-19, qui ont particulièrement impacté le secteur industriel. L’Allemagne, mais plus globalement l’Union Européenne (73,1 % du total des échanges), reste le principal partenaire économique du pays. Le déficit commercial, soutenu par la politique budgétaire, s’est aggravé pour atteindre -11,5 Md€.
I. L’Allemagne, et plus globalement l’UE, reste le partenaire commercial majeur
 
Sur les huit premiers mois de l’année, les échanges commerciaux avec le reste du monde ont diminué de -13,0 %, en glissement annuel, s’établissant à 89,0 Md€. De par ses restrictions sanitaires sous-jacentes, la propagation de la covid-19 a affecté la consommation domestique, les chaînes d’approvisionnement de l’industrie roumaine ainsi que la demande externe. La totalité des échanges commerciaux s’est dégradée avec les grands partenaires (i.e. >1,2 % de part de marché), à l’exception de la Chine (+7,4 %), qui est devenu le 4ème fournisseur de la Roumanie (6,5 % du total des importations).
 
L’Europe (86,9 % du total des échanges commerciaux), mais plus particulièrement l’Union Européenne (73,1 %), est de loin, la zone économique qui échange le plus avec la Roumanie. La zone euro, que les autorités roumaines souhaitent intégrer à moyen-long terme, représente 56,2 % des échanges commerciaux (+1,9 pp en glissement annuel). Bien que leurs échanges bilatéraux soient en net diminution (-13,6 %), l’Allemagne reste le partenaire commercial majeur de la Roumanie, notamment dans les échanges de machines et de matériels de transport [1]. Au total, l’Allemagne est la source de 20,3 % (+0,0 pp) des importations et la destination de 22,8 % (-0,3 pp) des exportations roumaines.
 
La France, 3ème client (6,5 % du total des exportations, -0,5 pp) et 6ème fournisseur (4,7 % du total des importations, -0,3 pp), voit son poids diminuer dans le commerce extérieur roumain du fait d’un commerce bilatéral en net recul (-18,9 %).
 
II. Les importations du secteur industriel en net déclin, à l’inverse des produits médicaux
 
Les importations roumaines sont structurellement soutenues par le dynamisme de la consommation privée et par l’approvisionnement du secteur industriel. D’un total de 50,3 Md€ sur les huit premiers mois de l’année (en baisse de -11,3 %), les importations roumaines ont été affectées par la mise en place d’une épargne de précaution et par les restrictions sanitaires. De ce fait, les importations de machines, appareils et matériels électriques et appareils de reproduction-enregistrement de son, télécommunications (14,4 % du total des importations, 1er poste importateur) ont considérablement diminué, de -11,2 %, tout comme les importations de véhicules routiers (8,3 % du total des importations), de -25,2 %.
 
La covid-19 a paralysé le secteur industriel, notamment dans son approvisionnement et sa capacité productive. Par conséquent, les importations d’intrants industriels ont considérablement diminué, que ce soit en (i) machines et équipements industriels (5,7 % du total des importations), -3,2 % ; (ii) pétrole et produits pétroliers (4,3 %), -37,2 % ; (iii) fabrication en métaux (4,2 %), -14,5 % ; (iv) fer et acier (3,9 %), -16,3 % ; (v) articles manufacturés divers (3,7 %), -11,4 %.
 
Afin de lutter contre la pandémie, les importations de produits médicaux et pharmaceutiques (5,0 % du total des importations) ont augmenté de +11,6 % en glissement annuel. Le secteur agri-agro s’est montré dynamique avec une augmentation de +5,3 % des importations de produits alimentaires (9,1 % du total des importations), et de +7,5 % de produits chimiques i.e. pesticides, insecticides, engrais (2,3 % du total des importations).
 
III. Les exportations diminuent plus fortement, du fait de la baisse de la production industrielle et de la faible demande externe
 
D’un total de 38,7 Md€ sur les huit premiers mois, les exportations roumaines ont diminué de -15,3 % en glissement annuel. A l’instar des importations, les exportations de produits médicaux et pharmaceutiques (1,5 % du total des exportations) se sont accrues de +11,6 %. Les exportations de type alimentaire (7,6 % du total des exportations) sont restées stable malgré la conjoncture et les restrictions, soutenues par la hausse de +1,4 % des exportations de céréales et produits céréaliers (4,4 % du total des exportations). Bien qu’en baisse de -10,7 %, les exportations de machines, appareils et matériels électriques et appareils de reproduction enregistrement de son et télécommunications reste le premier poste exportateur (16,3 % du total des exportations).
 
Le secteur industriel et ses exportations ont été lourdement affectés par les restrictions sanitaires et par la faible demande externe. L’industrie automobile a vu ses exportations de voitures de transport (6,8 % du total des exportations) et de pièces et accessoires pour véhicules (8,2 % du total des exportations) diminuer de -20,8 %. C’est le cas également pour l’industrie textile avec une baisse de -25,8 % des exportations de vêtements et accessoires (3,2 % du total des exportations). Globalement, l’industrie manufacturière suit cette tendance, avec une chute des exportations de (i) machines et équipements industriels (-6,8 % du total des exportations), - 16,7 % ; (ii) fer et acier (3,4 %), -21,3 % ; (iii) produits en caoutchouc (3,2 %), -20,0 % ; (iv) produits en métaux (3,0 %), -21,0 %.
 
IV. Le déficit commercial s’aggrave, soutenu par la dégradation de la compétitivité-prix des produits exportés
 
Le commerce extérieur roumain est caractérisé par un déséquilibre extérieur majeur, matérialisé par un déficit commercial structurel. Les politiques budgétaires [2] ont accru ce déséquilibre en stimulant la consommation domestique et de facto le niveau des importations, et en dégradant la compétitivité-prix des produits exportés par l’augmentation du coût du travail. Du fait d’une chute des exportations (-15,3 %) plus importante que celle des importations (-11,3 %), le déficit commercial s’est aggravé de -10,9 Md€ à -11,5 Md€ sur les huit premiers mois de l’année.
 
La Roumanie enregistre ses principaux déficits commerciaux bilatéraux avec la Chine (-2,8 Md€), la Hongrie (- 1,8 Md€) et la Pologne (-1,7 Md€), aggravés par l’appréciation du RON par rapport au CNY (+3,6 %), au HUF (+5,8 %) et au PLN (+1,8 %) entre le 1er janvier 2020 et le 31 août 2020. Le déficit commercial avec la zone euro s’est accru, de -3,9 Md€ à -5,5 Md€, malgré une dépréciation du RON par rapport à l’EUR (+1,0 % sur la période). En revanche, le pays présente des excédents commerciaux avec le Royaume-Uni (+0,3 Md€), les Etats-Unis (+0,3 Md€) et la Moldavie (0,2 Md€).
 
[1] Sur les huit premiers mois de l’année, l’Allemagne représentait respectivement 51,0 % et 67,1 % des importations et des exportations de la Roumanie en machines et matériels de transport.
[2] Depuis 2009, au moins 55,0 % des dépenses budgétaires sont allouées aux dépenses du personnel et aux aides d’assistance sociale. En 2019, le chiffre a atteint 63,7 % du total des dépenses budgétaires.
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