Relations économiques bilatérales

Nos liens économiques avec le Qatar sont solides, que ce soit sur le plan commercial ou financier. D’abord, parce que depuis 2014, le montant de nos échanges commerciaux a systématiquement dépassé 2 Mds EUR par an (4,5 Mds EUR en 2019) et notre solde bilatéral est largement excédentaire (record de 3,2 Mds EUR enregistré en 2019). D'autre part, parce que les entreprises françaises, bien implantées dans l’Emirat, ont été choisies pour mener à bien de nombreux projets dans les domaines des infrastructures , de l’énergie, de l’environnement ou encore des nouvelles technologies, et que la France demeure, à ce stade, l’une des destinations privilégiées de l’investissement qatarien à l’étranger, aux côtés du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de l’Allemagne.

 1. La relation commerciale entre la France et le Qatar se renforce, les échanges commerciaux ayant augmenté de 28% en 2019.

Nos exportations vers le Qatar ont augmenté de près de 27% en glissement annuel (ga) en 2019, pour s’établir à 3,8 Mds EUR. Ces résultats sont principalement attribuables aux excellentes performance de nos exportations aéronautiques (2,3 Mds EUR), qui représentent encore 60% de nos exportations vers le Qatar. Nos exportations hors-aéronautique ont toutefois plus que doublé en 2019 (1,5 Mds EUR, +120%), notamment grâce à la hausse de nos ventes de produits informatiques, électroniques et optiques, à 696 M EUR. La croissance des ventes de produits métallurgiques et métalliques (177 M EUR, +55%) s’explique notamment par la progression de nos exportations de tubes et tuyaux en acier (+37%, 89 M EUR) destinés à de grands projets hydriques. Quant aux exportations de produits chimiques, parfums et cosmétiques, elles se sont accrues en 2019 de 17% pour s’établir à 88 M EUR. Nos ventes de produits alimentaires et boissons vers le Qatar demeurent relativement faibles à 75 M EUR en 2019 (2% du total de nos exportations), même si elles sont à l'aune d'un pays de seulement 2,8 millions d'habitants. Au total, le Qatar est le 26ème client de la France (2ème de la région Proche et Moyen-Orient). La part de marché de la France au Qatar s’est établie à 3% en 2019 selon le FMI , ce qui positionne notre pays au rang de 10ème fournisseur de l’Emirat. 

Nos importations depuis le Qatar s’élèvent en 2019 à près de 678 M EUR (+38,3% par rapport à 2018). La hausse de nos achats s’est concentrée sur les produits pétroliers raffinés (+164%) qui comptent pour 53% de nos importations depuis le Qatar (359,8 M EUR) et les produits chimiques (+22%), principalement issus de la pétrochimie, qui représentent 11% de nos importations (75,2 M EUR). Le second poste d’importations, à savoir les hydrocarbures naturels (32% de nos approvisionnements, 221,5 M EUR), essentiellement du GNL, a enregistré quant à lui une baisse de 22,6 % en ga. Le Qatar est le 63ème fournisseur de la France (4ème de la région Proche et Moyen-Orient) en 2019 et notre marché a représenté 0,8% des exportations qatariennes en 2019 selon le FMI, faisant de notre pays le 17ème client de l’Emirat.

Notre solde vers le Qatar est largement excédentaire (3,2 Mds EUR en 2019), en progression de 24% par rapport à l’année 2018. Le Qatar constitue ainsi le 6ème excédent commercial de la France en 2019, devant les Emirats Arabes Unis.

 2. Les investissements entre la France et le Qatar sont élevés.

La France constitue une destination privilégiée des investissements qatariens. Selon les données de la Banque de France, le stock d’investissements directs qatariens (IDE) en France a augmenté depuis 2011, pour atteindre 3,6 Mds EUR en 2018 (0,49% du stock d’IDE en France). Mesurés en flux, les investissements directs qatariens vers la France ont toutefois été négatifs en 2018 (-653 M EUR. Ces investissements sont principalement dirigés vers l’immobilier, l’hôtellerie et le secteur financier.

Ces chiffres ne reflètent toutefois pas toute la réalité, les investissements qatariens en France étant souvent réalisés via des pays tiers et/ou sous forme de participations minoritaires dans des grands groupes, non prises en compte dans les flux d’IDE et qu’il est difficile de comptabiliser par ailleurs. Selon nos estimations, la France figure parmis les cinq premiers récipiendaires de l’investissement qatarien. A noter que l’investissement privé en France prend de l’ampleur, bien qu'il reste modeste car historiquement concebntré sur le Proche et Moyen Orient.

Notons que le fonds d’investissements souverain bilatéral "Future French Champions", doté de 300 M EUR, a été créé en 2013. Il s’agit d’un partenariat entre Bpifrance (ex-CDC IC) et le fonds souverain QIA qui a d'ores et déjà débouché sur des investissements dans 7 PME françaises à fort potentiel de croissance.

Les entreprises françaises affichent une forte présence au Qatar. Selon les données de la Banque de France, le stock d’IDE français au Qatar a été multiplié par trois depuis 2008, pour atteindre 2,7 Mds EUR en 2018 (0,2% du stock d’investissements français à l’étranger). Mesurés en flux, nos investissements directs au Qatar, négatifs en 2017 (dans un contexte de prix bas des hydrocarbures et de ralentissement économique), sont de nouveau positifs en 2018 à 1 Md EUR. Ces investissements sont principalement dirigés vers l’industrie pétro-gazière, l’industrie manufacturière et les services financiers.

A ce jour, plus de 120 implantations françaises sont recensées au Qatar (majoritairement des grands groupes, mais les PME/ETI se font plus nombreuses) ainsi qu’environ 80 franchises.

La communauté française au Qatar est évaluée à 5 000 personnes dont une grande partie est constituée de cadres et de chefs d’entreprise.

 

Publié le