Commerce extérieur du Portugal

Le commerce extérieur du Portugal en 2020

 Excédentaire depuis 2012, le solde du commerce extérieur portugais a été exceptionnellement déficitaire en 2020 (- 3,6Mds€), l’excédent de la balance des services (+ 8,6Mds€) ne parvenant plus à compenser le déficit de la balance des biens (- 12Mds€) qui se résorbe pourtant. Ainsi, l’excédent de la balance des services se contracte de 52% par rapport à l’année précédente, conséquence de la chute du tourisme. En symétrie, le déficit de la balance des biens diminue de 25%, la baisse des importations dépassant celle des exportations, presque à leur niveau pré-pandémie au 2nd semestre.
1. Le solde commercial des biens reste déficitaire mais s'améliore significativement

En 2020, le solde commercial de biens du Portugal reste négatif (-12Mds€) mais se réduit fortement (25%), du fait d’une baisse des importations (-13%) plus marquée que celle des exportations (-10%).

Une baisse prolongée des importations de biens

Le point bas correspond au premier confinement (cf. annexe 1), avec une baisse de 39% en g.a. en avril et en mai. La reprise est continue à partir de juin mais les importations demeurent en-deçà des niveaux 2019 : 12% en octobre et novembre, -7% en décembre.

Les secteurs les plus touchés sont les importations de voitures (-30% ; -1,4Mds€) et d’autres matériels de transports (-35% ; -3,4Mds€), ainsi que celles de combustibles (-36% ; -3,2Mds€). On note à l’inverse une hausse des importations de produits pharmaceutiques d’environ 11%, devenu le 3ème déficit le plus important (hors hydrocarbures) de la balance des biens.

Géographiquement, les principaux fournisseurs de biens restent inchangés, avec une tendance au renforcement du poids des partenaires européens : l’Espagne reste largement en tête représentant environ un tiers des importations (31%), suivie de l’Allemagne (13%) et de la France (8% ; contre 10% en 2019, marquée par une livraison exceptionnelle d’aéronefs). Au demeurant, les achats depuis l’Union Européenne ont repris plus rapidement que ceux depuis le reste du monde. En juin, les importations ont baissé de -19 % en glissement annuel tandis que les importations extra-EU enregistraient une baisse de - 34 % (cf. graphique 4).

La Chine maintient sa position (6ème) et enregistre la seule progression parmi les principaux fournisseurs du pays sur l’année 2020 (+3%), soutenue par les importations de biens de consommation et de produits de lutte contre la pandémie (EPI).

Rebond rapide des exportations après les mois de confinement

La diminution des exportations est moins marquée grâce à la reprise relativement rapide vers quelques marchés clés. Après une chute prononcée en avril et mai (-41 % et -39 %, respectivement), les exportations de biens ont fortement récupéré (-11 % et -7 % en g.a. en juin et juillet). Les chiffres sont quasi-identiques à 2019 dès le mois d’août, avant de rechuter légèrement en décembre (-7%), cf. graphique 1. 

Comme pour les importations, les exportations ont repris plus rapidement avec les partenaires de l’Union Européenne. En août, les exportations au sein de l’UE avaient quasiment atteint leur niveau de 2019, tandis que les exportations hors-UE enregistraient encore une baisse de -9 % en glissement annuel. 

Entre secteurs, l’impact de la crise est hétérogène : l’agriculture et de l’agroalimentaire sont d’une grande stabilité sur l’ensemble de l’année tandis que les ventes de voitures (-26%) et d’autres matériels de transport (-13%), ainsi que de combustibles et lubrifiants (-32%) enregistrent des reculs notables.

La reprise des exportations est concentrée géographiquement : les principaux marchés européens voient leur part se maintenir ou légèrement augmenter. L’Espagne représente toujours un quart des exportations portugaises suivie du marché français (14 %) qui résiste comparativement mieux que les autres pays européens.

Ainsi, la France remplace l’Allemagne comme 2ème pays client des biens vendus par le Portugal et devient le 1er excédent commercial de biens du Portugal.

L’Espagne, la France et l’Allemagne, représentent un peu moins de la moitié des exportations portugaises, du fait de la hausse de la part des exportations vers le Royaume-Uni, de 6% en 2019 à 9% en 2020.

2. Le solde commercial des services demeure excédentaire mais s’effondre

La reprise économique au Portugal suivant la crise de 2008-2014 avait largement reposé sur le tourisme, principale composante des exportations de services depuis le Portugal. Avec les transports, le tourisme était responsable de plus de 90% de l’excédent de la balance des services au Portugal en 2019.

Suite à l’effondrement du tourisme après l’imposition de restrictions sanitaires pour lutter contre la Covid-19, la balance commerciale des services reste positive mais se dégrade. Son excédent a diminué de plus de moitié sur l’année 2020 (- 52% ; 8,6Mds€). 

Les exportations de services pâtissent de leur dépendance au tourisme et s’effondrent

Inversement au commerce de biens, le commerce de services voit la chute des exportations (-37%) dépasser nettement celle des importations (-23%). Contributeur à plus de la moitié des exportations de services du Portugal en 2019, le secteur du tourisme s’effondre en 2020 : l’excédent du poste « voyages et tourisme » est passé d’environ 15 Mds€ en 2019 à 4,6 Mds€ en 2020. C’est également le secteur qui a le plus contribué à la contraction du PIB portugais en 2020.

En outre, la Banque du Portugal anticipe une récupération très graduelle des exportations du tourisme, prévoyant qu’en 2023 les exportations du secteur soient encore en deçà de leur niveau de 2019.

D’autres secteurs sont particulièrement touchés par la pandémie et enregistrent de fortes baisses comme les services culturels et récréatifs (-40%) et la construction (-27%). A l’inverse, les exportations des services de télécommunication et informatiques ont augmenté (+12%) et permettent une amélioration de l’excédent sur ce poste, 3ème de la balance des services, de 500 à 660M€.

La diminution des importations de services, plus contenue, ne compense pas la chute d’exportations

Les dépenses à l’étranger des touristes portugais ont fortement diminué (-42%) mais elles sont loin de compenser la contraction des exportations.

 

Publié le