Relations économiques entre la France et la Pologne

Résumé : Avec des échanges commerciaux atteignant presque 22 Md EUR, en hausse de 5,5% en 2019 et un déficit bilatéral se creusant au-delà des 1,5 milliards d’euros, la France constitue le 4ème partenaire commercial de la Pologne. Le volume du commerce bilatéral a enregistré entre 2014 et 2017 une croissance à deux chiffres et représente en 2019 le double du volume atteint en 2009. La part de la France dans les importations de la Pologne reste toutefois limitée à 3,6% (contre 5% pour l'Italie). En 2019, les importations en France de produits polonais progressaient de 8,1% à 11,8 Md EUR, alors que nos exportations vers la Pologne n’ont augmenté que de 2,8%. En termes d’IDE, la France est présente au travers de près de 1 200 entreprises, PME et grands groupes, notamment dans les secteurs des télécoms, de l’énergie, de la distribution et de la banque, qui emploient plus de 200 000 personnes (3ème employeur étranger) : la France se place ainsi au 4ème rang des investisseurs étrangers en Pologne (près de 18,1 Md EUR de stock d’investissements en 2018) et au 3ème rang par la capitalisation financière (près de 5,9 Md EUR d’actifs contrôlés par des entités françaises). Si l’on retraite les flux d’IDE qui transitent par les Pays-Bas, la France se placerait plutôt au 2ème rang des investisseurs derrière l’Allemagne (17%).

           1. Commerce de marchandises

Dans un contexte de croissance continue d’échanges bilatéraux qui ont, en 2019, atteint un nouveau pic historique de 21,96 Md EUR[1] (+5,5%), le solde des échanges de biens laisse apparaître un déficit de 1558 M EUR, qui tend à se creuser nettement par rapport au niveau atteint en 2018 (960 M EUR).

Avec 10,2 Md EUR d’exportations de produits français en Pologne, en hausse de 2,8% (+282 M EUR) en euros constants et en g.a, la France était le sixième fournisseur de la Pologne en 2019 et représentait 3,6% des importations polonaises. La Pologne était le dixième client français et représentait 2% de nos exportations (FAB) en 2019.

Avec 11,76 Md EUR d’importations de produits polonais en France, en hausse de 8,1% (+880 M EUR) en euros constants et en g.a, la France était le quatrième client polonais à l’exportation en 2019 ; elle représentait 5,9% de l’ensemble des exportations polonaises. La Pologne était le dixième fournisseur de la France, elle représentait 2,1% de nos importations (CAF) en 2019. Les échanges franco-polonais représentaient 4,75% du commerce extérieur polonais, faisant de la France le quatrième partenaire de la Pologne. Du point de vue français, les échanges avec la Pologne s’élevaient à 2% des échanges extérieurs français, faisant de la Pologne notre dixième partenaire.

Au cours de la période allant de juin 2019 à mai 2020, les produits français exportés en Pologne étaient principalement des véhicules automobiles (10,9% des exportations totales), suivi des machines et équipements d’usage général (7,4%), des produits pharmaceutiques (6,3%) et des produits chimiques divers (6,2%). On notera sur cette période, la forte hausse des exportations de produits pharmaceutiques (+28,5%), des machines et équipements d’usage général (+10,8%) et du matériel électrique (+12,2%). En revanche, les exportations de véhicules automobiles connaissent une baisse de 18,7%.

Les produits polonais importés en France entre juin 2019 et mai 2020 étaient principalement du matériel électrique (8,6% des importations totales), des véhicules automobiles (6,9%), des équipements automobiles (6,6%) et des meubles (5,7%). On notera au cours de cette période la forte hausse des importations de produits de tabac manufacturé (+52,1%) et de matériel électrique (+38,2%) ainsi que la forte baisse des importations de véhicules automobiles (-13,1%), des équipements pour automobile        (-11,3%) et des produits en caoutchouc (-19,6%).



[1] Les données proviennent, sauf indication contraire, des douanes françaises.

         2. Investissements directs français en Pologne

D’après la Banque centrale polonaise (NBP), la France a été, en 2018, à l’origine d’un flux d’IDE net négatif de 131,6 M EUR[1] (après un flux négatif de 811,3 M EUR en 2017) en raison d’un net recul des instruments de dette en provenance de l’étranger (-1124,8 M EUR), malgré une nette hausse des nouveaux investissements en capitaux propres (+402,5 M EUR) et que les bénéfices réinvestis demeurent consistants (590,7 M EUR).

Le stock d’IDE français s’élevait en 2018 à 18,12 Md EUR (soit 9,1% du total des IDE étrangers en Pologne), en repli de 405 M EUR par rapport à 2017 dû à une baisse des prêts nets (-624 M EUR) malgré une nette hausse des engagements en capital (+200,8 M EUR). La France apparaît ainsi au quatrième rang des principaux investisseurs directs étrangers, devancée par les Pays-Bas (21,3% du total), l’Allemagne (17,5%) et le Luxembourg (14,2%). Le stock français se différencie, au sein des principaux investisseurs, par une proportion d’instruments de créance nettement supérieure (39% du total) à celle de ses concurrents (24% du total des IDE en Pologne) : 11,05 Md EUR sont ainsi entrés en Pologne sous forme de capitaux propres (quatrième position mondiale) et 7,08 Md EUR sous forme de titres de créance (deuxième position mondiale). L’importance du classement des investisseurs étrangers est à relativiser en raison des flux indirects qui transitent par les Pays-Bas, le Luxembourg et Chypre, qui placeraient la France, avec une part de 11%, au deuxième rang des investisseurs étrangers derrière l’Allemagne (17%) et ex-aequo avec les Etats-Unis pour l’année 2016.

Les IDE français en Pologne ont généré 1,61 Md EUR de revenus d’investissements en 2018, dont 592,1 M EUR sous forme de dividendes, 590,7 M EUR sous forme de bénéfices réinvestis et 424,5 M EUR sous forme d’intérêts. Sans surprise et à l’instar de ses investissements directs, la France se situe au quatrième rang tant en termes de revenus d’investissements qu’en termes de bénéfices réinvestis (après l’Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg).



[1] On notera en revanche que les flux d’IDE entrants en Pologne ont augmenté de près de 45% en 2018 comparé à 2017 (atteignant au total 11,818 milliards d’euros), d’après les chiffres publiées par la NBP début octobre 2019.

             3. Présence française en Pologne

L’institut statistique polonais (GUS) faisait état pour 2018 de 1 194 entreprises contrôlées en partie par des entités françaises, avec des actifs estimés à 5,9 Md EUR (soit 12,8% du total des actifs étrangers), dont 70% contrôlées majoritairement par des groupes français. Par capitalisation, la France est ainsi le troisième acteur étranger en Pologne en 2018 derrière les Pays-Bas (10,7 Md EUR, soit 23,2%) et l’Allemagne (7,6 Md EUR, soit 16,6%). Si les filiales ayant un capital supérieur à 1 M USD ne représentaient qu’un quart de l’ensemble des filiales polonaises, elles absorbaient près de 98,5% du capital français en Pologne. Selon le GUS, elles concentraient l’essentiel de leurs actifs dans le secteur des télécoms, qui représentait, en raison du poids d’Orange Polska (44,7% du capital filiales françaises). La France se distingue également par sa présence dans les secteurs de la distribution et de l’énergie, qui représentaient 16,8% et 7,1% du total des actifs des filiales (chiffre attendu en baisse suite aux cessions d’EDF et Engie), et se caractérise, par un investissement manufacturier plus limité (20,2 % du total) que l’Allemagne et les Pays-Bas, dont près d’un tiers des actifs étaient représentés par des entreprises manufacturières.

Avec 34,3 Md EUR de chiffre d’affaires cumulés, les entreprises françaises se positionnaient en 2017 à la troisième place derrière l’Allemagne (69,6 Md EUR) et les Etats-Unis (38,7 Md EUR), selon les données du GUS. Toujours selon le GUS, la France, avec 197 682 employés (plus de 200 000 selon les estimations de la CCIFP), apparaît comme le troisième employeur après l’Allemagne (361 434 employés) et les Etats-Unis (224 108). Le secteur de la distribution affiche les plus grands effectifs (Auchan : 20 000 et Carrefour : 16 000) devant le numéro 1 des télécoms, Orange (14 587).

Au-delà des simples flux d’IDE, la France est également présente en Pologne à travers son secteur bancaire. La France était en 2019 la troisième nationalité bancaire avec 7,6% des actifs du secteur bancaire polonais, derrière l’Espagne (10,3%) et l’Allemagne (9,4%), selon l’autorité de surveillance financière KNF).

Conclusion :

Les investissements français en Pologne reflètent, le positionnement stratégique du marché polonais au sein de la chaîne de production centre-européenne et la compétitivité-coût du marché polonais par rapport à ses partenaires européens et le fort potentiel du marché intérieur. Toutefois la stabilité de l’environnement institutionnel et réglementaire, commence à connaître des restrictions ponctuelles dans certains secteurs d’activité (médias, transports aériens, secteur bancaire), et une modification du climat général liée au processus de repolonisation de l’économie.


 

[1] Les données proviennent, sauf indication contraire, des douanes françaises.

[2] On notera en revanche que les flux d’IDE entrants en Pologne ont augmenté de près de 45% en 2018 comparé à 2017 (atteignant au total 11,818 milliards d’euros), d’après les chiffres publiées par la NBP début octobre 2019.

[3] Implantée aux Pays-Bas, la société d’investissement immobilier cotée (SIIC) possède notamment quatre centres commerciaux en Pologne, dont le parc est évalué à 2-3 Md €.

 


 


 


 

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