Les échanges commerciaux France - Pérou en 2017

 

Les échanges commerciaux entre la France et le Pérou en 2017 ont atteint un total de 699 M€, soit une baisse de 8% par rapport à 2016. Cependant l’évolution par rapport à 2016 doit être retraitée du fait de la vente exceptionnelle d’un satellite d’observation cette année-là. Sans l’effet satellite, les échanges bilatéraux totaux sont en hausse de 3,6 %. Il en va de même pour nos exportations qui s’élèvent en 2017 à 240 M €, soit une baisse de 24 % mais sans l’effet satellite de 2016, nos exportations sont en hausse de 4,8 %. Notre déficit commercial, structurel, se situe à 218 M€, une hausse de 72 %, il est le plus élevé depuis 10 ans. Les importations françaises sont en augmentation de 3 %, elles atteignent 459 M€. Elles restent surtout concentrées sur les produits agricoles et agroalimentaires qui représentent 65% de nos achats.

 

1/  Les échanges commerciaux bilatéraux qui atteignent 699 M€ en 2017 sont en baisse de 8 % mais ils sont en hausse de 3,6 % si l’on prend en compte « l’effet satellite de 2016 »

 Le montant total des échanges commerciaux bilatéraux atteint 699 M€ en 2017 alors qu’il était de 763 M€ en 2016, soit une baisse de 8%. Nos ventes au Pérou (241 M€ FAB) restent nettement en deçà de nos achats (459 M€ CAF). Ainsi notre déficit commercial, de nature structurelle, s’établit à 218 M€ en 2017 contre 127 M€ en 2016, soit un creusement de 72%. Quant à notre taux de couverture, il baisse à 52 % en 2017, alors qu’il était de 71 % en 2016.

 Ce résultat s’explique par une forte baisse de nos exportations (- 24%), alors que nos importations ont connu une légère hausse (+ 3%). Toutefois l’analyse de l’évolution des échanges commerciaux bilatéraux en 2017 doit être retraitée au regard d’un flux d’exportation exceptionnel enregistré en 2016 avec la vente d’un satellite d’observation. Sans tenir compte de cette vente, les échanges bilatéraux auraient augmenté de 3,6 % en 2017 et le déficit commercial n’aurait augmenté que de 1%.

 Ce niveau global de nos échanges bilatéraux est relativement faible et en deçà du potentiel des deux économies, particulièrement pour nos exportations. Cependant, celles-ci ne sont pas représentatives de la présence réelle des produits français car de nombreux groupes tricolores fournissent le marché péruvien à partir de centres de production et de distribution installés dans des pays tiers.

 Le Pérou se classe en 2017 au 90 ème rang de nos clients et au 69 ème rang de nos fournisseurs, ne représentant qu’environ 0,07 % de notre commerce extérieur. La France est le 26ème client du Pérou et son 20ème fournisseur

 

2/ Les exportations françaises qui atteignait 240 M€ sont en baisse de 24% mais elles sont en hausse de 4,8 % si l’on ne tient pas compte de la vente exceptionnelle d’un satellite en 2016.

 Nos exportations atteignent 240 M€ en 2017, elles sont en baisse de 24 % par rapport à 2016. Toutefois si l’on exclut pour 2016 la part des exportations exceptionnelles liées au satellite, nos exportations en 2017 sont en hausse de 4,8 %.

 Le pôle « Autres produits industriels», est notre premier pôle exportateur en 2017 et connait des résultats contrastés, (exportations de 106,3 M€, -2,7 % par rapport à 2016). Certains postes sont en hausse : « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (39,8 M€, +6,7%), « produits pharmaceutiques » (38,8 M€, + 20,9%), « produits en caoutchouc, en plastique et minéraux » (8,8 M €, + 12,6%) et d’autres sont en baisse : « textile, habillement, cuir, chaussures » (2,4 M€, - 9,1 %),  « bois, papier et cartons » ( 1,3 M€, - 42,8 %) et « produits métallurgiques et métalliques (8,5 M€, - 55,4 %).

 Le pôle d’exportation « équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques » (87,1 M€, + 6,4 %), deuxième pôle exportateur en 2017, est en hausse grâce au poste « machines industrielles et agricoles » (52,7 M€, + 24,8 %). Et ce malgré la baisse pour la deuxième année consécutive des « équipements électriques et ménagers » (20,1 M€, - 9,3 %) et des « produits informatiques, électroniques et optiques » (14,3 M€, - 18,1 %).

 Le pôle « produits des industries agroalimentaires », notre 3ème pôle d’exportation est encore dynamique en 2017, avec un montant de 21,5 M€ soit une hausse de 9,8 % (après une hausse de 13,8 % en 2016). Elle s’explique par une hausse des produits amylacés (1,7 M€, +14,8%) ; la forte récupération  des huiles et graisses (4,4 M€, +41,1%) après une chute en 2016 ; le doublement des exportations d’aliments pour animaux de ferme (2,7 M€, +135%) et boissons alcoolisées distillées (1 M€, +98,8%) ; et l’apparition d’un nouveau flux de malt (3,6 M€). Le vin de raisin connaît également une évolution positive (1,9 M€, +28,1%). En revanche, on observe un net recul des exportations de produits laitiers et fromages (3,8 M€, - 44,2%) et la quasi disparition des aliments homogénéisés et diététiques.

 Le pôle « matériels de transports » est notre quatrième pôle exportateur en 2017, alors qu’il était le deuxième en 2016, avec « l’effet satellite ». Il atteint un montant de 17,4 M € en 2017 ce qui représente une diminution de 82,4% mais, hors satellite, il est en hausse de 70,7%. Il comprend également les exportations de véhicules automobiles qui, après une progression de 66,9% en 2016, font plus que doubler en 2017 (14,2 M€, + 128,1 %).

 La plupart de nos grandes filiales locales n’apparaissent pas dans la liste des principaux importateurs de produits français au Pérou car elles s’approvisionnent par le biais de centres de production ou de distribution installés dans des pays tiers :

- Michelin fait ainsi venir ses produits d’un centre régional situé aux Pays-Bas ;

- L’Oréal importe au Pérou depuis la France mais aussi depuis ses unités de production au Mexique et aux États-Unis

- une part conséquente des approvisionnements de Legrand provient des filiales hors de France du groupe.

 De plus, Alstom, Thales (hors secteur militaire), Veolia, Suez-Environnement, Saint-Gobain PAM, pour ne citer que quelques-uns des groupes français actifs au Pérou, participent tous de cette globalisation et sous-traitent une partie importante de la réalisation de leurs grands contrats à des filiales installées dans des pays tiers (en premier lieu l’Espagne).

 La France est classée seulement au 20ème rang des fournisseurs du Pérou qui est notre 7ème pays client en Amérique latine, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili, l’Argentine, la Colombie et le Panama.

 

3) Les importations françaises  progressent de 3 % (459 M€) en 2017, avec des résultats contrastés

Nos achats de produits péruviens s’établissent à 459 M€ en 2017, en progression modeste de 3%, mais qui s’inscrit dans un trend de hausse durable. Les résultats sont contrastés : une augmentation modeste des importations de produits agricoles dont le poids reste majeur (fruits tropicaux surtout qui représentent un quart de nos importations) ; une hausse des produits industriels (produits métallurgiques, produits chimiques) ; une hausse marquée des hydrocarbures et produits des industries extractives qui se récupèrent après un bref déclin. En revanche, les produits des industries agroalimentaires reculent fortement atteignant leur niveau le plus bas depuis 8 ans.

 Les principaux pôles d’importation, qui couvrent environ 99 % de nos achats sont les 4 suivants :

- Les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture» (176,8 M€, + 0,6 %) dont les principaux postes agrégés sont « fruits tropicaux et subtropicaux » (115,8 M€, + 7,8 %), « plantes à boisson » (25,4 M€, - 28.7 %), « céréales » (8,4 M€, + 6,4 %), « légumes et melons » (8,4 M€, + 0,8 %), « autres fruits d’arbres ou d’arbustes » (7,4 M€, -4,9 %) et « raisin » (6,4 M€, + 19,2 %).

- Les «  produits des industries agroalimentaires » (123 M€, - 12 %) dont les principaux postes sont « préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche » (58,4 M€ ; - 20,9 %) et  « autres préparations et conserves à base de fruits et légumes »  (46,9 M€, - 8,6 %).

- Les « produits industriels » (99,1 M€, + 15,7 %) dont les principaux postes sont les suivants :

« textile, habillement, cuir et chaussures » (22,3 M€ (dont vêtements de dessous 14 M€), + 11,5 %), « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (8,1M€, - 20,7 %), « produits métallurgiques et métalliques » (61,1 M € (dont 52,9 M€ pour le plomb, le zinc et l’étain), + 22,6 %) et « bois, papiers et carton »  (6,4 M€, + 36,4 %).

- Les « hydrocarbures naturels, produits des industries extractives  » (55,5 M€, + 30,2 %) dont le principal poste est le gaz naturel (35,2 M€, +21,7%) et dont on a vu apparaitre le poste produits du raffinage du pétrole (3,1 M€, +2,5 M%).

 Le Pérou se classe 5ème fournisseur de la France en Amérique Latine, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili et la Colombie.

 

 

Hors effet satellite, les échanges commerciaux bilatéraux ont progressé en 2017 de près de 4 % alors qu’ils étaient stables en 2016. Ils ont aussi atteint leur niveau le plus élevé et ce malgré un ralentissement de la croissance économique du Pérou en 2017 (+2,5 %). Nos exportations (hors satellite) ont progressé en 2017 par rapport à 2016, avec une poussée notable des ventes de produits pharmaceutiques et de véhicules automobiles. Elles restent toutefois modestes et se situent à un niveau inférieur à 2015

 L’impact de la mise en œuvre de l’ALE entre le Pérou et l’UE se fait encore peu sentir. Nos exportations agroalimentaires, principal secteur d’intérêt offensif dans l’ALE, sont certes en augmentation mais ne décollent pas vraiment. Le fort recul des exportations de produits laitiers et fromages est décevant, il est contrebalancé par une augmentation marquée des exportations de vin de raisin mais qui se situent encore à un faible niveau.

 Plus largement, le  niveau modeste de nos exportations s’explique surtout par l’absence de grands groupes français de distribution ou d’usines d’assemblage, de la faible part française dans les grands contrats d’équipements (hors militaire) et de l’approvisionnement du marché en produits ou marques français effectué majoritairement à partir de pays tiers qui constituent autant de freins structurels (et statistiques) pour améliorer notre position.

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