Les échanges commerciaux France - Pérou en 2018

 

Les échanges commerciaux entre la France et le Pérou en 2018 ont atteint un total de 703 M€, soit une très légère croissance de 0,5% (+3,5 M€) par rapport à 2017. Toutefois, il s’agit du niveau le plus élevé de ces 10 dernières années si l’on exclut l’année 2016 où nos exportations avaient été dopées par la vente d’un satellite d’observation. Nos exportations ont reculé de 5% par rapport à 2017 pour atteindre 228 M€ tandis que nos importations affichent un niveau historique de 475 M€. Notre déficit commercial qui est structurel s’établit au niveau record de 247 M€.

 

1/  Le niveau historique des échanges commerciaux bilatéraux, à hauteur de 703 M€, est en cohérence avec leur constante progression depuis une décennie

 

Le montant total des échanges commerciaux bilatéraux atteint 703 M€ en 2018 alors qu’il était de 700 M€ en 2017, soit une hausse de 0,5%. Nos ventes au Pérou (228 M€ FAB) restent nettement en deçà de nos achats (475 M€ CAF). Ainsi notre déficit commercial, de nature structurelle, s’établit à 247 M€ en 2018 contre 218 M€ en 2017, soit un creusement de 13%. Quant à notre taux de couverture, il baisse à 48%, son niveau le plus bas en 10 ans, alors qu’il était de 52 % en 2017.

 

Ce résultat s’explique par la légère progression de nos importations (+3,5%) alors que nos exportations connaissent une baisse de 5%. Sur la durée, le creusement progressif de notre déficit commercial s’explique par la progression modeste mais régulière de nos importations (2018 marque la 5ème année consécutive d’augmentation) alors que le niveau de nos exportations présente davantage de fluctuations.

 

Le total de nos échanges bilatéraux est relativement faible et en deçà du potentiel des deux économies, particulièrement pour nos exportations. Cependant, celles-ci ne sont pas représentatives de la présence réelle des produits français car de nombreux groupes tricolores fournissent le marché péruvien à partir de centres de production et de distribution installés dans des pays tiers.

 

Le Pérou se retrouve en 2018 au 93ème rang de nos clients (90ème en 2017) et au 71ème rang de nos fournisseurs (69ème en 2017), ne représentant qu’environ 0,07 % de notre commerce extérieur.

 

2/ Les exportations françaises qui atteignent 228 M€ sont au niveau le plus bas de ces 4 dernières années

 

Nos exportations, constituées à 97% de produits manufacturés, atteignent 228 M€ en 2018, soit une baisse de 5 % par rapport à 2017.

 

Le pôle « autres produits industriels» (106,7 M€, +0,4% par rapport à 2017) qui représente 48% de nos exportations en 2018 est toujours notre premier pôle exportateur en 2018 mais il est en quasi-stagnation (+0,4%). Sur les sept postes de ce pôle, six d’entre eux sont en hausse en 2018. Les « produits chimiques, parfums et cosmétiques » sont en hausse de 11,2%, et atteignent un record de 44,2 M€. Le sous-poste le plus important est « autres produits chimiques » (15 M€, +63,9%), ce qui montre une plus grande diversité des produits de ce pôle et compense le recul de sous-postes importants tels les « autres produits chimiques organiques de base (8,5 M€, -4,6%) et les parfums (6,4 M€, -11%).  Un autre poste qui atteint un niveau historique est « produits manufacturés divers » (8,6 M€, +27,1%) avec une nette progression du sous-poste « instruments et fournitures à usage médical et dentaire » (5,9 M€ +42,7%). Après une année 2017 décevante, on voit une récupération des « produits métallurgiques et métalliques » (10,5 M€, +24%); des « textiles, habillement, cuir, chaussures » (2,6 M€, +6,1 %) ; et des « bois, papier et cartons » (1,5 M€, +19,9 %). Pour sa part les, « produits en caoutchouc, en plastique et minéraux divers » (9,9 M€, + 13,7%) progressent pour la 3ème année consécutive. Cette tendance à la hausse est contrecarrée par les mauvais résultats des produits pharmaceutiques (29,3 M€, -24,6%) qui s’explique par le net recul des préparations pharmaceutiques, premier produit d’exportation, qui chutent de 10,5 M€ (-28%) pour retrouver le niveau de 2015 (26,8 M€).  

 

Le pôle d’exportation « équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques » (79,5 M€, - 8,7 %), deuxième pôle exportateur en 2018, est en baisse à cause du poste « machines industrielles et agricoles » (42,2 M€, -19,9 %). Et ce malgré la récupération, après 2 années de recul, des « équipements électriques et ménagers » (22,8 M€, +13,1%) et des « produits informatiques, électroniques et optiques » (14,5 M€, + 1,9 %). Certains de nos principaux produits d’exportation de ce pôle connaissent des résultats très contrastés. De nets progrès pour les machines pour l’extraction ou la construction (15,6 M€, +13%) et le matériel de distribution et de commande électrique (15 M€, +11,7%) contrastent avec le recul des instruments et appareils de mesure, essai et navigation (5,3 M€, -28,7%), les machines pour le travail du caoutchouc ou des matières plastiques (4,7 M€, -36,2%) et le matériel de levage et de manutention (4,4 M€, -43,2%).

 

Le pôle « matériels de transports » (19,1 M €, 9,9%) passe du quatrième au troisième pôle exportateur en 2018. On remarque la chute des exportations de véhicules automobiles (13,4 M € ; -6%), cinquième produit d’exportation français, qui s’explique par la hausse de l’impôt sélectif à la consommation (droits d’accises) sur les véhicules neufs. En revanche, des progrès sont observés dans l’exportation de cycles et véhicules pour invalides qui passent de 15 000 € à 1,5 M € en 2018, (le système de VLS (vélos en libre-service) doit prochainement être lancé à Lima par l’entreprise française Smoove) ainsi que dans les aéronefs et engins spatiaux (889 923 €, +576%).

 

Le pôle « produits des industries agroalimentaires » (13,1 M€, -39,3 %), notre quatrième pôle d’exportation connaît une forte chute, après 4 années de croissance consécutive.  Cela s’explique par la quasi disparition des exportations d’huiles et graisses qui ont chuté de 4,2 M€ (-94%) et de malt qui ont chuté de 3,3 M€ (-99%). D’autres postes d’envergure qui ont reculé sont les aliments pour animaux de ferme qui se sont réduits de moitié pour atteindre 1,3 M€, les boissons alcoolisées distillées (534 000 €, -47%) et le vin de raisin (1,4 M€, -22,2%) à cause de la hausse de l’impôt sélectif à la consommation (ISC) sur les boissons alcoolisées. Malgré tout, on peut souligner une nette progression des aliments pour animaux de compagnie (1,5 M€, +139%) et les produits laitiers et fromages (4,3 M€, +12,9%). Enfin, représentant 13% des exportations agroalimentaires, les produits amylacés (1,7 M€ en 2018) progressent modestement de 1,3%.  

 

La plupart de nos grandes filiales locales n’apparaissent pas dans la liste des principaux importateurs de produits français au Pérou car elles s’approvisionnent par le biais de centres de production ou de distribution installés dans des pays tiers :

- Michelin fait ainsi venir ses produits d’un centre régional situé aux Pays-Bas ;

- L’Oréal importe au Pérou depuis la France mais aussi depuis ses unités de production au Mexique et aux États-Unis

- une part conséquente des approvisionnements de Legrand provient des filiales hors de France du groupe.

 

De plus, Alstom, Thales (hors secteur militaire), Veolia, Suez-Environnement, Saint-Gobain PAM, pour ne citer que quelques-uns des groupes français actifs au Pérou, participent tous de cette globalisation et sous-traitent une partie de la réalisation de leurs contrats à des filiales installées dans des pays tiers (en premier lieu en Espagne).

 

La France est classée au 21ème rang des fournisseurs du Pérou qui est notre 7ème pays client en Amérique latine, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili, l’Argentine, la Colombie et le Panama.

 

 

3) Les importations françaises progressent de 3,5 % (475 M€) en 2018, avec des résultats contrastés

 

Nos achats de produits péruviens s’établissent à 475 M€ en 2018, en légère progression de 3%, mais qui s’inscrit dans un trend de hausse régulière. Le poids des produits industriels dans nos importations n’est que de 52% (249 M€) ce qui est normal étant donné que le Pérou exporte essentiellement des produits agricoles et miniers.

 

En effet, le premier pôle d’importation sont les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture » (186 M€, +5,2%) dont les fruits tropicaux et subtropicaux (108,8 M€, -6,1%) sont en baisse mais continuent d’être le premier produit importé (23% des importations totales). Ceci est plus que compensé par les hausses des plantes à boisson (28,4 M€, +12%), autres fruits d’arbres ou d’arbustes (12,9 M€, +73,5%), légumes, melons, racines et tubercules (10,6 M€, +27,4%) et raisins (9,8 M€, +53,8%).

 

Le deuxième pôle d’importation est « industrie agroalimentaire », (121,5 M€, -1,3%) qui comporte  des reculs importants sur les préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche (55,1 M€, -5,6%), [alors que la pêche a connu une année très faste au Pérou], les autres préparations et conserves à base de fruits et légumes (42,2 M€, -9,9%), et les jus de fruits et légumes (3,5 M€, -29,2%). En revanche, on observe des progrès dans les huiles et graisses (12,5 M€, +127,5%) et pour le cacao, chocolat et produits de confiserie (3,8 M€, +37,9%) malgré les restrictions sanitaires imposées par l’UE au cacao péruvien entrées en vigueur cette année.

 

Le troisième pôle d’importation est  « autres produits industriels » (108,8 M€, +9,6%) dont le poste le plus important est  « produits métallurgiques et métalliques » (62,5 M€, +2,2%) qui se caractérise par  un effondrement des importations de métaux précieux (916 000 €, perte de 5 M€), compensé par la hausse du sous-poste « plomb, zinc et étain » (59,1 M€, +11,6%). On constate que la France n’a importé, en 2018, que 24 000 € de cuivre péruvien, pourtant le produit phare du pays andin. Pour le poste « textiles, habillement, cuir, chaussures » (28 M€, +27,3%) il est observé un recul des « fils et filés » (457 000 €, -74%) compensé par les vêtements de dessous (19,5 M€, +36,4%) et les autres articles à mailles (5,7 M€, +73,7%). Sur  le poste « bois, papier et carton » on remarque la progression du sous-poste «  bois, sciés et rabotés » (9,4 M€, +46,6%).

 

Le pôle d’importation « hydrocarbures naturels, produits des industries extractives  » (39,6 M€) s’effondre de 28,5%, dont le gaz naturel (25,4 M€, -27,75 %) et les autres minerais métalliques (14,2 M€, -29,6%). Le poste « produits du raffinage du pétrole », apparu en 2017, progresse très fortement en 2018 (17,3 M€,  + 463%).

 

Le Pérou se classe 5ème fournisseur de la France en Amérique Latine, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili et la Colombie. La France est le 23ème client du Pérou

 

Les échanges commerciaux bilatéraux ont peu progressé en 2018 (+0,5%) même s’ils affichent leur niveau historique le plus élevé en raison de la hausse de nos importations. Nos exportations connaissent un déclin par rapport à 2017, en raison notamment d’une baisse sensible des produits pharmaceutiques, liée aux lourdes procédures de la DIGEMID pour l’obtention des autorisations de mise sur le marché (AMM). Nos exportations agroalimentaires, pourtant l’un des principaux secteurs d’intérêt offensif dans l’ALE UE-Pérou, baissent pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de l’accord  et se situent à un niveau très en deçà du potentiel. Néanmoins les exportations de produits laitiers et de fromages sont en hausse (4,3 M€), avec la mise en œuvre de l’utilisation du certificat sanitaire européen (ce dernier n’inclut toutefois pas le roquefort qui fait actuellement l’objet d’une négociation bilatérale France-Pérou). Les exportations de vins et spiritueux  baissent de 2,9 M€ à 2 M€, avec l’effet de la hausse des droits d’accise (ISC).

 

Plus largement, le  niveau modeste de nos exportations s’explique aussi par l’absence de grands groupes français de distribution ou d’usines d’assemblage, de la faible part française dans les grands contrats d’équipements (hors militaire) et de l’approvisionnement du marché en produits ou marques français effectué majoritairement à partir de pays tiers qui constituent autant de freins structurels (et statistiques) pour améliorer notre position.

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