Situation économique et financière du Pérou

Avec un PIB de 341 Md USD en 2025, le Pérou est une économie de taille moyenne, la 6ème en Amérique latine. Le pays compte 34,4 millions d’habitants et son PIB/habitant a atteint 9911 USD en 2025, ce qui le classe parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (classement Banque Mondiale). L’économie péruvienne repose principalement sur les secteurs minier (3ème producteur de cuivre, important producteur également d’argent, or, zinc, étain…), agricole et de l’énergie.

1. Une croissance soutenue de l’économie portée par le commerce extérieur péruvien

  • Avec 3,4 % de croissance en 2025, le Pérou maintient un niveau d’activité dynamique au regard des autres pays d’Amérique latine.

         A l’exception des hydrocarbures (-1,6%), tous les secteurs d’activité ont enregistré une croissance en 2025, notamment la construction (+6,7 %), le commerce (+3,6 %) et l’agriculture, secteur clef via l’agro-exportation (+4,8 %), tandis que le secteur minier a augmenté plus modérément (+1,8 %). La croissance a été stimulée par la demande interne (+5,8%) et par l’investissement privé (+14 %).

         Pour 2026, la croissance devrait être de l’ordre de 3 %, tirée par la consommation des ménages et par l’investissement privé.

  • L’économie du Pérou étant très tournée vers l’international, l’activité a été dynamisée par la bonne performance du commerce extérieur sur l’année.

         En particulier, les exportations ont augmenté de 21% en 2025, impulsées tant par les prix (11pt) que par la hausse des quantités exportées (10pt), permettant l’atteinte d’un excédent commercial de 35 Md USD (v/s 24 Md USD en 2024) selon la BCRP.

         Le Pérou est ainsi devenu le 4e pays exportateur d’Amérique latine, derrière le Brésil, le Mexique et le Chili, devançant désormais la Colombie et l’Argentine. Les termes de l’échanges ont progressé d’environ 88 % entre juillet 2022 et janvier 2026, plaçant le Pérou dans un cadre exceptionnel de prix élevés : la pénurie de cuivre au niveau mondial, le recours à l’or comme valeur refuge et l’usage industriel de l’argent dans la nouvelle économie numérique placent le Pérou dans une situation particulièrement favorable.

2. Une situation monétaire solide et des indicateurs financiers sains

  • L’inflation a atteint 1,5 % en décembre 2025, en g.a., pour une cible de politique monétaire de 2 % ±1 pt% (l'une des plus faibles de la zone). Le Pérou maintient ainsi la plus longue période d'inflation à un seul chiffre en Amérique latine, soit près de 30 ans, et la plus longue période de stabilité monétaire dans la région depuis les années 1950.
  • La stabilité du secteur bancaire et financier est un facteur de solidité de l’économie. Ce secteur fait l’objet d’une régulation particulièrement prudente et les banques apparaissent solides, solvables et présentent des ratios de liquidité supérieurs aux exigences réglementaires.

3. Des finances publiques sous tension sans pour autant affecter à ce stade le risque pays

  • Si la dette reste faible à 30,2 % du PIB (‑1,8 pp sur l’année), le Pérou présente trois années de non‑conformité à sa règle budgétaire. De même, si le déficit baisse et respecte le plafond imposé (à 2,2 %, vs. 3,5 % en 2024), ce résultat est atteint dans le cadre de recettes exceptionnellement favorables (+9,5 %) du fait des termes de l’échange. La hausse des dépenses courantes pourrait exercer une pression durable sur les finances publiques.
  • Par ailleurs, l’informalité au Pérou reste une contrainte structurelle impactant fortement les finances publiques et la capacité du pays à stimuler la productivité et la croissance. Elle concerne 76 % de la population occupée. Si elle est quasi-généralisée en zone rurale (95 %), elle reste très forte en zone urbaine (70 %). L’activité économique informelle atteindrait 18 % du PIB.

Malgré cette tendance complexe des finances publiques, les marchés et les agences de notation continuent de considérer la dette péruvienne comme étant un actif relativement sûr. Le Pérou n’est devancé que par le Chili en Amérique Latine, et est largement inférieur à la moyenne du continent. L’intégralité des grandes agences de notations maintiennent les obligations péruviennes en Investment Grade, signe de la confiance accordée par les marchés à la stabilité de l’économie du pays.

 

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