Commerce extérieur du Pérou en 2019

1- Les échanges extérieurs du Pérou connaissent un repli après 3 ans de hausse

Les échanges commerciaux du Pérou ont atteint un total de 88,5 Mds USD en 2019 (contre 91 Mds USD en 2018), soit une baisse de 2,9%, une première après 3 ans de croissance. Ce résultat résulte du repli des exportations (-3,9%), notamment de produits miniers, et des importations (-1,8%), en particulier des combustibles. Le Pérou enregistre un excédent commercial de 3,8 Mds USD, inférieur aux 4,6 Mds USD de 2018 mais conforme aux caractéristiques structurelles de son commerce extérieur. Le taux de couverture à 108,9% en 2019 est légèrement inférieur à celui de 2018 (110,6%).

2- Les exportations péruviennes plafonnent après plusieurs années de croissance

Les exportations ont atteint 46,1 Mds USD (20% du PIB), soit une baisse de 3,9% par rapport à 2018 (48 Mds USD). Les produits issus des secteurs traditionnels (mines, hydrocarbures, pêche, produits agricoles) représentent la majeure partie des ventes péruviennes (70,1%, soit 32,3 Mds USD) et enregistrent une baisse de 7%. Le Pérou se situe parmi les premiers producteurs mondiaux d’argent (2e), de cuivre (2e), de zinc (2e), de plomb (3e), de molybdène (4e), d’étain (4e) et d’or (6e). Les exportations de produits miniers atteignent 26,5 Mds USD, soit 57,4% du total et enregistrent une baisse de 4,9% en valeur. Les exportations de cuivre baissent de 6,7% et sa part dans les exportations se situe à 30% en 2019 (13,9 Mds USD). Le Pérou exporte aussi de l’or (6,8 Mds USD ; - 5,5%), du zinc (2,1 Mds USD ; -19%) et du plomb (987,5 MUSD). Les hydrocarbures (6,8% des exportations, 3,1 Mds USD) connaissent une forte baisse (-26% en valeur).

Les produits issus de la pêche dite « traditionnelle » (industrielle) (4,2% des exportations) stagnent à 1,9 Md USD (-0,5% par rapport à 2018) avec une baisse de 3,5% de la farine de poisson (1,5 Md USD ; -3,5%), compensée par une hausse de l’huile de poisson (420 MUSD ; +12,1%).

Les produits agricoles (1,7% des exportations ; 774 MUSD) connaissent une légère progression de 1,4% par rapport à 2018. Le café, poste le plus important du secteur (637 MUSD, 1,4% des exportations), connaît un nouveau recul (-6,7%), en cohérence avec des prix internationaux défavorables. Ce recul est toutefois compensé par une hausse conséquente du sucre (41 MUSD ; +188%) ainsi qu’une meilleure performance des « autres produits » (hors café, sucre et coton) (95 MUSD ; +47,5%).

La structure du commerce extérieur péruvien évolue peu à peu ; ainsi des secteurs moins « traditionnels »  (agroalimentaire, textile, chimie…) représentent désormais 29,9% des exportations, et progressent de 4,3% par rapport à 2018, affichant un record pour la 3e année consécutive avec un total de 13,8 Mds USD. L’agroalimentaire pèse 13,7% des exportations et a connu une progression de 7,6% en 2019 à 6,3 Mds USD, ainsi qu’un triplement sur 10 ans. Dans cette catégorie on retrouve les raisins (879 MUSD, +8,6% par rapport à 2018) dont le Pérou est le 5e exportateur mondial et les myrtilles (820 MUSD, +50%) dont l’exportation a doublé en 2 ans, faisant du Pérou le 1er exportateur. L’UE et les États-Unis absorbent 70% des agro-exportations péruviennes.

La pêche dite non-traditionnelle (extractive), quant à elle,  progresse de 17,6% et affiche un nouveau record à 1,6 Md USD, grâce notamment au calamar (+39%, 867 MUSD).

Le secteur chimique progresse modestement de 2,5% pour atteindre 1,6 Md USD. Le secteur textile chute de 3,4% et s’établit à 1,35 Md USD (avec la moitié des exportations absorbées par les États-Unis). Pour sa part, le secteur sidérurgique stagne à 1,2 Md USD (-0,4%), le secteur minier non-métallique chute à 605,5 MUSD (-4%), le secteur métallurgique chute à 572 MUSD (-5,4%) et le reste des exportations non-traditionnelles chutent à 571 MUSD (-7,8%).

La Chine est de loin le principal client du Pérou (part de 29,3% soit 13,5 Mds USD; +2%). Les États-Unis conservent leur 2e place avec 5,7 Mds USD, mais la chute des achats au Pérou est considérable en 2019 (-29,5%) et se traduit par une perte de 4,5 points de part de marché (12,3% des exportations). Une importante partie de ce repli est due à la baisse de valeur des exportations d’or vers ce pays. La France, 22e client, gagne 1 place et représente 0,6% des exportations péruviennes, (280 MUSD, +2,3%[1]). La France se situe entre la 21e et 26e place de ce classement depuis une quinzaine d’années.

3 – Une année globalement morose pour les importations

La valeur des importations a diminué de 1,8% en 2019, marquant un recul après deux années de progression, pour atteindre un total de 42,4 Mds USD. Il s’agit toutefois du niveau le plus élevé après le record de 2013 (43,3 Mds USD) et la performance de l’année dernière (43,1 Mds USD).

On remarque une stagnation des biens de consommation (-0,2% ; 22,8% des importations) qui pèsent 9,6 Mds USD. On remarque toutefois des évolutions divergentes entre les biens non durables (+1,7%) et les biens durables (-2,5%). Pour les premiers, l’importation de produits alimentaires (1,8 Mds USD) a diminué de 5,8% par rapport à 2018, mais les produits pharmaceutiques (1,3 Mds USD; +10%) et les vêtements (958 MUSD ; +5,6%) sont en hausse. Pour les biens durables, les deux postes majeurs reculent : les véhicules particuliers (-0,9%) et l’électroménager (-7,9%).

Les importations de matières premières et de produits intermédiaires ont diminué de 6,7% atteignant 19,9 Mds USD (49,5% des importations) contribuant sensiblement à la baisse des importations. Ceci inclut la sous-catégorie «  combustibles » (-13,1% ; 5,9 Mds USD), principale importation péruvienne. Concernant les autres sous-catégories, les « intrants pour l’agriculture » stagnent (-0,02% ; 1,6 Md USD) tandis que les « intrants pour l’industrie » reculent légèrement (-4,1% ; 12,4 Mds USD). Pour cette sous-catégorie on observe un recul de 5,7% pour les intrants industriels miniers, mais une hausse des intrants industriels agroalimentaires de 3,7% (2,1 Mds USD), cohérente avec le développement du secteur.

Les importations de biens d’équipements (30,2% des importations) se situent à 12,8 Mds USD et sont les seules à afficher une progression (+5,7%), mais restent en deçà des niveaux atteints en début de décennie. Dans le détail, on constate les progressions des « équipements industriels » (8,1 Mds USD ; +5,9% ; des « équipements de transport » (3,1 Mds USD ; +3,8%) ; des « matériaux de construction » (1,4 Md USD ; +9,5%) et des « équipements agricoles » (158 MUSD ; +1,3%).

Les principaux fournisseurs du Pérou sont : la Chine (24,2% du total soit 10,3 Mds USD; +2%) et les Etats-Unis (20,7% soit 8,8 Mds USD; -3,9%). La France conserve sa 21e position parmi les fournisseurs, et représente 0,8% des importations péruviennes, soit 328,9 MUSD, en baisse de 6,7% par rapport à 2018, après deux années de hausse. Tout comme pour les clients, la France conserve une position plus ou moins stable parmi les fournisseurs péruviens depuis 10 ans.

4 – Les échanges extérieurs restent concentrés sur la Chine et les États-Unis 

La répartition géographique des échanges est marquée par la progression continue de la Chine, premier partenaire commercial du Pérou (26,8% du total en 2019, 23,8 Mds USD; en hausse de 2%),  alors même que le commerce extérieur péruvien a stagné. Celle-ci gagne 1,3 point de part de marché et consolide son avance sur les Etats-Unis (16,3%, 14,5 Mds USD; -15,9%) qui perdent 2,5 points. Les deux superpuissances captent à elles seules 43,2% du commerce extérieur péruvien, une légère baisse de 1,2 point par rapport à 2018. 


[1] Les statistiques péruviennes font apparaitre un excédent en faveur de la France dans notre commerce bilatéral alors que les douanes françaises affichent le résultat inverse : ces divergences statistiques ne sont toutefois pas inhabituelles (comptabilisation FOB vs CIF).

 
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