L'économie norvégienne en bref

Peuplée de 5.417 millions d’habitants sur une superficie de 385 200 km2 (incluant les 62 700 km2 de l'Archipel du Spitzberg), la Norvège est devenue en quarante ans  la trentième économie mondiale avec un PIB estimé de près de 445.5 Mds USD en 2021 : son revenu par tête (près de 82 k USD) la plaçait au quatrième rang mondial du classement du FMI des pays les plus riches du monde.

La Norvège a connu l'une des récessions économiques les plus faibles d'Europe en 2020 (-0.8%) et une reprise rapide en 2021 et 2022 (croissance continentale de + 4,2%) grâce aux importantes mesures de soutien de politiques économiques adoptées par les autorités. Le pays est entré dans la crise dans une situation saine financièrement qui a permis aux autorités norvégiennes d'agir rapidement en mettant en place des mesures de soutien efficaces.

Les recettes tirées de l'exploitation du plateau continental norvégien ont été mises en réserve dans un fonds souverain, le Goverment Pension Fund Global (GPFG), créé en 1990, abondé à partir de 1996 et géré par une division de la Banque de Norvège (NBIM), sous l'autorité du parlement (Storting, unicaméral). L'encours de ce fonds atteignait au 1er juillet 2021 plus de 11 673 Mds NOK, ce qui représente près de  trois fois le PIB du pays et le place au premier rang des fonds souverains dans le monde. Ce fonds, investi à hauteur de 72% en actions, fait du gouvernement norvégien le premier investisseur institutionnel de la planète en actions, avec  plus de 1,5 % de la capitalisation boursière mondiale.

L'économie reste encore largement dépendante du secteur primaire : les exportations d'hydrocarbures (gaz et pétrole) représentent plus de la moitié des exportations totales du pays et, pour la première fois, le montant des exportations de produits de la mer a dépassé en 2019 10 Mds EUR.

Cette dépendance explique le refus, par deux fois, à une courte majorité, du peuple norvégien, d’entrer dans la Communauté européenne, en 1972 et 1994. Pour autant, la Norvège est très fortement intégrée à l'Union européenne qui absorbe les 2/3 de ses exportations (hors Union européenne, son premier client était en 2020 le Royaume-Uni). Institutionnellement, la Norvège, membre fondateur de l'AELE, est le principal acteur de l'Espace économique européen. Elle est également signataire des accords de Schengen.

La Norvège est écoutée sur la scène internationale et promeut résolument le multilatéralisme, la résolution pacifique des conflits et la libéralisation du commerce international et des flux de capitaux.

La Norvège est résolument engagée sur la voie de la diversification de son économie. Elle souhaite capitaliser sur sa tradition d'ingénierie et les savoir-faire développés dans l'extraction offshore pour contribuer à la décarbonisation de l'économie mondiale et à la réalisation des objectifs de Paris. Le pays est l'un des plus avancés en matière de capture et de stockage du carbone (CCS) et développe des technologies hydrogènes innovantes. S'il ne produit pas de véhicules terrestres, c'est l'un des pays les plus avancés en matière de mobilité électrique terrestre (mi 2019, pour la première fois, plus des 50 % des immatriculations de véhicules neufs concernaient des véhicules totalement électriques et en 2021, 91% des ventes de véhicules neufs portaient sur des véhicules électriques ou hybrides rechargeables, avec un objectif de 100% à l'horizon 2025) et maritime (développement de navires hybrides, totalement électriques et à propulsion hydrogène).  La Norvège est également le premier producteur et exportateur mondial de salmonidés et l'un des pays les plus en avance en matière de nouvelles technologies d'aquaculture (fermes en pleine mer contrôlées à distance). Elle reste un acteur important de la filière bois qui s’est réinventée en profondeur compte tenu de la numérisation de l’économie mondiale.

Lors de la décennie passée, la Norvège a connu une importante prospérité économique nourrie par (i) une amélioration de la compétitivité-coût, favorisée par la dépréciation tendancielle de la devise sur la période, et (ii) les bons résultats du secteur pétro-gazier, moteur principal de l’économie. Dans ce contexte, la Norvège a été particulièrement résiliente lors de la crise sanitaire et économique. Néanmoins, le pays doit financer de nombreux investissements afin de diversifier son économie, dépendante des hydrocarbures, à l’aune de la transition écologique. L’épargne accumulée par les ménages durant la crise pourrait contribuer à la relance de l’investissement privé post-crise, facteur essentiel pour mener à bien cette modification structurelle de l’économie norvégienne.

Publié le