Le commerce bilatéral entre la France et la Namibie en 2019 (mars 2020)

En 2019, le commerce bilatéral total entre la France et la Namibie a progressé de 9%, pour atteindre 61 MEUR. Cette évolution résulte en grande partie de la hausse des importations (+7% à 52 MEUR) liée à l’augmentation des achats d’uranium – la progression des exportations (+23% à 9 MEUR) n’ayant qu’un impact limité compte tenu de son importance minime en valeur. Alors qu’il se réduisait depuis 2015 avec la baisse rapide des importations d’uranium, le déficit commercial qu’enregistre structurellement la France vis-à-vis de la Namibie s’est creusé de 4% en 2019, atteignant 43 MEUR.

 

  • Les exportations françaises à destination de la Namibie progressent mais restent très faibles

Après avoir atteint en 2018 leur niveau le plus bas depuis 2007, les exportations françaises à destination de la Namibie ont progressé de 23%, pour atteindre 9 MEUR – un niveau proche de la moyenne observée ces cinq dernières années (9,5 MEUR). En 2019, la progression des exportations françaises s’explique essentiellement par la hausse significative des ventes de produits d’entretien (+2251% et une contribution positive de 17,8 points de pourcentage – pp) et des produits pharmaceutiques (+152% et +11,5pp). Inversement, la diminution des ventes de produits agricoles (-99% et -4,6pp) et agroalimentaires (-58% et -7,2pp) a limité la hausse des exportations françaises en 2019.

La structure de nos exportations est bien diversifiée mais évolue rapidement en raison de leur faible montant. Les équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques représentent toujours le premier poste d’exportation (45% du total des ventes 2019 contre 55% en moyenne sur les cinq dernières années – aussi bien des machines industrielles et agricoles que des équipements ménagers ou des produits informatiques). Viennent ensuite les « produits chimiques, parfums et cosmétiques (19% contre 8% sur cinq ans – ventes de produits d’entretien), les produits pharmaceutiques (16% contre 10% sur cinq ans) et ceux en caoutchoucs et plastiques (7% contre 3% sur cinq ans), qui ont chacun gagné en importance au cours de l’année 2019. Alors qu’elles font habituellement partie des principales exportations françaises à destination de la Namibie, les ventes de produits agroalimentaires (4% contre 8% sur cinq ans – volaille et sucre) ont quant à elles occupé un rôle plus secondaire.

Le marché namibien demeure toutefois marginal pour la France, en lien avec l’étroitesse du marché qui ne représente que 2,5 millions de consommateurs. En 2019, la Namibie n’a représenté que le 175ième débouché à l’exportation de la France au niveau mondial et le 39ième en Afrique sub-saharienne (sur 52 pays).

 

  • Alors qu'elles diminuaient depuis la fin du super-cycle des matières premières en 2015, les importations progressent de 7% en 2019

En 2019, les importations de la France en provenance de Namibie ont progressé de 7% pour atteindre 52 MEUR – contre environ 103 MEUR en moyenne ces cinq dernières années. Le net ralentissement des importations depuis 2015 s’explique par la fin du super-cycle des matières premières – dont les exportations namibiennes sont très dépendantes – qui a entrainé une profonde récession dont le pays n’est pas encore sorti. En 2019, le rebond des importations d’uranium (+191% et une contribution positive de 20,5pp) – dont les évolutions dictent historiquement celle des importations totales – et dans une moindre mesure la hausse des achats de produits chimiques (+56% et +2,2pp) ont expliqué l’essentiel de la progression des importations françaises. Pourtant, les importations de produits à base de poisson (-10% et -5,1pp) et de produits des industries extractives (-53% et -7,4pp – principalement du zinc), composantes clés du commerce bilatéral avec la Namibie, se sont contractées en 2019 en raison d’un environnement local défavorable – ces postes ont été notamment affectées par la sécheresse qui sévit dans le pays ainsi que des grèves majeures début 2019.

A l’exception du poste « produits métallurgiques et métalliques » (essentiellement de l’uranium), les importations françaises en provenance de la Namibie sont stables. Comme en 2018, les achats de produits de l’industrie agroalimentaire représentent le premier poste d’importation  avec 46% des parts totales (contre 24% en moyenne sur cinq ans – préparations à base de poisson). Les achats de produits métallurgiques et métalliques progressent et deviennent le second poste de dépenses (30% des parts contre 67% en moyenne sur cinq ans – uranium), devant les produits chimiques parfums et cosmétiques (7% contre 2% sur cinq ans) et les hydrocarbures et autres produits des industries extractives (6% contre 3% sur cinq ans – zinc).

En 2019, la Namibie était le 114ième fournisseur de la France au niveau mondial et le 20ième à l’échelle de l’Afrique subsaharienne.

 

  • Le déficit bilatéral se creuse pour la première fois depuis 2015

Alors qu’il se réduisait depuis 2015 avec la baisse rapide des importations, le déficit commercial qu’enregistre structurellement la France vis-à-vis de la Namibie s’est creusé de 3,6% en 2019, atteignant 43 MEUR – en lien avec le rebond des importations d’uranium. Malgré leur progression, les exportations françaises vers la Namibie demeurent trop faibles pour avoir un effet significatif sur la position commerciale bilatérale de la France.

En 2019, la Namibie représentait le 58ième déficit commercial de la France.

Publié le