Le commerce bilatéral entre la France et la Namibie en 2018

Le commerce bilatéral total entre la France et la Namibie a diminué de plus de 50% en 2018, pour atteindre 56 MEUR. Cette chute est attribuable à la fois à la baisse des exportations (-38%), qui atteignent leur montant le plus bas depuis 2007, mais surtout à celle des importations françaises en provenance de Namibie, en lien avec la chute de nos achats d’uranium à ce pays. Si notre solde commercial est structurellement déficitaire depuis le début des années 2000, on observe une réduction progressive de ce déficit depuis 2015, toujours en raison de la baisse de nos importations d’un uranium qui n’est pas compétitif compte tenu des prix pratiqués sur le marché mondial.

  • Les exportations françaises à destination de la Namibie atteignent un plus bas depuis 2007

Après avoir augmenté de 35% en 2017, les exportations françaises vers la Namibie ont diminué de près de 40% en 2018, pour atteindre 7,4 MEUR, leur niveau le plus bas depuis 2007.

En 2018, le repli des exportations françaises s’explique principalement par la baisse des ventes de « machines industrielles et agricoles » (-62% pour atteindre 2,2 MEUR) qui représente près de 80% de la baisse totale.  Deux autres  postes ont participé à la diminution des exportations en 2018 : celui du « matériel de transport » (-77% à 300 000 EUR) et celui des « produits pharmaceutiques » (-53% à 1,6 MEUR). A l’inverse, la catégorie des « produits des industries alimentaires » a vu ses exportations augmenter de près de 670% en 2018 pour atteindre 930 000 EUR, notamment grâce à la forte progression des ventes de sucre et de volailles.

En termes de composition, les « machines industrielles et agricoles » restent le premier poste d’exportation de la France en 2018 (30% du total des ventes en 2018 après 48% en 2017), suivi des « équipements électriques et ménagers » (14%) et des « produits informatiques, électroniques et optiques » (13%). De ce fait, depuis dix ans, la catégorie des « équipements mécaniques, électriques et informatiques », qui regroupe ces trois postes, représente plus de la moitié (et jusqu’à 80% certaines années) des ventes françaises. Par ailleurs, les « produits des industries agroalimentaires » représentent notre second poste d’exportation – avec 13% du total en 2018 – pour 10% en moyenne sur dix ans. A noter, que ponctuellement, la Namibie peut représenter un débouché important comme cela a été le cas en 2013, où les exportations ont atteint 190 MEUR, suite à la vente de deux Airbus A319 à la compagnie aérienne Air Namibia.

Le marché namibien demeure toutefois marginal pour la France, en lien avec l’étroitesse du marché qui ne représente que 2,5 millions de consommateurs, avec un poids quasi-nul dans le total des ventes françaises, ne représentant que le 186ième débouché à l’exportation de la France – en baisse de seize places par rapport à 2017.

  • Les importations françaises en provenance de Namibie diminuent pour la troisième année consécutive

En 2018, les importations de la France en provenance de Namibie ont été divisées par deux pour atteindre 49 MEUR – après une baisse de 20% en 2017 et de 26% en 2016. Elles sont désormais inférieures à leur moyenne de long terme (environ 135 MEUR depuis 2010).

Depuis 2016, la diminution des importations françaises résulte essentiellement de la baisse des achats d’uranium (-92% pour atteindre 5 MEUR en 2018). Ce mouvement s’explique par la baisse des prix sur le marché international qui a rendu l’uranium namibien de moins en moins compétitif compte tenu de ses conditions d’exploitation. Par ailleurs, dans une moindre mesure, les postes « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (-7% à 2,3 MEUR) et « produits des industries agroalimentaires » (-3% à 26,9 MEUR) ont également vu leurs importations diminuer. En revanche, on note une augmentation significative des achats d’hydrocarbures de +115% pour atteindre 6,9 MEUR en 2018.

Les achats de « produits métallurgiques et métalliques » (essentiellement l’uranium) représentaient le premier poste d’importations depuis 2009 (moyenne de 80% sur dix ans). Avec la baisse enregistrée en 2018, ce sont désormais les « produits des industries agroalimentaires » qui occupent la première place (55% du total) – comme c’était le cas avant la forte augmentation des achats d’uranium. En 2018, plus de la moitié des importations en provenance de Namibie était constituée de poissons et de produits de la pêche.

En 2018, la Namibie était le 112ième fournisseur de la France– contre le 92ième en 2017. Au sein de l’Afrique sub-saharienne, elle se situait au 16èime rang des clients de la France (sur les 52 pays et territoires répertoriés par les Douanes françaises) et au 5ième rang en Afrique australe.

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La balance commerciale de la France à l’égard de la Namibie est structurellement déficitaire, l’excédent enregistré en 2013 faisant figure d’exception. Depuis 2015, le déficit commercial français tend à se réduire (passant de -166 MEUR en 2015 à -41 MEUR en 2018) en raison de la forte contraction des importations d’uranium, tandis que le niveau de nos exportations est stable. En 2018, la Namibie représentait le 59ème déficit commercial de la France (le 50ème en 2017).

Par ailleurs, la France était le 9ème client de la Namibie en 2018 avec 3,6% des exportations (après 3,4% en 2017), très loin derrière la Chine (16,7%) et l’Afrique du Sud (15,1%), pays avec lequel les relations commerciales sont fortes en raison de l’appartenance à l’Union douanière d’Afrique australe (Southern Africa Custom Union – SACU) et à la zone monétaire commune. Les premiers partenaires européens de la Namibie sont la Belgique (9,4%), le Royaume-Uni (6,3%).

Toujours en 2018, l’Afrique du Sud est aussi le premier fournisseur de la Namibie avec 44,4 % de ses importations, loin devant la Zambie (14%) et la Chine (5,7%). La part de marché de la France reste marginale – 0,2% en 2018 (chiffre stable depuis le début des années 2000) à l’instar des autres pays européens : Bulgarie (2,5%), le Royaume-Uni (2,4%) et l’Espagne (1,3%).

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