Indicateurs et conjoncture

1. Situation économique et financière

Pays de 32,4 millions d’habitants en passe d’accéder au rang de pays à haut revenu, la Malaisie est la 4ème puissance économique de l’ASEAN en termes de PIB (354,4 Md USD en 2018), et la 3ème derrière Singapour et le Brunei en termes de PIB par habitant (10 940 USD en 2018). La Malaisie est dotée d’une économie de marché diversifiée : services (57% du PIB), industries manufacturières (27%), hydrocarbures et mines (7,6%), agriculture (7,4%), et construction (4,6%). L'État joue un rôle économique de premier plan au travers de Government Linked Companies, d'investisseurs institutionnels puissants et de plans quinquennaux qui orientent l’activité économique. Un dispositif performant d’aides d’Etat est en place, centré sur les services, l’industrie électronique et aéronautique, le développement de l'industrie 4.0, ainsi que les industries de production à partir des ressources naturelles du pays (hydrocarbures, huile de palme, caoutchouc naturel).

Les échanges commerciaux de la Malaisie sont majoritairement intra-asiatiques, la Chine étant son 1er partenaire commercial (16,4% du commerce malaisien, dont 13,5% de ses exportations) et l’ASEAN son 1er marché régional (27,5% des échanges), avec comme partenaires principaux Singapour (14,5%) et la Thaïlande (6,3%). Les pays du G3 (Etats-Unis, UE, Japon) représentent une part stable de ses échanges (26,6% dont 9,9% pour l’UE). S’appuyant sur un cadre règlementaire et institutionnel solide, une politique macroéconomique prudente, notamment en matière de déficit public (3,7% en 2018, en dégradation en cette année de transition démocratique particulière), et une ouverture aux flux de capitaux étrangers, le climat des affaires est perçu comme favorable aux entreprises et investissements (15ème rang du classement Doing Business 2020). Le risque pays est jugé faible par les agences de notation, la Malaisie étant notée A3 stable (Moody's), A- stable (Standard & Poor's), A- stable (Fitch's) et A3 (risque-pays) Coface.

En savoir plus : Situation économique et financière de Malaisie (août 2018) 

2. Commerce extérieur de la Malaisie

Largement du fait de contraintes externes, les échanges commerciaux de biens de la Malaisie ont décliné de 2,5% en 2019 pour atteindre 1 835 Md MYR (396 Md€). Les exportations se sont contractées à 986,4 Md MYR (213 Md€), ralentissant de 1,7%, mais à un rythme moindre que les importations (-3,5%), qui se sont montées à 849 Md MYR (183 Md€). Pour la 22ème année consécutive, la Malaisie enregistre donc un excédent commercial (137,4 Md MYR, en hausse de 11%). La Chine et les pays de l'ASEAN sont ses premiers partenaires commerciaux.

 En savoir plus : Le commerce extérieur de la Malaisie en 2019

3. Une certaine continuité après 18 mois d'un nouveau gouvernement

Les quatorzièmes élections générales organisées le 9 mai 2018 en Malaisie ont conduit au pouvoir la coalition d’opposition du Pakatan Harapan (« coalition de l’espoir », centrée sur le PKR), après 61 ans de règne de la coalition du Barisan Nasional (Front national, centrée sur l'UMNO), dirigée par le Premier ministre Najib Razak. Sur le terrain économique, ce changement politique s'est traduit par un recul des investissements publics (volonté de rééquilibrage des finances publiques, de lutte contre la corruption et de meilleure allocation des ressources), par suppression de la TVA (GST) - c'était une importante promesse de campagne -, remplacée par une taxe sur les ventes (SST), au rendement moindre et difficile à gérer par les entreprises, et par la poursuite d'une politique économique globalement favorable aux investissements étrangers. Le projet de budget pour 2020 prévoit d'ailleurs une reprise des investissements publics. Dans ce contexte, l'économie malaisienne s'est montrée résiliente, avec une croissance de 4,7% en 2018 (qui devrait se maintenir à ce niveau en 2019), une inflation contenue à 1% en 2018 (et de l'ordre de 1,2% en 2019). Le gouvernement peine néanmoins à répondre aux demandes de pouvoir d'achat et de logement abordable, et ne parvient pas à réformer la fiscalité qui reste très faible (12% du PIB), compte tenu du niveau de développement du pays et des besoins clairement identifiés (éducation/formation, santé et filets sociaux, y compris un minimum de redistribution sociale dans un contexte de croissance des inégalités, plus perçue que réelle toutefois).

En savoir plus: Un an aprrès la transition démocratique en Manlaisie - Quel bilan économique et quelles perspectives

Indicateurs
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