Le commerce extérieur poursuit sa croissance en 2018

En 2018, portés par le dynamisme des exportations vers les États-Unis (+9,6%), les échanges commerciaux du Mexique poursuivent leur croissance (+10,3%), qui avait repris en 2017 (+9%) après le ralentissement observé en 2016 (˗1,9%). 

Avec 451  Mds  USD d’exportations[1] et 464 Mds USD d’importations, le déficit commercial du Mexique s’est approfondi de 2,7 Mds USD en 2018 (à 13,7 Mds USD).

Trois éléments sont à mettre en exergue en 2018 :

  • La hausse du cours des matières premières et de la demande mexicaine en pétrole sont la raison du solde déficitaire mexicain (sans hydrocarbures, le solde commercial serait excédentaire de près de 10 Mds USD), le pays étant devenu importateur net d’hydrocarbures depuis 2015 ;
  • La prédominance du secteur automobile dans les exportations (pour 1/3, et en progression de 12%) et le dynamisme du secteur agroalimentaire (+5,6%) permettent d’amortir le creusement du déficit ;
  • Les 2 premiers partenaires commerciaux du Mexique restent à la fois les États-Unis (1er excédent, à +142 Mds USD) et la Chine (1er déficit, à -76 Mds USD).

Dans ce contexte le Mexique continue de se positionner comme un pays d’exportation qui cherche à se diversifier (au plan des pays partenaires comme des produits). Le Mexique cherche avant tout à sécuriser sa relation commerciale avec son 1er partenaire les États-Unis (80% des exportations mexicaines) grâce au nouvel accord commercial (United-States-Mexico-Canada Agreement – USMCA). Le Mexique poursuit en parallèle sa politique de diversification vers l’Asie (Accord Partenariat Trans-Pacifique entré en vigueur fin 2018 que le Mexique a été le premier à ratifier), comme vers l’Europe.

Poursuite du dynamisme du commerce extérieur mexicain.

Avec un montant de 915 Mds USD[2] de marchandises échangées en 2018, le commerce extérieur mexicain affiche une deuxième année consécutive de croissance (+10,3%), sous l’effet conjugué de la hausse des exportations (+10,1%) et des importations (+10,4%). Les importations augmentent plus rapidement que les exportations, ce qui creuse le déficit commercial (+24 ,9%, soit +2,7 Mds USD en 2018), le rapprochant de son niveau record de 2015 (le déficit commercial du pays avait été multiplié par 5 en 2015, en raison de la baisse de ˗45% des exportations pétrolières dans un contexte de baisse du cours des matières premières).

Cette croissance des échanges s’explique principalement par le dynamisme des exportations vers les États˗Unis (+9,6%) dont le Mexique reste fortement dépendant : le commerce bilatéral entre les deux pays, qui représentait 63% des échanges commerciaux du Mexique en 2018 (et 80% de ses exportations), a augmenté de +10,1% en 2018.

La croissance des échanges du Mexique en 2018 se traduit aussi sur ses 2 autres principaux partenaires derrière les États-Unis : avec la Chine (+12,5%, soit +10,1 Mds USD), 2ème partenaire commercial du Mexique (10% des échanges), et avec l’Union européenne (+8,8%, soit +6,3 Mds USD), 3ème partenaire commercial du Mexique (8,6% des échanges). Les exportations mexicaines à destination de ces deux partenaires ont augmenté en 2018, (respectivement de +11% et +10%), ainsi que les importations (+13% et +8%). Cette tendance accentue cependant le déficit commercial avec la Chine, qui reste le 1er déficit commercial du Mexique (-76 Mds USD en 2018, +12,8%), et augmente le déficit commercial avec l’Union Européenne (˗27,7 Mds USD en 2018, +7%).

Les principaux partenaires sud-américains du Mexique, le Brésil et la Colombie ont augmenté leurs achats mexicains (+20% pour le Brésil, +12% pour la Colombie). A l’inverse, les exportations mexicaines vers la France poursuivent leur baisse en 2018 : les exportations vers la France baissent depuis 2015 (- 17,9%), qui est passée du 3ème au 7ème marché européen du Mexique en quatre ans.

Des exportations centrées sur le secteur manufacturier et surtout automobile, mais que le Mexique tente de diversifier (notamment sur l’agroalimentaire).

Les exportations mexicaines ont augmenté en 2018 à 451 Mds USD  (+10,1%). Le secteur manufacturier reste le 1er secteur d’exportation, soit 95% des exportations du Mexique (hors hydrocarbures), soit une hausse de +9,1%. Les exportations automobiles augmentent de 12,2% (142,2 Mds USD en 2018 contre 126,7 Mds USD en 2017).

Le secteur automobile qui représente 32% des exportations mexicaines, conserve son caractère prééminent pour l’économie mexicaine. Ce secteur reste comme les autres dépendant du marché étatsunien (74,4% des exportations de voitures légères mexicaines étaient destinées aux Etats Unis en 2018[3]).

Dans ce contexte le Mexique poursuit un effort de diversification de ses débouchés à l’export qui commence à produire quelques effets : en 4 ans, la part des États-Unis dans les exportations globales du Mexique a reculé de 1,7 point et celle des importations de 0,8 point.

Cela s’est traduit aussi en 2018 par une diversification des produits exportés qui se poursuit : les exportations agroalimentaires ont augmenté de +5,6% pour atteindre 34,3 Mds USD[4] (soit plus que les remesas) et les exportations de l’industrie extractive augmentent de +15% pour atteindre 6,2 Mds USD, tirées par la hausse du cours des matières premières. Néanmoins, la part de ces deux secteurs parmi les exportations mexicaines (hors hydrocarbures) reste modeste à respectivement 8,2% et 1,5% en 2018.

Des importations principalement destinées au secteur industriel notamment en provenance des pays asiatiques.

Principalement destinées à l’activité d’assemblage pour réexportation, les importations mexicaines sont constituées à 86% de marchandises à destination du secteur industriel (biens de capital et biens intermédiaires), et à 14% de biens de consommation. Les premiers postes d’importation correspondent également aux premiers postes d’exportation du pays (appareils et composants mécaniques, machines et matériels électriques).

Les trois premiers partenaires commerciaux du Mexique sont également ses principaux fournisseurstats- Unis 46% des importations, Chine, 18% des importations, et Union européenne 11% des importations).

Le Mexique importe également de plus en plus de marchandises en provenance d’Asie (+9,6% en 2018). Le dynamisme observé en 2017 s’est maintenu pour la plupart des partenaires asiatiques du Mexique. Les importations en provenance de Chine, de Corée du Sud, de Malaisie et de Taiwan ont particulièrement augmenté, respectivement de +13%, +5%[5], +19% et +11%. Les importations en provenance du Japon ont en revanche stagné en 2018 (+0,05%) mais ce dernier continue d’occuper la place de troisième fournisseur du pays, exportant pour 18,2 Mds USD de marchandises vers le Mexique (3,9% des importations du Mexique en 2018).

La balance commerciale de marchandises du Mexique est au total négative avec ses partenaires asiatiques, ce qui rend ses échanges plus déséquilibrés qu’avec les autres partenaires[6] .

Dans les échanges, le secteur hydrocarbures explique le déficit commercial du Mexique.

Historiquement producteur et exportateur de pétrole, le Mexique est depuis une dizaine d’années confronté à la baisse de sa production, lié à un déclin des ressources et un manque structurel d’investissement selon les experts. Le Mexique est ainsi devenu depuis 2015 importateur net de produits pétroliers. En 10 ans la production de pétrole a baissé presque de moitié. Et les importations de produits raffinés (gaz, diesel, essence) sont issues entre 60 et 70% des États-Unis.

Dans ce secteur, après une légère diminution en 2016, l’augmentation en 2017 et en 2018 des importations comme des exportations pétrolières s’explique principalement par la hausse du cours des matières premières (+21% pour le Brent sur 2017 et +30% en 2018)[7] et s’explique aussi, pour les importations, par la hausse du volume importé (+17% en 2017 et +5% en 2018)[8]. Les importations pétrolières ont enregistré une hausse de +28%, atteignant 53,8 Mds USD. De leur côté, les exportations pétrolières ont crû de +29 % en 2018 pour atteindre 30,6 Mds USD, et représentent moins de 7% des exportations globales du pays. Enfin il faut souligner que le solde commercial du Mexique est dû à sa balance pétrolière (˗23,2 Mds USD) : ainsi, hors hydrocarbures, le solde commercial du Mexique serait ainsi excédentaire (+9,5 Mds USD contre -13,7 Mds USD).

Une politique commerciale active, visant à diversifier les partenaires commerciaux du Mexique.

Conscient de sa dépendance au marché états-unien, le Mexique a mis en place ces dernières années une politique commerciale active, afin de diversifier ses partenaires commerciaux[9]. Une politique qui semble porter ses fruits puisque le Canada (2,7% du commerce extérieur mexicain en 2018), devant le Japon (2,4%), la Corée (2,3%,) ou le Brésil (1,2%), gagnent peu à peu du terrain et, deviennent des partenaires commerciaux significatifs. 

Malgré le retrait des Etats-Unis de l’accord Trans-pacifique (signé en février 2016 à Auckland), le Mexique fait ainsi partie des 11 pays partenaires[10] qui ont signé le 8 mars 2018 un nouveau traité trans-pacifique. Par ailleurs, les négociations de modernisation de l’accord global entre l’UE et le Mexique initiées en juin 2016, ont fait l’objet d’un accord de principe, il y a un an, le 21 avril 2018.

Le Mexique bénéficie en 2018 du dynamisme de la demande de ses principaux partenaires mais maintient un déficit commercial pour la 6ème année consécutive. La dépendance du commerce extérieur mexicain vis-à-vis des Etats-Unis demeure significative, notamment pour les exportations. Dans ce contexte, si le nouvel accord de libre-échange Etats˗Unis-Mexique-Canada est une priorité, les autorités mexicaines poursuivent leurs démarches de diversification de leurs partenaires commerciaux et de secteurs tournés vers l’export.

 

Ludovic DOYENNETTE

ludovic.doyennette@dgtresor.gouv.fr 

Paul DUGUÉ

Mexico, le 16 avril 2019



[1] Soit 39% du PIB.

[2] Données Banxico au 16 avril 2019

[3] AMIA, données extraites du bulletin de presse de décembre 2018.

[4] Selon le rapport de décembre 2018 de la balance commerciale agroalimentaire réalisé par le SAGARPA

[5] Au 16 avril 2019, les chiffres pour la Corée du Sud ne sont disponibles que pour la période janvier-novembre 2018.

[6] Elle est de -14,3 Mds avec le Japon (les importations en valeur représentent 4,7 fois les exportations), -76,1 Mds avec la Chine (les importations représentent 11,2 fois les exportations) et de -9,2 Mds avec la Malaisie (les importations représentent 39 fois les exportations). Pour comparaison, si la balance commerciale est également négative avec l’Europe et la France (-27,7 Mds USD et -2,6 Mds USD) ou encore avec le Brésil (-2,1 Mds USD), la valeur des importations ne dépasse pas 2,5 fois la valeur des exportations avec ces partenaires.

[7] Variations entre les moyennes annuelles du prix du Brent.

[8] Chiffres Pemex.

[9] 10 accords de libre-échange le lient à 45 pays, signature récente du Traité Trans-Pacifique (TPP), mise en place de l’Alliance du Pacifique etc.

[10] Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Viêt Nam.

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