Commece bilatéral franco-mexicain – 11ème excédent de la France dans le monde, les échanges commerciaux ont entrepris une reprise en demi-teinte en 2019

Le volume des échanges entre la France et le Mexique est reparti à la hausse en 2019 à la faveur d’un accroissement de notre excédent commercial. Cette bonne performance est cependant à relativiser car résultant d’une très bonne tenue de nos exportations dans le secteur aéronautique soumis au calendrier de livraison des ventes d’Airbus. Hors secteur aéronautique nos exportations sont en baisse. Malgré la taille de l’économie mexicaine et son intégration dans le marché nord-américain, la France n’est que le 15ème partenaire commercial du Mexique.   

Les grands contrats ont permis d’accroître significativement l’excédent français.

Après deux années de contraction des échanges, le commerce bilatéral a crû de 6,5% en 2019, à 5,96 Mds EUR. Cette augmentation résulte notamment de l’augmentation de 12 % de nos exportations vers le Mexique. En valeur nominale, nos exportations ont augmenté de +393 M EUR. Nos importations du Mexique ont, elles, diminué de -1,2% (soit ‑70 M EUR).

Cette dynamique permet ainsi à la France de dégager un excédent commercial de 1,38 Md EUR[1] avec le Mexique, une augmentation de +44 % par rapport à 2018. La hausse de nos exportations s’explique principalement par le dynamisme du secteur aéronautique (+51% soit +435 M EUR). Nos importations ont quant à elles augmenté dans trois secteurs caractéristiques de la place du Mexique dans la chaine de valeur mondiale : l’aéronautique (+70 M EUR) en raison de la présence d’entreprises françaises dans le pays ; les instruments à usage médical et dentaire (+30 M EUR) et les fruits tropicaux et subtropicaux (+20 M EUR) [2]. La France se maintien ainsi comme le 15ème partenaire commercial du Mexique et le 4ème européen, derrière l’Allemagne (3ème), l’Espagne (11ème) et l’Italie (12ème).

La hausse des exportations françaises (+12 %) est presque exclusivement portée par le secteur aéronautique : hors aéronautique et hydrocarbures, les exportations baissent de -1,7 %.

La France est le 15ème fournisseur du Mexique en 2019, à la même place depuis 2016, avec des exportations atteignant 3,67 Md EUR (+12 % g.a). La France est le 4ème européen derrière l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ainsi, le Mexique est le 29ème client de la France en 2019 (+1 rang vs. 2018). Les exportations françaises se sont presque exclusivement concentrées dans l’industrie (99 %). Les produits de la construction aéronautique et spatiale demeurent le premier poste d’exportations, à 1,28 Md EUR (+51 %), représentant 35 % des exportations françaises en 2019.  

Hors secteur aéronautique et spatial et produits pétroliers (volatiles), le montant de nos exportations diminue toutefois de -1,7 %. Les produits pharmaceutiques, premier poste des exportations non-volatiles (11 %) ont contribué positivement aux exportations françaises (+10,6 % vs. 2018). Les parfums et produits pour la toilette, deuxième poste d’exportation (5,8 %) ont également crû (+7,4 %).

Certains secteurs contribuent très négativement aux exportations françaises : les exportations du secteur automobile[3], qui représentent 7,8 % des exportations non-volatiles et une partie significative de l’écosystème entrepreneurial français au Mexique, ont fortement baissé en 2019 (‑12,2 %). Les composants électroniques (‑26 M EUR ; -24,5 %), la catégorie des « plaques, feuilles, tubes et profilés en matières plastiques » (-20,3 M EUR ; ‑58 %) et les véhicules automobiles (‑25,7 M EUR ; -32 %) ont également significativement contribué à la baisse.

Les importations françaises baissent de 1,2%, en raison du ralentissement des importations de véhicules automobiles, des équipements de communication et d’ordinateurs : trois secteurs clés d’exportation pour le Mexique.

En parallèle de la hausse significative des exportations vers le Mexique, les importations en provenance du Mexique ont diminué de 1,1 % et s’élèvent à 2,3 Md EUR. La France gagne toutefois 2 places au classement des clients du Mexique, à la 15ème place 5ème client européen, derrière l’Allemagne (3ème), l’Espagne (5ème), le Royaume-Uni (11ème) et les Pays-Bas (12ème). Le Mexique reste le 42ème fournisseur de la France, deuxième en Amérique latine derrière le Brésil.

Les importations d’équipements de communication (-46 %), d’ordinateurs (‑35 %) et équipements périphériques et de véhicules automobiles (‑18 %), qui représentent 23 % du total importé par la France, ont fortement chuté et contribuent significativement à la baisse des importations françaises issues du Mexique.

A l’inverse, trois postes d’importations ont connu une hausse significative sur la période :

  • Les instruments à usage médical, optique et dentaire demeurent notre premier poste d’importations, représentant 15,6 % des importations françaises, ont crû de 9,2% à 360 M EUR.
  • Les aéronefs et engins spatiaux ont progressé de 56 %, et représentent 9 % des exportations françaises, traduisant la place du Mexique dans la chaîne de valeur mondiale de ce secteur et la forte implantation industrielle française (notamment via les usines au Mexique de SAFRAN et AIRBUS).
  • Les composant électroniques ont augmenté de près de 70% sur la période à 42 M EUR.
  • Les  préparations pharmaceutiques ont augmenté de près de 50% sur la période à 50 M EUR.


[1] Plusieurs secteurs sont considérés dans cet agrégat : « Autres parties et accessoires pour véhicules automobiles » ; « Véhicules automobiles » ; « Équipements électriques et électroniques automobiles » ; « Carrosseries automobiles ; remorques et semi-remorques » ; « Moteurs et turbines, à l'exclusion des moteurs pour avions, automobiles et motocycles » ;

[1] Il s’agit en 2019 de notre 11ème excédent mondial et de notre premier excédent en Amérique latine.

[3] Toute donnée, sauf cas contraire, est calculée à partir des données des Douanes Françaises, extraites le 12/02/2020.

 

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