Relations économiques bilatérales France-Maldives en 2021

Résumé : Les échanges de marchandises entre les Maldives et la France, qui avaient largement souffert (-52% en 2020) de la crise et de son impact sur le tourisme, sont repartis à la hausse en 2021 (+19%, à 38 MEUR) mais n’ont que très partiellement rattrapé leur niveau d’avant-crise. Nos exportations ont repris vigoureusement (+96%, 22,6 M EUR), dominées par les produits agroalimentaires destinés à l’hôtellerie. Nos importations chutent à nouveau (-25%, 15,3 MEUR), constituées principalement des produits issus de la pêche. Le solde commercial redevient positif (+7,3 MEUR). En 2020, les échanges de services, essentiellement des importations liées au tourisme (36 MEUR, -52% en g.a.), ont fortement souffert de la pandémie. Seuls 30 061 touristes de nationalité française ont visité l’archipel en 2021, en hausse par rapport à 2020 (+7,3%) mais en décalage avec la vigueur de la reprise touristique aux Maldives. La part de la France dans les arrivées (9e, 2% des entrées) est ainsi en recul par rapport à l’avant-crise (7e, 3,5% des entrées en 2019). La coopération financière est par ailleurs limitée.

I.  En 2021, une reprise partielle des échanges commerciaux bilatéraux, qui demeurent limités

En 2021, le volume du commerce bilatéral entre la France et les Maldives est demeuré marginal pour le commerce extérieur français. Nos échanges bilatéraux ont totalisé 37,9 MEUR, contre 31,8 MEUR en 2020 (+19,2%). Ils demeurent très en-deçà du niveau de 2019, pré-pandémie (66,5 MEUR). La France retrouve un excédent commercial vis-à-vis des Maldives, qui s’établit à 7,3 MEUR, après un déficit en 2020 (-8,8 MEUR). Cet excédent commercial est le plus important depuis 2013. Notre commerce bilatéral est fortement tributaire de nos exportations aéronautiques, alimentaires, et de produits de luxe. Reflétant la spécialisation des Maldives, le secteur de la pêche constitue notre première source d’importations.

1.1. Des exportations affectées par la reprise du tourisme et l’absence de livraison dans l’aérien

Les exportations françaises à destination des Maldives ont atteint 22,6 MEUR en 2021, en hausse de 96,2% par rapport à 2020 mais très en-deçà du niveau de 2019 (41,5 MEUR). L’absence de vente d’« aéronefs et engins spatiaux » explique cette reprise partielle. L’achat de trois avions ATR par la compagnie Maldivian Airlines, annoncé en janvier 2022, devrait modifier cette situation. Les exportations ont néanmoins fortement bénéficié de la reprise du tourisme, affectant positivement la demande des hôtels de luxe en matière de produits alimentaires, vins, spiritueux et cosmétiques, après une chute significative en 2020. Ainsi, les « vins de raisins », dont les ventes atteignent 7,2 MEUR (+317,5% en g.a. et +34,9% par rapport à 2019) et les « parfums et produits pour la toilette », à 2,6 MEUR (+151,0% en g.a. mais -45,2% par rapport à 2019) deviennent nos premiers postes à l’export, totalisant respectivement 32,0% et 11,5% de nos exportations. Les ventes de « plats préparés » et de « produits laitiers et fromages » arrivent en troisième et quatrième positions, à 1,9 MEUR (+125,3% ; 8,2% des exportations) et 1,8 MEUR (+50,9% ; 7,8% des exportations), au-delà de leur niveau en 2019. Au niveau agrégé, en 2021, la catégorie « Produits des industries agroalimentaires » est le principal poste d’exportation vers l’archipel, avec 62,7% du total de nos ventes et un niveau record de 14,2 M EUR (+155,1% par rapport à 2020 et +21,1% par rapport à 2019). D’après les chiffres des douanes maldiviennes, la France compterait pour 1,1% des importations maldiviennes (27,5 MUSD) en 2021 (+63,8% en g.a.) et serait ainsi le 16e fournisseur des Maldives.

1.2. Des importations nettement en baisse et largement concentrées sur le secteur de la pêche

Les exportations maldiviennes vers la France ont atteint 15,3 MEUR en 2021 (-24,6% en g.a., après -19,1% en 2020). Elles concernent quasi-intégralement les produits des industries agroalimentaires et de la pêche, en particulier les « Préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche » (11,5 MEUR, soit 75,2% de nos achats à ce pays ; -27,8% en g.a.) et les « produits de la pêche et de l'aquaculture » (3,7 M EUR, soit 24,2% des importations ; +0,3%). Dans ce secteur, les Maldives cherchent à obtenir une franchise de droits de douanes sur le marché européen et bénéficier ainsi des mêmes avantages que leur concurrent sri lankais. Les rares autres postes à l’import sont anecdotiques. D’après les chiffres des douanes maldiviennes, la France compterait pour 4,1% des exportations maldiviennes (6,2 MUSD) en 2021[1] (-52,7% en g.a.), et serait ainsi le 4e client des Maldives (3e en 2020).

II. L’importance du tourisme dans les échanges de services

Nos exportations de services sont traditionnellement faibles, les données disponibles variant entre 1 et 5 MEUR sur la dernière décennie. Nos importations de services, portées par le tourisme, sont traditionnellement bien supérieures. En 2020, elles se sont élevées à 36 M EUR d’après Eurostat (-52,0% en g.a.). Les échanges de services avec les Maldives sont ainsi traditionnellement déficitaires. Au cours de l’année 2021, 1,3 M touristes sont arrivés aux Maldives, soit une hausse de 138,0% en g.a, sous l’effet de la levée des restrictions aux déplacements internationaux. Les touristes de nationalité française ont compté pour 30 068 arrivées. S’il s’agit d’une progression en valeur absolue par rapport aux 28 031 entrées de 2020 (+7,3%), ce chiffre reste de moitié inférieur au niveau de 2019 (59 738 entrées). La France recule ainsi à la 9e place parmi les pays de provenance des touristes par nationalité et ne compte plus que pour 2,3% des entrées (5,1% en 2020 et 3,5% en 2019, à la 7e place).

Club Med possède deux hôtels dans l’archipel et le groupe Accor en gère un peu moins d’une dizaine (8 ouverts et 2 en développement) sous différentes marques. LVMH est aussi présent via sa filiale Cheval Blanc qui dispose d’un établissement dans le pays.

III.  Une coopération financière limitée

Le ministère des Finances maldivien a sollicité l’appui de l’AFD face à la crise COVID en 2020, mais l’AFD ne dispose pas de mandat d’intervention aux Maldives. Elle était néanmoins intervenue dans ce pays après le tsunami de 2004 et avait financé en 2008 la réparation de ports et le développement du réseau d’assainissement. Hormis le FASEP, les outils de financement export de la DG Trésor sont fermés pour les Maldives. Le comité FASEP a sélectionné en novembre 2021 un projet de compostage des biodéchets dans l’atoll de Noonu.

Enfin, les Maldives ont bénéficié du moratoire sur le remboursement des prêts (échéances 2020 et 2021) dans le cadre de l’Initiative multilatérale de suspension du service de la dette (ISSD). L’accord bilatéral entre la France et les Maldives mettant en œuvre cette suspension a été signé le 31 décembre 2020, et son extension à l’année 2021 a été signée le 30 juin puis le 22 novembre 2021.


[1] L’écart entre les chiffres des douanes françaises et maldiviennes pourrait tenir à l’« effet Rotterdam », le transit des marchandises par les ports masquant en partie leur destination finale.

 

Annexes :

  • Commerce bilatéral France-Maldives sur 10 ans (2012-2021)
  • Principaux produits à l'exportation et à l'importation en 2021
  • Montant et évolution des échanges commerciaux bilatéraux par catégories de produits entre 2020 et 2021

 

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