Relations économiques bilatérales

 

 

La France entretient des relations économiques étroites et diversifiées avec Maurice. Deuxième investisseur étranger du pays (hors « Global Business »), elle est également son premier marché touristique et l'un de ses principaux partenaires financiers à travers l'AFD et Proparco. Cette relation s'appuie sur une communauté française d'environ 13 000 personnes, un tissu dense d'entreprises françaises et la proximité géographique de La Réunion. En 2025, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint 635,8 M EUR (-7,6 %), tandis que l'excédent commercial français s'est accru à 226,3 M EUR (+3,5 %). Les échanges sont encadrés par l'Accord de partenariat économique entre l'Union européenne et les États d'Afrique orientale et australe, dont l'approfondissement s'est achevé en juin 2026. 

1. Un excédent commercial en hausse malgré la baisse sensible des échanges commerciaux

Maurice reste un partenaire commercial clé de la France dans la région, et même du continent africain. En 2025, les échanges commerciaux bilatéraux, représentant 635,8 M EUR, ont cependant connu une baisse (-7,6 % par rapport à 2024). La France enregistre un excédent commercial structurel vis-à-vis de Maurice, en hausse de +3,5 % en 2025 (226,3 M EUR). Les relations commerciales entre les deux pays sont facilitées par l’Accord de partenariat économique intérimaire (APEi)[1] qui lie l’Union européenne et 5 pays de l’Afrique orientale et australe (AfOA), dont Maurice. Les négociations sur l’approfondissement de cet accord entre l’UE et les Etats de l’AfOA, débutées en 2019, se sont conclues le 10 juin 2026 (à l’exception du Zimbabwe). Il s’agit du 1er accord de libre-échange complet négocié entre l’UE et des Etats d’Afrique subsaharienne.

En 2025, les exportations françaises vers Maurice (431,1 M EUR) étaient en baisse (-4,9 % par rapport à 2024). Ces exportations reposent sur quatre secteurs principaux, qui représentent environ les trois quarts du total :

  • Les équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (27,5 % du total), en hausse de +4,0 % par rapport à 2024 ;
  • Les produits des industries agroalimentaires (23,5 %), en légère baisse de -1,0 % ;
  • Les produits chimiques, parfums et cosmétiques (12,6 %), en légère hausse de +1,0 % ;
  • Les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (5,8 %), en baisse de -12,3 % ;

En 2025, les importations françaises depuis Maurice (204,7 M EUR) ont plus fortement diminué (-12,7 %). Celles-ci se concentrent principalement sur quatre postes, représentant presque 72 % du total :

  • Les produits des industries agroalimentaires (22,4 % du total), en baisse de -18,5 % par rapport à 2024, constitués notamment de sucre ;
  • Les produits manufacturés divers (21,1 %), en chute de -23,6 % ;
  • Les produits agricoles et sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (14,4 %), en forte hausse de +37,2 % ;
  • Les produits textiles, habillement, cuir et chaussures (13,6 %), en chute de -22,1 %.

La France est le 5ème fournisseur de Maurice, avec 414,1 M USD de produits importés de France, soit 5,9 % de part de marché en 2025 selon Trade Map, derrière la Chine (17,4 %), les Emirats arabes unis (10,9 %) et l’Inde (8,2 %). En outre, la France est le 1er client de Maurice avec 218,6 M USD de produits exportés vers la France, soit environ 13,3 % des exportations selon Trade Map en 2025, devant l’Afrique du Sud (12,6 %) et les Etats-Unis (10,5 %).

2. Une présence française large et diversifiée

Maurice attire un niveau élevé d'investissements directs étrangers (IDE). Selon la CNUCED, le pays a reçu 681 M USD d'IDE en 2024, en baisse de -10,4 % par rapport à 2023, portant le stock total à 8,2 Md USD. Les investissements se concentrent principalement dans l'immobilier, le tourisme (hôtellerie-restauration) et les services financiers. Selon la Banque centrale de Maurice, la France était en 2025 le 2ᵉ investisseur étranger (1er en 2024), représentant 18,7 % des flux d'IDE (hors Global Business), derrière le Royaume-Uni. D'après le FMI, le stock d'IDE français atteignait 3,4 Md USD en 2024.

La Chambre de commerce et d'industrie France Maurice (CCIFM), qui rassemble près de 260 membres employant plus de 50 000 salariés, constitue le principal réseau d'affaires français. Cet écosystème est complété par un comité des Conseillers du Commerce Extérieur de la France et une French Tech Maurice particulièrement dynamique, récemment associée aux autres French Tech de l'océan Indien. Maurice accueille également près de 50 VIE.

L’économie mauricienne bénéficie d’une implantation française significative, principalement des ETI et des PME, mais également de filiales de plusieurs grands groupes (TotalEnergies, CMA-CGM etc.). Certaines entreprises sont déployées depuis La Réunion. Les entreprises françaises contribuent fortement à la transition énergétique du pays, particulièrement dans le domaine de l’énergie solaire. La présence française est en réalité plus large et diffuse du fait de l’importance de la communauté française et franco-mauricienne sur place (environ 13 000 personnes inscrites au registre consulaire). De grands groupes locaux, tels que IBL, CIEL et ENL, sont dirigés par des membres de la communauté franco-mauricienne. Par ailleurs, la France est le 1er marché pour le secteur touristique[1], secteur clé pour Maurice. 

 [1] L'APEi prévoit un accès au marché de l’UE à 100% en franchise de droits et l’absence de quota pour les importations en provenance des 5 pays de l’AfOA. La libéralisation des lignes tarifaires de ces 5 pays dans le cadre de cet accord varie selon le pays, mais représente 96 % pour Maurice. [2]  Selon Statistics Mauritius, les principaux marchés sont la France hexagonale, qui est en tête avec 337 502 touristes, suivie du Royaume-Uni (154 990), de La Réunion (145 029) et de l'Allemagne (122 166). En incluant la Réunion et Mayotte, 484 523 visiteurs sont venus de France, soit 33,7 % du total des arrivées.

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