Relations bilatérales

Malgré la libéralisation entamée en 2011, les échanges commerciaux bilatéraux entre la France et la Birmanie restent faibles : la Birmanie se classe en 2018 comme le 79e fournisseur de la France et comme son 118e client. En 2018, la France enregistre avec la Birmanie un déficit commercial en forte expansion (+146% à -236 M EUR). Les exportations françaises à destination de la Birmanie, impactées par  une plus faible demande de machines et d’équipements électriques en 2018, régressent (-27% à 94 M EUR) alors que nos importations s’envolent (+47 % à 330 M EUR), tirées par l’essor de la confection en Birmanie et le marché des pierres précieuses.

 

I) Les exportations françaises en Birmanie

Les exportations françaises vers la Birmanie régressent de 27% en 2018, passant de 129 M EUR à 94 M EUR. Nos exportations continuent de diminuer depuis 2016 (-8% en 2016 par rapport à 2015), malgré une reprise en 2017 (+5% par rapport à 2016) grâce à la livraison de plusieurs turbines à gaz. Cette baisse contraste avec la tendance observée entre 2012 et 2015, période au cours de laquelle le montant total des exportations françaises a été multiplié par 7.

Les biens aéronautiques redeviennent la première source de nos exportations, après une baisse en 2017, pour atteindre 37 M EUR (40% de l’ensemble des exportations), soit une croissance de +11% par rapport à 2017. Le niveau des exportations de biens aéronautiques en 2018 restent toutefois inférieur à celui de 2015 (63 M EUR), élevé du fait d’une croissance rapide du transport aérien en Birmanie. Les exportations aéronautiques vers la Birmanie en 2019 devraient cependant se maintenir.

Les exportations pharmaceutiques françaises (22% de l’ensemble des exportations françaises) augmentent fortement en 2018 pour atteindre 20 M EUR (+6% par rapport à 2017). Ce secteur dynamique profite des bonnes ventes des entreprises pharmaceutiques implantées en Birmanie, mais également du dynamisme des exportations de cosmétiques.

Les exportations de machines et équipements électriques se sont effondrées de 75% en 2018 pour revenir à 14 M EUR, après avoir fortement augmenté en 2017 grâce à la livraison de turbines à gaz et avoir atteint un niveau record de 56 M EUR (devenant ainsi en 2017 notre premier secteur d’exportations).

Ces chiffres ne comprennent pas les produits français exportés vers Singapour puis réexportés vers la Birmanie. Ces échanges indirects concernent principalement les vins et spiritueux et, dans une moindre mesure des équipements stockés par les grandes entreprises françaises à Singapour (équipements électriques, pièces de rechange aéronautiques, produits pharmaceutiques notamment) puis réexportés dans la région.


II) Les importations françaises en Birmanie

La croissance exponentielle des importations françaises depuis 2012 ne faiblit pas. En 2018, les importations françaises en provenance de Birmanie progressent de 47% pour atteindre 330 M EUR, contre 225 M EUR en 2016 (à titre de comparaison, le montant total des exportations birmanes progresse de + 21% sur l’année fiscale 2017/2018).

Comme en 2017, cette croissance forte s’explique quasi-exclusivement par le dynamisme de la confection qui représente désormais 72% des exportations birmanes vers la France (239 M EUR, +52% de croissance par rapport à 2017). Le secteur continue de profiter du rétablissement du système de préférences généralisées en 2013, ainsi que des faibles coûts de la main d’œuvre birmane et de sa relative productivité. La production textile birmane ne souffre pas pour l’instant des conséquences politiques de la crise dans le Rakhine. Les acheteurs semblent avoir surmonté les craintes de potentielles campagnes de boycott des produits birmans.

Les ventes de joaillerie et bijouterie, 21% des exportations birmanes vers la France, progressent également en 2018 à 69 M EUR (+40%) mais moins fortement que l’année précédente, où nos importations avaient progressé de 82%.

Enfin, les produits des industries agroalimentaires, essentiellement issus du travail des grains, plus particulièrement les légumineux secs, constituent 4% des exportations birmanes vers la France soit 12 M EUR et sont en légère hausse de 7% en 2018.

 

III) Le solde des échanges commerciaux bilatéraux entre la France et la Birmanie

En 2016, pour la première fois en dix ans, la France a enregistré un déficit commercial avec la Birmanie. Ce déficit a quasi quadruplé en 2017 pour représenter 96 M EUR, et s’aggrave lourdement en 2018 pour atteindre 236 M EUR.

Evolution de nos échanges commerciaux (M EUR) :

Graphique balance commerciale

 

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