Investissements Directs Etrangers en Birmanie

Les flux d'autorisations d’Investissements Directs Etrangers (IDE) ont sensiblement diminué en Birmanie pour atteindre à la fin de l’année fiscale 2017-2018 5,7 Mds USD (-14%). Au cours des 12 derniers mois, le gouvernement n’a notamment approuvé aucun nouvel investissement dans les hydrocarbures (un secteur qui concentre 29 % du stock des IDE en Birmanie), absence que ne compense pas l’essor du secteur manufacturier birman. Le stock des IDE autorisés depuis 1988 représentait en mars 2018 76 Mds USD (autour de 50 Mds selon les évaluations du FMI). La Chine reste le premier investisseur en stock d’investissements autorisés en Birmanie, même si les flux d’IDE singapouriens surpassent cette année encore les IDE chinois. La France est le 12e investisseur en Birmanie, représentant 0,7% des IDE en Birmanie.

 

  • Les flux d’IDE en Birmanie au cours de l’année fiscale 2017-2018

Au cours de l’année fiscale 2017-2018, la Directorate of Investment and Companies Administration (DICA) a autorisé pour 5,7 Mds USD d’Investissements Directs Etrangers en Birmanie. Ce montant est en baisse (-14%) par rapport aux 6,6 Mds USD approuvés lors des 12 mois précédents (et 9,5 Mds USD pour l’année 2015/16 sous le gouvernement précédent).

En 2017-2018, pour la sixième année consécutive, Singapour est le premier investisseur en Birmanie avec 2164 M USD d’investissements. Les IDE chinois d’un montant de 1395 M USD restent élevés mais en deçà du pic observé avant l’ouverture en 2010-2011 à 8 236 M USD.  Les Pays-Bas sont cette année le troisième investisseur en Birmanie (534 M USD). En 2017-2018, les flux d’IDE français approuvés en Birmanie n’atteignaient que 7,3 M USD.

Le dynamisme des investissements manufacturiers (1,8 Mds USD d’IDE, +67% par rapport à 2016-2017) notamment dans le textile, n’a pas compensé l’absence totale d’autorisations d’investissements dans le gaz (contre 4,8 Mds USD en 2015-2016) ni la faiblesse des investissements dans les transports et les communications (0,9 Mds USD d’IDE, -242% par rapport à 2016-2017).

  • Le stock d’IDE en Birmanie au cours de l’année fiscale 2017-2018

A la fin de l’année fiscale, le 31 mars 2018, le stock d’IDE s’établissait à 76 Mds USD selon la DICA. Le FMI évalue pour sa part le stock effectif réel à 40/50 Mds USD.

La Chine reste le plus gros investisseur étranger en Birmanie, avec un stock d’IDE autorisé représentant 19,9 Mds USD, soit 26,2% de l’ensemble des investissements au Myanmar. Singapour se classe deuxième avec près de 19 Mds USD de stock (25% du stock total) mais ces données sont biaisées par le transit d’un grand nombre d’investisseurs via leurs filiales à Singapour, par exemple, les investissements de Coca-Cola en Birmanie. La Thaïlande est le troisième investisseur en Birmanie avec 11 Mds USD (14,5%) et Hong-Kong quatrième avec 7,8 Mds USD (10,3%). On notera les positions relativement modestes du Japon (1,4%), de l’Inde (1%),  des Etats-Unis (0,5%), sous régime de quasi sanctions jusqu’à la fin de l’année 2016. Pour la France, 12e investisseur en Birmanie (0,7%), la quasi-totalité est liée aux activités de production de gaz de Total.

Les investisseurs étrangers ont majoritairement investi dans la production d’énergie en Birmanie : le secteur des hydrocarbures représente en 2017-2018 29 % du montant total de l’investissement autorisé, suivi par l’électricité à 28 % contre seulement 13% dans l’industrie, 12% dans les transports et les communications, 7% ans l’immobilier, 4% dans les mines et 4% dans le tourisme. Les autres secteurs sont quasi négligeables, notamment dans l’agriculture.

Il faut souligner les carences de ces chiffres officiels publiés par le gouvernement birman. En effet, ne sont disponibles que les autorisations d’investissement accordées par la DICA et non les investissements effectifs. Ainsi, certains investissements s’étalent sur de nombreuses années, comme les barrages hydroélectriques par exemple, ou peuvent être abandonnés sans que le DICA ne les soustraie de ses données. Par ailleurs, la DICA ne comptabilise pas les investissements réalisés sans son autorisation, notamment au sein des Zones Economiques Spéciales. A noter enfin que le stock d’IDE utilise 1988 comme année zéro et qu’aucune dépréciation n’est réalisé. La DICA surestimerait ainsi le montant des flux et des stocks d’IDE en Birmanie. A titre de comparaison, la CNUCED estime les flux d’IDE pour l’année 2016-2017 à 2,2 Mds USD (contre 6,6 Mds USD selon les chiffres birmans).

Suite à la parution des règlements d’application nécessaires en mars et en avril 2017, la nouvelle loi sur les investissements votée en 2016 est rentrée en application. Cette nouvelle loi met sur un pied d’égalité les investisseurs étrangers et locaux et offre une meilleure protection pour les investissements étrangers. La DICA a publié sur son site plusieurs manuels afin d'éclairer les investisseurs étrangers sur ces nouvelles procédures (Myanmar Investment Application Guidebook https://www.dica.gov.mm/en/news/myanmar-investment-application-guidebook ; Myanmar Investment guide 2018 https://www.dica.gov.mm/en/news/myanmar-investment-guide-2018).

 

Annexe 1 : Stock autorisé d’investissements directs étrangers en Birmanie en mars 2018 par secteur et par provenance géographique

stock autorisé d'investissement

Répartition géographique des investissements

 

Publié le