Indicateurs et conjoncture

  • Description de la structure de l’économie

 Avec un PIB de 73,7 Mds USD en 2016 et un PIB par habitant de 1 355 USD en 2016, la Birmanie se range parmi les Pays à Revenu Intermédiaire de la Tranche inférieure, même s’il elle continue de bénéficier d’un statut de PMA. La Birmanie a entamé depuis 2011 un parcours de rattrapage avec une croissance qui se maintient autour de 6%, à un rythme toutefois  inférieur à son potentiel de croissance estimé à 8% par le FMI.

La Birmanie dispose d’importants atouts : une population estimée à 54,4 millions d’habitants, relativement jeune (27,6% des birmans ont moins de 14 ans), représentant un réservoir de main-d’œuvre bon marché (bien que peu qualifiée), un territoire vaste (2ème pays de l’ASEAN par sa superficie – 676 600 km²),  doté de ressources naturelles abondantes (agricoles, minérales, gazières, hydroélectriques, solaires…) encore sous exploitées, une situation géographique favorable, au croisement des trois marchés dynamiques que sont l’Inde, la Chine et l’ASEAN. Le secteur agricole reste encore structurant (28% du PIB en 2016 et 70% de la population active) mais l’économie est de plus en plus tirée par le secteur des services.

 

  • Eléments d’analyse conjoncturelle

 La croissance économique a fléchi à 5,9% en 2016 (après s’être envolée à 8% en 2014 et être revenue à 7% en 2015) en raison  du moindre dynamisme de l’agriculture suite à un choc climatique fin 2015, au ralentissement de l’activité chinoise, à la baisse de la production gazière tant en volume qu’en prix. La Banque mondiale, en tablant sur la résilience agricole, le dynamisme de la consommation privée domestique et l’essor des services financiers, anticipe déjà un rebond à 6,4% de la croissance du PIB pour l’année fiscale en cours 2016/17. Les effets induits de la crise dans le Rakhine pourraient toutefois peser sur le potentiel de croissance  de la Birmanie. 

 Le creusement du déficit budgétaire, de 3% en 2016/17 à 4,5% en 2017/18, n’est pas de nature à fragiliser la soutenabilité de la dette publique, qui reste faible (à 34,2% du PIB), suite à l’annulation de dettes en 2013.  La faiblesse des recettes fiscales (7,7% en 2016/17, ratio le plus faible d’ASEAN), combinée au déclin actuel des recettes des entreprises publiques en raison notamment de la baisse des revenus gaziers mais aussi de la détérioration  généralisée de leurs  performances, reste  toutefois un motif de préoccupation. D’autant  que la crise dans le Rakhine devrait peser sur le financement de ce déficit du fait de la remise en cause des aides budgétaires substantielles qui devaient être consenties par l’Union européenne (report sine die du décaissement de 175 M EUR prévu pour l’année fiscale 2016/17 dans le cadre d’un Contrat de transition démocratique, puis report à avril 2018 de la décision d’octroi d’une aide budgétaire de 220 MEUR en soutien au secteur de l’éducation envisagée pour 2017/2018) et par la Banque mondiale (suspension du décaissement de 200 M USD octroyé pour 2017, et incertitudes pour les 400 M USD prévus entre 2018 et 2019).

Dans un contexte où les marchés financiers internationaux restent fermés au gouvernement birman et où le marché financier domestique reste limité en dépit de l’émission inaugurale de bons du Trésor en septembre 2016, le gouvernement birman continue de monétiser son déficit auprès de la Banque centrale (50% en 2016/17 contre un objectif de 40%, après 70% l’année précédente). La réduction de cette monétisation à 30% en 2017/18, en vue de son élimination graduelle d’ici 2021, semble déjà bien compromise en dépit des risques inflationnistes que cela comporte (inflation prévue à 5,2% pour 2017/18).

Sur le volet extérieur, le déficit structurel de la balance des paiements courants, initialement prévue à 6,8% pour l’année 2017/18 (contre 5,4 % en 2016/17), devrait aussi se creuser en raison des répercussions de la crise du Rakhine sur le déficit commercial (moindre dynamisme des exportations de confection)  et sur le secteur touristique. La libéralisation des échanges depuis 2011 a déjà creusé le déficit commercial (7,9% du PIB en 2016/17). La diversification des exportations birmanes vers notamment les produits de confection (10% des exportations) n’a pas suffi à compenser l’essor général des importations et le déclin relatif des exportations gazières (40% du total).

Plus que compensé jusqu’ici par les flux de capitaux  (IDE, transferts et flux d’aides), le financement de la balance des paiements courants risque de devenir plus problématique du fait de la suspension des soutiens budgétaires envisagées (voir supra) et de la contraction des flux d’IDE,  ceci alors que les réserves  de change de la Banque centrale restent insuffisantes (inférieures à 3 mois d’importation).

 

  • Politique économique et mouvement des réformes engagées

La modernisation du système financier a débuté avec l’adoption d’un taux de change flottant en avril 2012. Elle a été suivie par la levée des restrictions sur les transactions courantes et les transferts avec l’étranger, puis  par la réforme des statuts de la banque centrale devenue unique responsable de la régulation et de la supervision bancaires ainsi que de la gestion des réserves de change. La mise en application de la loi sur les banques et institutions financières, adoptée début 2016, représente pour le secteur bancaire un véritable défi et nécessitera une  recapitalisation du secteur.

L’amélioration de la politique budgétaire et de la gestion des finances publiques est lancée avec l’approbation préalable du budget par le Parlement (assortie d’un débat sur les orientations et les priorités de dépenses), l’élaboration d’un cadre budgétaire à moyen terme, la pratique de revue des dépenses publiques, l’adoption d’une loi sur l’endettement public en 2016,  la poursuite d’une démarche de restructuration et de privatisation partielle de certaines entreprises d’Etat.

L’environnement des affaires reste difficile en dépit des efforts réalisés pour le moderniser et le rendre plus attractif. Une nouvelle loi pour l’investissement a été adoptée fin 2016 et une loi sur les sociétés devrait l’être fin 2017.  Des projets de loi sur la propriété intellectuelle sont à l’étude.

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